Le synode sur l’Amazonie, qui se tiendra à Rome du 6 au 27 octobre, est « notre synode d’urgence », a déclaré le pape François. Sous le thème Amazonie : nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale, il se concentrera sur une région stratégique et vitale pour l’avenir de l’humanité, délibération d’autant plus pertinente et prophétique qu’un nombre record de feux de forêt font rage actuellement dans les forêts tropicales du Brésil.

J’ai récemment été nommée membre du premier groupe de femmes à agir comme consultantes pour le Secrétariat du Synode des évêques et j’attends avec impatience l’assemblée d’octobre. Voici cinq choses à garder à l’esprit à l’approche du synode sur l’Amazonie.

1. Le synode se concentre sur l’Amazonie, mais il nous concerne tous, où que nous vivions.

Le pape a choisi de se concentrer sur l’Amazonie parce que cette vaste région qui comprend des territoires appartenant à neuf pays différents est essentielle à la survie de la planète. « Une grande partie de l’oxygène que nous respirons vient de là. C’est pourquoi la déforestation équivaut à tuer l’humanité », dit le pape François. C’est pourquoi ce synode nous concerne tous – en particulier les religieux, les jésuites et leurs collaborateurs qui ont une longue tradition d’engagement social et sont de plus en plus impliqués dans la sauvegarde de notre maison commune.

Publié en juin, le document de travail du prochain synode est le fruit d’un solide processus d’écoute qui a commencé avec la visite du pape François à Puerto Maldonado, au Pérou, en janvier 2018 et qui s’est poursuivi par de nombreuses consultations dans toute la région amazonienne, avec un souci particulier d’écoute des populations indigènes.

2. Même si le synode d’octobre dernier était axé sur les jeunes et que celui de cette année porte sur une région géographique, il y a une grande continuité de l’un à l’autre.

Le synode sur l’Amazonie aura lieu un an après le synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Si ces deux synodes semblent assez différents à première vue — l’un étant axé sur les jeunes de 16 à 29 ans, et l’autre sur une région géographique particulière – ils ont en commun plusieurs problèmes et plusieurs projets. En effet, on retrouve dans l’un et l’autre le même appel pour une Église inclusive, le même défi missionnaire de créativité et de proximité des gens pour répondre au cri des pauvres et au cri de la terre, et la même question fondamentale de l’inculturation. (L’inculturation consiste à adapter les enseignements de l’Église catholique aux cultures locales d’une manière compatible avec l’Évangile et à introduire ces cultures dans la vie de l’Église.)

À mon avis, il y a une véritable continuité entre les deux synodes : ce que j’appellerais la « synodalité missionnaire ». Nous sommes appelés à être une Église à l’écoute, une Église en dialogue, une Église missionnaire, une Église accueillante, une Église participative, une Église créative, une Église harmonieuse, une Église inculturée, une Église engagée avec les plus pauvres, qui lutte contre les injustices.

3. Le Pape François voit dans la synodalité une clé pour renforcer la réforme de l’Église.

La synodalité est une forme de collégialité qui implique un processus de discernement communautaire : une écoute commune de l’Esprit en quête d’un consensus autour d’objectifs fondés sur la mission. Depuis son élection le pape François présente la synodalité comme un appel fort de l’Esprit : « le monde dans lequel nous vivons et que nous sommes appelés à aimer et à servir, même avec ses contradictions, exige que l’Église renforce la coopération dans tous les domaines de sa mission ». En un sens, la synodalité est une propriété constitutive de l’Église, elle dérive de la nature de l’Église en tant que communion enracinée dans le mystère trinitaire.

Le Synode des évêques a été créé par Paul VI après le Deuxième Concile du Vatican, mais le pape François veut clairement en faire une clé pour affermir la réforme de l’Église. Il s’agit de mettre en œuvre la transformation missionnaire urgente de l’Église pour pouvoir nous concentrer davantage sur les périphéries.

4. La synodalité n’a rien à voir avec des conversations futiles. Elle est affaire de mission.

Parce qu’elle est fondamentalement missionnaire, la synodalité ne doit pas se conformer à des critères d’organisation interne, mais répondre aux appels provenant de la lecture des « signes des temps » à travers une démarche « voir, juger, agir ». « Une Église synodale, dit le pape François, est comme un étendard levé parmi les nations (cf. Is 11, 12) d’une façon qui – même en invoquant la participation, la solidarité et la transparence dans l’administration des affaires publiques – remet souvent le destin de populations entières entre les mains avides de groupes restreints de pouvoir. Comme l’Église qui ‘marche au milieu’ des hommes et participe aux tourments de l’histoire, cultivons le rêve que la redécouverte de la dignité inviolable des peuples et de la fonction du service de l’autorité puisse aider aussi la société civile à se construire dans la justice et dans la fraternité, générant un monde plus beau et plus digne de l’homme pour les générations qui viendront après nous. »

5. En raison de l’importance qu’ils accordent au discernement communautaire, les jésuites et leurs collaborateurs laïcs ont un rôle majeur à jouer pour promouvoir la synodalité dans l’Église.

Particulièrement attentifs à ces caractéristiques de l’Église synodale du fait de leur charisme qui met l’accent sur le discernement communautaire, les jésuites et leurs collègues ont un rôle majeur à jouer dans la mise en œuvre de la synodalité à tous les niveaux de l’Église. Il n’est pas étonnant qu’on ait appelé des jésuites à participer activement aux récents processus synodaux. Chaque partenaire ignatien est appelé à partager le don du discernement avec le peuple de Dieu afin qu’ensemble nous puissions ouvrir un chemin à travers ces temps changeants et ce monde complexe.

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S. Nathalie Becquart, xmcj
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