Fernand Jutras est décédé au début de l`après-midi du 25 novembre, à l’infirmerie de Richelieu. Depuis plusieurs années, il était atteint d’une maladie dégénérative qui touchait l’ensemble des muscles moteurs. C’est ce qui l’avait conduit à demander au Provincial, en 2016, de se joindre à la communauté de Richelieu pour recevoir les soins que requérait son état physique. Il a fait un infarctus, au début de la soirée du 24 novembre. Après avoir été amené à l’hôpital, on a constaté qu’il souffrait aussi d’une pneumonie. Fernand lui-même a exprimé le désir de ne pas recevoir de soins extraordinaires. Il a préféré rentrer à la résidence de Richelieu pour y mourir paisiblement auprès de ses compagnons de l’infirmerie

Fernand est né à Nédelec, dans le comté de Témiscamingue (Québec), le 9 décembre 1940. Il était l’aîné d’une famille de cinq enfants. Après avoir fait ses études secondaires et collégiales au Collège du Sacré-Coeur de Sudbury, il entra au noviciat, à Saint-Jérôme, le 14 août 1960. Il passait pour être timide et gêné ; mais il était capable de s’affirmer devant ses confrères du collège et il avait découvert que le théâtre lui permettait de s’extérioriser et de surmonter sa réserve naturelle. Membre de la congrégation mariale durant quatre ans, il avait développé l’habitude de la prière personnelle et il avait pris le temps, au cours de ses années, de mûrir son intention de devenir jésuite.

Le noviciat terminé, Fernand étudia, deux ans, la philosophie au Collège de l’Immaculée-Conception, à Montréal, et il consacra ensuite deux autres années, à l’Université Laval, en vue d’obtenir une licence en lettres. Il fit ensuite une année de régence à son alma mater, le Collège du Sacré-Cœur de Sudbury, avant d’aborder l’étape de la théologie, en 1967. Après la première année d’étude aux Facultés de la Compagnie, à Montréal, il poursuivit sa formation à la Faculté de théologie de l’Université de Montréal.  Il fut ordonné prêtre à Montréal, avec sept autres confrères, le 16 mai 1970.

Avant de recevoir le sacerdoce, Fernand avait bien réfléchi à l’engagement qu’il allait prendre. Il avait écrit au Provincial, le P. Florian Larivière : « Dans la conjoncture actuelle, la perspective du sacerdoce n’a rien humainement de très sécurisant. Seule une foi fondée sur l’assurance que l’Église de Dieu aura toujours besoin de prêtres et se montrera ouverte à des possibilités nouvelles d’assumer cette tâche, peut donner quelques certitudes… ». De 1971 à 2016, il exercera divers ministères et des activités professionnelles, toujours à Montréal, en restant fidèle à la visée apostolique qu’il s’était tracée. ‘Mettre au premier plan la catéchèse’, c’est-à-dire la transmission réfléchie du contenu de la foi chrétienne : c’est ce qui a animé sa démarche apostolique à la paroisse de l’Immaculée-Conception, auprès des jeunes couples qui se préparaient au mariage, et au Centre Rosalie-Jetté, auprès des jeunes mères célibataires.

À partir de 1984, sa vie apostolique prit un nouveau tournant. Fernand accepta de se joindre à l’équipe de rédaction de la revue Relations. Il fut, durant plusieurs années, le secrétaire à la rédaction. Il collabora aussi au Centre justice et foi dont il fut, à deux reprises, directeur intérimaire. Tous les jours, il était à son bureau à 7h et ne le quittait qu’à 16h30. Il laissa le centre en 2000 pour remplacer le P. Marcel Laberge à l’économat provincial. Il remplit la fonction d’économe de la Province jusqu’en 2014.

Tout en étant engagé dans des tâches apostoliques et professionnelles, Fernand accepta d’être le supérieur de plusieurs communautés dont celle du noviciat, de 1979 à 1983. Il a aussi été consulteur du Provincial de 1989 à 1995. À l’occasion de son jubilé de vie religieuse, le supérieur général, qui était alors le P. Adolfo Nicolas, avait souligné dans la lettre de félicitations qu’il lui avait fait parvenir : « Vous avez vécu ces années sous le signe de la disponibilité en acceptant de répondre généreusement aux appels des supérieurs et en remplissant des fonctions dans lesquelles vous vous êtes investi tout entier, avec le désir de faire le mieux possible et en mettant en œuvre les nombreux talents dont le Seigneur vous a gratifié ».

Le corps sera exposé à la chapelle de la Résidence Notre-Dame, à Richelieu, le samedi, 7 décembre avant les funérailles, qui seront célébrées à 14h.  Michel Corbeil, son supérieur, présidera l’eucharistie et Élisabeth Garant, la directrice du Centre justice et foi, prononcera l’éloge funèbre de Fernand Jutras.

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