Onze documents figurent dans l’exposition sur les livres en arabe. Cinq documents présentent le Coran: trois textes édités respectivement en Tunisie, en Égypte et en France. Le quatrième document, sans date et sans lieu de publication, est le plus petit document de la bibliothèque: 2 cm de large et 2,5 cm de long. Doté d’une tranche dorée et d’une couverture décorée de noir et d’or, il devait être un objet personnel de dévotion. Minuscule, il ne peut être lu que très difficilement. Il était vraisemblablement porté sur le corps par son propriétaire comme protection. Le cinquième document est une traduction anglaise du Coran qui provient de Tucson en Arizona. P
Le sixième document est le traité du mathématicien Diophante d’Alexandrie (IIe siècle apr. J.-C.), un ouvrage en arabe et en français. Historiquement, cette œuvre eut une importance capitale du fait de l’influence considérable qu’elle exerça tant sur le développement de l’algèbre chez les Arabes, qui la traduisirent au Xe siècle, que sur la théorie moderne des nombres.
Les documents sept à neuf, qui touchent à la philosophie, présentent les œuvres de deux penseurs: Averroès (1126-1198), qui a consacré sa vie à lire et à commenter Aristote même s’il écrivit également des commentaires sur des questions juridiques; Avicenne (980-1037), le représentant par excellence de la pensée arabe orientale (bien que persan de naissance). À la fois médecin et homme politique, il fut aussi, durant ses nuits studieuses, un philosophe hors du commun.
Les documents dix et onze appartiennent aux études bibliques et à la théologie: Le secret dans Almassonia [= la franc-maçonnerie] et ses partisans: un regard sur l’histoire et la littérature sociale, 1910-1911. L’auteur, Louis Cheikho (1859-1927) est un jésuite libanais de rite chaldéen, un écrivain et un orientaliste arabisant de renom. Il est à l’origine de l’étude scientifique des textes arabes paléochrétiens. L’auteur mène, dans ce livre, un combat contre la franc-maçonnerie.
Biblia sacra polyglotta…Londoni: Imprimebat Thomas Roycroft 1655-1657, 6 volumes. La polyglotte de Londres ou la dernière polyglotte donne le texte biblique en sept langues sur des colonnes parallèles: hébreu, hébreu-samaritain, grec ancien, latin, syriaque, persan et arabe.
Pourquoi de tels livres dans une bibliothèque religieuse? Parce que les jésuites s’intéressent aux religions non chrétiennes et à la culture des peuples qu’ils côtoient en Tunisie ou Égypte, en Irak ou en Syrie.
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