Moment de joie et d’allégresse, occasion de retrouvailles et de festivités, les derniers jours de décembre et les premiers jours de janvier sont aussi rythmés par de nombreuses célébrations liturgiques, de la fête de la Nativité à celle des Rois, en passant par celle des Saints-Innocents. C’est aussi, pour plusieurs, un moment de repos et de ressourcement, en famille ou en communauté. Pourquoi ne pas profiter de Noël pour se ressourcer intellectuellement et spirituellement? Voici quelques suggestions de lecture pour nourrir son âme et son esprit.

Pape François, C’est Noël tous les jours, Éditions Michel Lafon, 2018. 

Fidèle à son « habitude », le pape François publie cette année encore un livre des méditations et de réflexions, à l’occasion du cycle liturgique de l’Avent et de la fête de la Nativité. Reprenant certains thèmes développés tout au long de son pontificat, de Laudato si à La joie de l’amour en passant par La joie de l’Évangile, il invite les chrétiens et chrétiennes à « cultiver jour après jour la patience, affronter la douleur sans cesser d’espérer des temps meilleurs, respecter l’autre autant que soi-même, protéger la Création dans son ensemble, notamment la nature nourricière, berceau de notre humanité […] Noël est le symbole de l’espoir et de l’amour de Dieu pour les êtres humains ». Or, aux yeux du Saint-Père, « le véritable sens de Noël se trouve dans le quotidien ». (En français)

Benoît XVI, L’enfance de Jésus, Éditions Flammarion, 2012.

Publié en 2012 par le pape émérite Benoit XVI, cet ouvrage d’exégèse biblique explore avec rigueur les récits bibliques relatifs à la naissance et à l’enfance de Jésus. Non sans paradoxe, les évangiles étant assez peu bavardes, pour ne pas dire muettes, sur ces épisodes fondateurs de la vie du Christ. Cette vacuité des textes bibliques a libéré l’imaginaire des chrétiens mais aussi des créateurs. Pensons ici au Jeune Messie, ce fort mauvais film hollywoodien, lui même basé sur le fort mauvais roman de l’auteure américaine Anne Rice. Ce livre de Joseph Ratzinger invite les chrétiens à résister à deux tentations interprétatives qu’ils jugent erronées: d’abord celle consistant à “considérer les faits de l’enfance de Jésus comme naïfs ou de pures inventions”; ensuite celle tendant à considérer les évangiles comme “un compte rendu exhaustif” de la vie du Christ. Cet ouvrage tâche de “concilier le Jésus historique et le Jésus de la foi”. “L’important, dit-il, est de constater qu’ils n’ont pas été écrits pour satisfaire notre curiosité, mais pour répondre à des préoccupations de foi”. (En français. Aussi disponible en anglais – Jesus of Nazareth: The Infancy Narratives) (Éditions Flammarion, 2012)

Jacques Lison, Le bon Dieu permet-il vraiment le mal? Éditions Novalis, 2018. 

Vivre le cycle liturgique de la Nativité, c’est ressentir dans son âme et dans sa chair le mystère de l’Incarnation, celui de ce Dieu fait homme. “Un Sauveur nous est né”, nous dit le prophète Isaïe. Ce Dieu fait homme, cet Emmanuel, ce Dieu avec nous, est aussi Prince de la paix, annonciateur du Royaume de Dieu à venir. Vivre et célébrer Noël, c’est donc communier aux espérances messianiques des Hébreux du Ier siècle. Or, célébrer Noël c’est aussi être confronté au scandale de l’Incarnation: ce Dieu fait homme voit le jour dans des conditions horribles, entre exil et exode, entre folie homicide d’Hérode Antipas et massacre des Saints-Innocents. Ce qui pose ultimement la délicate question du mal terrestre et de la “collaboration” de ce Dieu d’amour – providentiel, omniscient, miséricordieux et tout puissant – à ce mal.

Dans cette courte plaquette de 32 pages, Jacques Lison propose une exploration de cette question théologique et philosophique qu’elle celle du mal terrestre. “D’où vient le mal? Sa présence rend-elle l’existence de Dieu impossible? Et puis, au fond, que reste-t-il de notre Dieu infiniment bon s’il est impuissant devant le mal? Dans ce petit ouvrage pratique et accessible, Jacques Lison répond à toutes les questions que nous nous posons couramment sur la relation entre Dieu et le mal. En donnant priorité à la plainte des victimes, il désamorce l’épineux dilemme entre la foi en Dieu et la prise en compte de la réalité du mal. Des pistes de lecture supplémentaires permettront au lecteur aguerri d’approfondir davantage la question”. Théologien et liturgiste, Jacques Lison est conseiller éditorial aux éditions Novalis et chez Bayard Canada. On peut notamment lire ses réflexions de le Prions en Église. (Éditions Novalis 2018)

NT. Wright: le mal et la justice de Dieu

Ce livre est en partie un effet secondaire de l’œuvre magnifique de N. T. Wright sur la résurrection de Jésus-Christ et, en partie, une réponse à un certain nombre de tragédies majeures qui ont récemment frappé notre monde. Ce livre est la compilation et la version éditée de cinq conférences qu’il a données sur le sujet à l’abbaye de Westminster en 2003, ainsi que la version développée d’un court documentaire paru à la télévision au Royaume-Uni en 2005. Ce livre semble être principalement destiné à public populaire, même si cela intéresserait certainement les philosophes de la religion qui traitent du problème du mal, et les théologiens chrétiens, pour des raisons que j’expliquerai plus tard. N. T. Wright commence, dans sa préface, en notant les limites de son livre. Il n’aborde pas le problème philosophique du mal; qu’il a tendance à considérer comme un écran de fumée ou un moyen d’éviter les véritables difficultés, plutôt qu’une enquête valable. Il ne prétend pas non plus traiter pleinement, dans ce court livre, chacune des importantes doctrines chrétiennes qu’il intègre dans sa réponse au problème du mal.

À ce stade, il convient de mentionner qu’il cherche à donner, non pas sa propre version d’une réponse au problème du mal, mais ce qu’il considère comme une réponse chrétienne, et donc biblique, au problème du mal. Il affirme que les théologies qui considèrent l’importance de la croix dans le plan de Dieu pour traiter le péché traitent rarement du problème plus général du mal en général, et les philosophes qui s’y attaquent ont très rarement introduit la croix de Christ dans l’équation. Wright, dans ce livre, propose d’inverser ces tendances. La réponse chrétienne au problème du mal ne peut pas écarter la croix du scénario. Pour le christianisme, la croix du Christ et tout ce qui a été accompli sur cette croix (et dans sa résurrection) est la solution finale au problème du mal. En définitive, ce n’est pas le mal qui a été éliminé (beaucoup de grandes atrocités et tragédies ont eu lieu depuis la croix), mais le fait que Dieu a fourni le moyen par lequel tout le mal sera finalement détruit et par lequel justice sera rendue. (En anglais)

The Peace of Christmas: Quiet Reflexions from Pope Francis

La paix de Noël offre une occasion de réfléchir avec le pape François aux nombreux humeurs et défis d’une des réalités centrales de notre foi: notre Dieu est devenu l’un de nous, est venu habiter au milieu de nous et a commencé sa vie comme nous le faisons tous, en tant que bébé minuscule, nécessiteux et vulnérable et dépendant de son entourage pour sa survie même.

Grâce aux idées et aux réflexions du pape, vous serez réconforté et mis au défi, éclairé et rassuré. Il sait que pour beaucoup de gens, Noël représente beaucoup de choses, souvent en fonction des époques et des circonstances, en fonction de votre expérience des mois écoulés depuis Noël dernier. Tout comme Dieu a choisi de devenir l’un de nous, nos vies sont façonnées et modifiées par le monde qui nous entoure. (En anglais)

 

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