La haine raciste et islamophobe a encore frappé, cette fois à Christchurch en Nouvelle-Zélande. Ce massacre vient rappeler l’importance de la Semaine d’actions contre le racisme (21-31 mars 2019) dont le Centre justice et foi est un des partenaires. Il y proposera plusieurs activités de sensibilisation et de mobilisation citoyenne afin de combattre le racisme, l’intolérance et l’islamophobie:

La haine raciste et islamophobe tue encore

L’homme armé qui a tué près de 50 musulmans dans deux mosquées de Christchurch avait poussé le sadisme jusqu’à filmer ce carnage, et à diffuser un manifeste de 74 pages “justifiant” cet attentat. Immédiatement condamné par le pape François et par les évêques catholiques du Canada, ce carnage a réveillé des blessures encore vives dans notre tissu social, le terroriste de Christchurch s’étant inspiré de l’auteur de l’attentat perpétré contre la Grande Mosquée de Québec.

Difficile dans ce contexte de continuer à nier l’existence d’une haine islamophobe: celle-ci déploie son visage hideux d’un bout à l’autre de la planète. Pis encore, les militants – et les meurtriers – d’extrême-droite semblent s’inspirer les uns des autres, leur haine et leur violence transcendant hélas toutes les frontières. Le monde n’a jamais eu autant besoin d’artisans de paix et aussi de bâtisseurs de ponts de fraternité, pour reprendre ici la belle formule du pape François, auquel fait écho l’auteur canadien Shakil Choudhury dans son livre Vivre la diversité. Livre dans lequel il plaide en faveur de ce que le Saint-Père a appelé la spiritualité de la rencontre, c’est-à-dire la mise en place d’une culture capable de déconstruire les clichés, préjugés et stéréotypes qui essentialisent et déshumanisent l’Autre, qui repoussent les minorités aux marges de la société et qui les cantonnent dans un statut de citoyens de seconde zone. Et, de là, construire une société et une monde plus pacifique et fraternel.

Le Centre justice et foi et la lutte à l’islamophobie  

Depuis plusieurs années, le secteur Vivre ensemble du Centre justice et foi (CJF) lutte contre l’intolérance et l’islamophobie, tantôt par le biais de prises de position à ce sujet, tantôt par le biais de rencontres favorisant le dialogue interculturel et interreligieux. L’exposition QuébécoisEs, musulmanEs, et après? est en un bel exemple. Cette exposition photographique s’intéresse à la vie professionnelle, spirituelle et quotidienne de nos concitoyens et concitoyennes de confession musulmane afin de désamorcer les clichés et stéréotypes accolés à ces personnes et à leur religion. Bref, à présenter les musulmanes et musulmans d’ici dans leur simplicité, leur diversité, leur complexité, redonnant à ceux-ci toute leur épaisseur humaine.

Le CJF contribue aussi au dialogue interculturel par le biais de sa tournée sur la diversité musulmane montréalaise. Au terme d’une visite guidée et animée permettant aux participants de découvrir certains lieux associés à la présence musulmane à Montréal, le public est invité à entendre les récits de vie d’hommes et de femmes de confession musulmane. Cela contribue à déconstruire bien des clichés et stéréotypes à propos des musulmans.

Le CJF incarne aussi à sa manière la spiritualité de la rencontre dont le pape François s’est fait le chantre. Notamment par le biais du groupe de dialogue islamo-chrétien Maria’M. Par-delà les différences théologiques parfois indépassables existe la possibilité d’une amitié proprement transcendante, c’est-à-dire capable d’en faire abstraction pour miser sur ce qui rassemble ces femmes chrétiennes et musulmanes. La lutte au sexisme et au patriarcat, par exemple.

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