Il est né à Saint-Laurent, dans la banlieue de Montréal, le 4 octobre 1927, d’une famille de onze enfants dont il était le sixième. Il avait appris très jeune à aider financièrement ses parents, qui peinaient à faire vivre une famille aussi nombreuse, en s’adonnant à diverses petites industries (élevage de poules et de lapins, jardinage). Après avoir complété la dixième année d’études, à l’école secondaire publique, il avait demandé à entrer dans la Compagnie comme frère alors qu’il n’avait pas encore dix-sept ans. Il avait commencé son postulat le 7 septembre 1944 et il fut admis au noviciat, le 5 juin 1945.  Très tôt, il se révéla aux supérieurs comme étant doué d’un esprit curieux, très ingénieux et capable de s’habiliter à divers métiers.

Après avoir prononcé ses premiers vœux, il exerça d’abord le métier de cuisinier dans les trois maisons de formation : au noviciat du Sault-au-Récollet, puis au troisième an, à Mont-Laurier (de 1948 à 1951) et enfin au scolasticat de l’Immaculée-Conception (de 1951 à 1956). Il le fut aussi à Caughnawaga (de 1956 à 1958). C’est alors qu’il écrivit au Provincial pour lui exprimer son désir d’aller en missions, en Haïti ou au Brésil. Il ne semble pas, cependant, qu’il ait eu une réponse claire parce qu’il réitéra sa demande quelques mois plus tard en précisant que, « si c’était le bon plaisir de Dieu », il serait prêt à partir pour le Brésil le plus tôt possible, « car le besoin de frères est très grand dans ces régions ».

Même si sa demande ne fut pas agréée, il s’orienta, à partir de ce moment-là, soit en 1958, vers d’autres métiers que celui de cuisinier, avec l’encouragement des supérieurs, et il obtint de poursuivre des études pour se perfectionner en électricité, en plomberie et même en électronique. Après un bref passage au Collège Saint-Ignace (qui avait emménagé dans l’ancien noviciat du Sault-au-Récollet), où il fut un moment appariteur des laboratoires des cours de sciences, il se fixa à la Villa Saint-Martin où il s’occupa de l’entretien général des bâtiments, de 1967 à 1995.

Les centres d’intérêt du Frère Armand ne se limitaient pas au domaine technique. Durant plusieurs années il fit partie d’un cercle de généalogistes et il s’adonna à des recherches non seulement sur les origines de sa famille, mais sur celles de plusieurs de ses compagnons jésuites auxquels il offrit, sans qu’ils l’aient demandé, le fruit de ses recherches.

À la fermeture du Centre Vimont, en 2011, il vint demeurer au Gesù où il était le sacristain de l’église et le cuisinier des fins de semaine. Son dévouement ne connaissait pas de limites.  Il croyait même que son état de santé, bien que chancelant, lui permettrait de se rendre utile encore quelques années.

Le frère Armand était un religieux très pieux qui avait su, tout au long de sa vie, approfondir ses connaissances religieuses. Il faisait partie du mouvement des cursillos depuis de nombreuses années et il manquait rarement les rencontres hebdomadaires de son groupe.

Il faisait partie du Mouvement des Cursillos depuis 1988 et il manquait rarement les rencontres hebdomadaires de son groupe. Il fut responsable d’une communauté appelée «Le Brasier» durant de nombreuses années. C’était une communauté spéciale, qui fonctionnait en matinée, pour les personnes qui ne pouvaient pas sortir le soir (un aveugle avec son chien, une handicapée en fauteuil roulant, etc.) Armand était accueillant à toute détresse. On peut dire de lui, comme de Jésus: «Il a passé en faisant le bien».

Il laisse dans le deuil des parents et de nombreux amis et connaissances.