« Les peuples autochtones du monde entier ont demandé que l’on reconnaisse leurs identités, leurs modes de vie et leur droit aux terres, territoires et ressources naturelles traditionnels ; pourtant, au cours de l’histoire, leurs droits ont été violés. Les peuples autochtones font sans doute partie des groupes les plus défavorisés et les plus vulnérables du monde aujourd’hui », a déclaré le Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones.

La Compagnie de Jésus a reconnu pour la première fois en 1995 les conditions épouvantables des peuples autochtones et a invité « toute la Compagnie à renouveler son engagement de longue date envers ces peuples ». Promotio Iustitiae (PJ), revue publiée par le Secrétariat pour la Justice sociale et l’Écologie de la Curie Généralice de la Compagnie de Jésus à Rome, a ainsi publié des points de vue sur le thème des Autochtones en 2010. La revue vient de sortir un nouveau numéro sur les Droits des peuples autochtones et l’écologie intégrale, qui tient compte du synode en Amazonie. Dans l’éditorial, Xavier Jeyaraj, SJ, explique que « les jésuites de cinq Conférences, qui accompagnent les peuples autochtones depuis de nombreuses années, ont réfléchi aux droits des peuples autochtones et à l’écologie intégrée des points de vue de la justice et de la réconciliation.»

Les auteurs nous amènent du Pérou à l’Alaska, de l’Inde au Congo, de même qu’au Canada.

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Les jésuites du Canada : nos apostolats parmi les peuples autochtones aujourd’hui, par Gerald McDougall, SJ, éclaire le contexte de revitalisation de la culture autochtone au pays, mais souligne aussi les nombreux défis auxquels font encore face les peuples autochtones, qui les affrontent avec une formidable résilience.

En réponse aux appels à l’action de la CVR et pour contribuer à la formation des prêtres et des ministres d’église non autochtones, les jésuites ont commandité deux programmes d’immersion en culture autochtone pour les jésuites en formation : à Regina, en Saskatchewan, et à Wikwemikong Unceded First Nation, Ontario. Le ministère autochtone Kateri d’Ottawa, une œuvre soutenue par l’archidiocèse d’Ottawa, présente chaque année un programme de ministère autochtone et met actuellement au point un programme d’immersion culturelle autochtone, destiné également à aider à la formation de ministres non autochtones.

À l’été 2017, une autre activité novatrice de réconciliation a eu lieu au Canada. Le pèlerinage en canoë de Midland à Montréal, dirigé par l’un des plus jeunes scolastiques jésuites canadiens, a revisité le parcours entrepris par les jésuites d’autrefois et leurs compagnons des Premières Nations au 17e siècle. Pour les pèlerins autochtones et non autochtones, le pèlerinage en canoë s’est révélé comme un modèle du chemin de réconciliation entrepris par l’Église catholique et les peuples autochtones.

Pour leur part, David McCallum, SJ et Peter Bisson, SJ, reconnaissent dans De la réconciliation à la décolonisation : un guide approximatif l’impact complexe et souvent profondément destructeur des missions jésuites auprès des peuples autochtones dans les Amériques et parlent de leur expérience personnelle et institutionnelle avec la réconciliation.

[…] en 2015, notre province jésuite a réuni un grand nombre de jésuites et de responsables apostoliques laïcs dans le cadre d’un exercice de discernement communautaire sur nos priorités. La première priorité qui émergea, sans surprise, c’était les exercices spirituels. La deuxième priorité toutefois fut une surprise : les relations avec les autochtones. Cela ne signifiait pas un ministère autochtone, qui a toujours été important au Canada. Cela signifiait plutôt que tous nos apostolats, quelle que soit leur nature, devaient développer des relations avec les peuples autochtones et que cela devait faire partie de notre façon de procéder au Canada. Cette grâce consistait à quitter le désir d’« aider » les peuples autochtones, pour devenir plutôt des partenaires dans la construction du Royaume de Dieu. Un autochtone, un Ancien faisant partie de l’exercice de discernement, s’est alors exclamé : « Je me sens enfin un ami ! » Et cela arrivait après 40 ans de collaboration ! – Peter Bisson

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