Avec des informations par vaticannews.va 

Humilité de l’écoute, charisme de l’ensemble et courage du renoncement. Trois éléments qui caractérisent une Église en chemin, selon le Pape François dans son homélie. 

Trois éléments qui permettent à l’Église d’éviter «la tentation  de l’efficacité à tous prix, de penser que l’Église va bien si elle a tout sous contrôle, si elle vit sans accroc, avec un agenda toujours en ordre», a expliqué le Pape, ajoutant que le Seigneur ne procédait pas de cette façon: «Aux siens, il n’envoie pas une réponse du ciel, il envoie plutôt l’Esprit Saint. Et l’Esprit ne vient pas en amenant l’ordre du jour, il vient comme le feu». 

«Jésus ne veut pas que l’Église soit un modèle parfait, qui se complaise dans son organisation et qui soit capable de défendre sa bonne réputation. Jésus n’a pas vécu ainsi, mais en chemin, sans craindre les chocs de la vie. L’Evangile est notre programme de vie. Il nous enseigne que les questions ne sont pas traitées avec une recette toute faite et que la foi n’est pas une feuille de route, mais un chemin», a ainsi résumé le Saint-Père.   

Le courage du renoncement 

Le Pape qui a détaillé ces trois éléments caractéristiques d’une Église en chemin, à commencer par la fin, le courage du renoncement et «sa beauté». 

«Dieu purifie, simplifie, nous fait souvent grandir en enlevant, et non en ajoutant, comme nous le ferions», a énoncé François, pour qui la vraie foi «purifie» des attachements quelconques.   

De ce fait, «pour suivre le Seigneur il faut marcher vite et pour marcher vite il faut s’alléger même si cela nous coûte», en a-t-il déduit, insistant sur le fait «qu’en tant qu’Église, nous ne sommes pas appelés à des compromis corporatifs, mais à des sauts évangéliques». 

Sortir de soi même pour se convertir 

Et en nous purifiant, en nous réformant, nous devons aussi éviter de prétendre changer quelque chose pour qu’en réalité rien ne change. «C’est le cas, par exemple, lorsque, pour essayer de suivre l’air du temps, on maquille un peu les choses, mais c’est juste du maquillage pour paraître jeune», a estimé l’évêque de Rome. Or, le Seigneur ne veut pas «d’ajustements cosmétiques», mais «la conversion du cœur, qui passe par le renoncement. Sortir de soi-même est la réforme fondamentale» 

À l’instar des premiers chrétiens, parvenus au courage du renoncement, le Pape François a exhorté à partir ensuite de l’humilité de l’écoute. «Comme eux, qui ont pratiqué le désintéressement de soi : nous voyons que chacun laisse parler l’autre et qu’il est prêt à changer ses convictions. Et plus l’intérêt pour les autres augmente, plus le désintéressement de soi augmente aussi. On s’humilie en suivant le chemin de l’écoute, qui nous empêche de vouloir nous affirmer, de réaliser résolument nos propres idées, de chercher le consensus par tous les moyens», a-t-il relevé face aux membres de la Caritas, confédération de 160 Caritas dans le monde. 

L’humilité naît de l’écoute 

Ainsi, l’humilité naît quand, au lieu de parler, on écoute; quand on cesse d’être au centre. Puis elle grandit par des humiliations, a complété le Souverain pontife argentin. «C’est précisément sur ce chemin de charité que l’Esprit descend et oriente». 

Pour ceux qui veulent suivre les chemins de la charité, l’humilité et l’écoute, signifier tendre l’oreille vers les petits, a-t-il ensuite ajouté, avant de préciser: «Dans le monde, ceux qui ont plus de moyens parlent plus, mais cela ne peut pas être le cas parmi nous, parce que Dieu aime se révéler à travers les petits et les derniers. Et il demande à chacun de nous de ne regarder personne de haut». 

Le charisme de l’ensemble 

De l’humilité de l’écoute au courage du renoncement, tout passe enfin par le charisme de l’ensemble, selon le triptyque énoncé par François. Le charisme de l’ensemble signifie lui que l’unité l’emporte toujours sur les différences. 

«Pour chacun, la première place n’est pas donnée à ses propres préférences et stratégies, mais à être et à se sentir l’Église de Jésus, réunie autour de Pierre, dans une charité qui ne crée pas d’uniformité, mais la communion», a affirmé le Souverain pontife.   

«Personne ne savait tout, personne n’avait l’ensemble des charismes, mais chacun tenait au charisme de l’ensemble». Selon le Pape, quand, nous nous retenons de donner, quand nos intérêts à défendre passent en premier, nous n’imitons pas le «comme» de Dieu, nous ne sommes pas une Église libre et libératrice. 

Et pourtant, Jésus nous demande de rester en Lui, «pas dans nos idées»; «de sortir de la prétention de contrôler et de gérer». Et le Pape d’enjoindre à demander au Seigneur, «de nous libérer de l’efficacité, de la mondanité, de la tentation subtile de rendre un culte nous-mêmes et à notre habileté». 

Un discernement dynamique  

Ces observations du Pape François nous rappellent peut-être ses paroles pour la Compagnie de Jésus au moment d’approuver les Préférences apostoliques universelles. Plus tôt cette année, il a insisté sur l’importance de la première préférence, discerner et demeurer dans l’Esprit Saint avant et pendant le travail apostolique.   

Le pape a dit que la première préférence est fondamentale parce qu’elle présuppose comme “première condition la relation du jésuite avec le Seigneur, la vie personnelle et communautaire de prière et de discernement. Et il ajoutait : “Sans cette attitude de prière, les autres préférences ne porteront pas leurs fruits”.  

C’est pourquoi la Curie jésuite de Rome vient de publier une série de ressources intitulée “Prier avec des préférences“, sept documents qui permettent au lecteur non seulement de prier et de réfléchir, mais aussi d’approfondir le chemin de renouvellement et de conversion offert par l’UAP.   

Vous pouvez les voir ici. 

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