Il y a une scène trèémouvante au début du roman (et de la comédie musicale) Les Misérables où Jean Valjean – nouvellement sorti de prison, ayant bénéficié de l’hospitalité d’un pauvre évêque de campagne et ayant rendu cette hospitalité en lui volant toute largenterie pour la célébration de la messe – est recueilli par les gendarmes et ramené à l’Église. L’évêque, bien conscient de la culpabilité de Valjean, nie que l’argent ait été volé et en présence des gendarmes donne à Valjean deux autres chandeliers en argent. Cette générosité inconditionnelle transforme Valjean, qui devient un homme d’affaires honnête et prospère, et finalement le maire de sa ville, mais sous un pseudonyme, pour se protéger de son passé. 

 De nombreuses années plus tard, Javert, un inspecteur de police obsédé par la capture de Valjean, le dépiste jusqu’à la petite ville où il s’est établi. Il prend un autre citadin pour Valjean et le fait arrêter. Valjean est confronté à un dilemme : doit-il tolérer qu’un innocent soit emprisonné (afin dassurer sa propre liberté) ou doit-il révéler sa véritable identité, au risque de voir se perdre tous le bien qu’il a accompli depuis de nombreuses années ? Il semble que la liberté que Dieu lui a accordée soit menacée par la bonté et l’honnêteté qu’il a offertes à Dieu. 

Il choisit de sauver la vie de l’innocent et de révéler sa véritable identitéÀ ce moment-là, il se souvient de ce qu’il est vraiment, non seulement un homme bon et honnête, mais un criminel racheté. Quand il revendique sa pleine identité en tant que pécheur bien-aimé et guéri, sa libération véritable et durable a lieu. 

Les lectures et les liturgies du Carême attirent souvent notre attention sur cet acte de mémoire incontournable :  

  • La phrase traditionnelle du mercredi des Cendres “Souviens-toi que tu es poussière”, qui nous appelle à nous rappeler que nous sommes des créatures et non Dieu. 
  • L’instruction de Moïse pour l’offrande de la moisson (“Un Araméen errant était mon père…”) 
  • La Transfiguration, où Jésus sentretient avec Moïse et Elie du sens de lhistoire dIsraël 
  • Le nom que Dieu se donne dans le désert (“Je suis le Dieu de vos ancêtres”) 
  • La tentation de Jésus dans le désert, où il vainc l’ennemi en se rappelant qui il est devant le Père.  

Dans ces lieux et dans bien d’autres, nous sommes encouragéà nous rappeler de la bonté de Dieu envers nous et, en nous souvenant de cela, à “revenir à nous-mêmes” comme le Prodigue (évangile du 4ème dimanche du Carême). Il se souvient de qui il est, et en se le rappelant, il se découvre le courage et la liberté de prendre les mesures qui le ramènent à la maison. 

 De nombreuses forces à l’œuvre dans nos vies nous dicteraient qui nous sommes : forces économiques, influences culturelles et sociales, idéologies politiques, etc. Toutes ces influences nous maintiennent à la surface de notre vie, loin de ce que nous sommes réellement devant Dieu. Ce Carême, prenez le temps de vous rappeler et de savourer qui vous êtes vraiment aux yeux de Dieu en vous souvenant de la bonté de Dieu envers vous. Ensuite, choisissez des pratiques de carême qui vous aideront à grandir dans votre capacité à exprimer plus fidèlement cette identité authentique et plus profonde dans tout ce que vous faites. 

 – reproduit avec la permission de Novalis Publishing 

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