Un seul des 94 Appels à l’action de la Commission de Vérité et Réconciliation s’adresse exclusivement à l’Église catholique. L’Appel 58 demande au pape de venir au Canada et de présenter des excuses « … aux survivants, à leurs familles ainsi qu’aux collectivités concernées pour les mauvais traitements sur les plans spirituel, culturel, émotionnel, physique et sexuel que les enfants des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont subis dans les pensionnats dirigés par l’Église catholique ».  

Par ailleurs, la motion no 325 (à laquelle le sénateur Murray Sinclair, ancien président de la Commission de vérité et de réconciliation, a répondu) invoque les engagements pris dans le cadre de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, qui est entrée en vigueur en 2007 et qui continue de s’appliquer aujourd’hui. Le cœur de cette motion, cependant, et l’espoir d’un très grand nombre de catholiques autochtones, c’est la demande formulée à la Conférence des évêques catholiques du Canada d’inviter le pape à venir poser ce geste de réconciliation. Le premier ministre Trudeau et d’autres ont déjà invité le pape. Mais le Saint-Père, qui estime hautement la collaboration, ne viendra pas si les évêques ne l’invitent pas de leur côté. 

Plusieurs diocèses et plusieurs instituts religieux catholiques ont déjà présenté leurs excuses pour le rôle qu’ils ont joué dans les pensionnats indiens. Les Oblats de Marie-Immaculée l’ont fait les premiers, en 1991. Mais aucun institut ni aucun diocèse ne peuvent parler pour les autres ou pour l’ensemble de l’Église au Canada. Le pape, lui, le peut. 

Pourquoi venir ici pour le faire? Les papes ont déjà exprimé leurs regrets ou leurs excuses aux peuples autochtones pour les liens préjudiciables entre l’évangélisation et la colonisation. Le pape François l’a fait en Bolivie en 2015. Mais personne n’aime être mis dans le même sac que d’autres groupes sous une étiquette homogénéisante. D’ailleurs, l‘expérience des peuples autochtones du Canada est particulière : ce ne sont pas des peuples conquis, par exemple, mais des peuples régis par des traités. Et nous l’avons appris par expérience, la présence aide vraiment à la réconciliation. En l’occurrence, non seulement la présence et les bonnes paroles du pape, mais aussi sa participation à une cérémonie autochtone, comme celle à laquelle a participé saint JeanPaul II à Midland en 1984, renforceraient vraiment la communion.  

Préparons donc nos propres réconciliations afin que le pape puisse poursuivre sur leur lancée! 

 Vous pouvez lire le texte intégral de la réponse du sénateur Murray Sinclair à la motion 325 en cliquant ici. 

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