La semaine dernière, le Pape François a réitéré l’importance de l’inclusion dans le monde de l’éducation, prenant pour exemple le modèle de Fe y Alegria. Cette exhortation revient régulièrement dans les discours du Pape et s’inscrit dans un renouveau de l’éducation qui date de 1965.

Un appel à l’inclusion

L’appel du pape se situe dans la lignée de la déclaration conciliaire sur l’éducation catholique Gravissimum educationis signée en 1965 qui demande notamment que les enfants, par l’éducation, «deviennent capables de s’insérer activement dans les groupes qui constituent la communauté humaine, de s’ouvrir au dialogue avec l’autre et d’apporter de bon cœur leur contribution à la réalisation du bien commun».

En 2017 le Vatican a publié de nouvelles lignes directrices pour les éducateurs catholiques dans le document «Éduquer à l’humanisme solidaire». L’archevêque Angelo Vincenzo Zani avait souligné les buts du document: humaniser l’éducation, favoriser une culture du dialogue et enfin une disposition en matière d’inclusion. L’inclusion selon lui signifie rencontrer, plutôt qu’exclure.

Cette culture de l’inclusion voudrait donc proposer une connaissance plutôt comprise comme un bien qui n’est pas positionnel, qui garantit une position sociale, mais un bien relationnel, qui aide chaque personne à développer davantage ses relations avec les autres.

Le pape lui-même est revenu récemment sur l’importance de l’inclusion, de «mettre au centre de l’action éducative la personne dans son intégralité» et d’«orienter le travail éducatif vers les périphéries, les périphéries sociales et les périphéries existentielles», par exemple à travers «le service, la rencontre et l’accueil».

L’importance de Fe y Alegria

Le mouvement Fe y Alegria, est un bon exemple de cette inclusion, puisqu’au sein de laquelle «personne n’est considéré comme inutile». Ce mouvement d’éducation populaire a été fondé en 1955 à Caracas par le jésuite José Maria Vélaz qui voulait que les enfants des bidonvilles puissent avoir l’accès à l’éducation. Fe y Alegría est aujourd’hui présent dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Europe. Personne n’y est inutile, ce qui s’oppose pour François à la culture d’aujourd’hui «plutôt exclusive où pour créer un certain ordre, les éléments qui créent le désordre sont exclus». Cette valeur doit aussi se refléter dans l’organisation même du mouvement, car «le rôle de premier plan de Fe y Alegría n’appartient pas à la personne en charge de chaque site et chaque lieu. Il vous appartient à tous !»

Cet appel lancé aux jeunes femmes et aux jeunes hommes du mouvement dépasse le cadre de Fe y Alegria: non seulement l’avenir de l’organisation, mais aussi celui de toute humanité est entre leurs mains. «Ou vous vous en chargez ou tout est fini», a indiqué François. Cette exhortation s’inscrit d’ailleurs dans celle de Christus Vivit.

La demande du Pape pourrait avoir une vaste répercussion, puisque plus de 38 000 laïcs et religieux sont actuellement engagés dans ce mouvement et que plus de 1,3 million d’enfants et d’adultes bénéficieraient actuellement de la formation de Fe y Alegria pour apprendre à lire et à écrire ou encore un métier.

Les jésuites, l’éducation et Fe y Alegria

En fondant Fe y Alegria le siècle dernier, le P. Vélaz, SJ, démontrait l’importance que la Compagnie de Jésus accorde à l’éducation, qui est une des manières d’accompagner les jeunes dans la création d’un avenir porteur d’espérance. Aujourd’hui, on trouve environ 850 établissements d’éducation secondaire des jésuites dans le monde (comme le Collège Jean-de-Brébeuf ou St. Paul’s High School). Mais si on ajoute les écoles du mouvement Fe y Alegría et celles du Service jésuite des réfugiés (JRS), ce nombre s’élève et dépasse les 2000.

Le P. Général par ses visites met souvent en valeur l’importance de ces institutions d’enseignement. En mai dernier par exemple, il a visité le collège Bonsomi à Kinshasa. Il a pu également se rendre aux ateliers d’arts, issu du réseau de Fe y Alegría dont fait partie le collège. Il a d’ailleurs souligné «qu’il était lui-même Vénézuélien et qu’il était un fier admirateur de ce réseau éducatif.»

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