Les jésuites du Honduras dénoncent la répression par le gouvernement hondurien des manifestations survenues au cours des deux derniers mois. Ces protestations ont été provoquées par les projets gouvernementaux de privatisation des services publics. Les forces de sécurité honduriennes ont tué et blessé des enseignants, des étudiants, des travailleurs de la santé et d’autres citoyens honduriens qui manifestaient pour défendre les systèmes de santé et d’éducation.

«Nous déplorons la crise sociale et politique que vit le peuple hondurien. Cette crise est née d’une violation historique de ses droits fondamentaux et de la détérioration de l’état de droit, du fait des pratiques arbitraires et corrompues de politiciens et de décideurs de l’administration publique», écrivent les jésuites dans une déclaration au nom des œuvres qu’ils dirigent dans le pays.

On a utilisé des balles et des gaz lacrymogènes contre les manifestants, ce qui a causé de multiples blessures et des morts, dont celle d’Eblin Noel Corea Maradiaga, 17 ans, tué par balle lors d’une manifestation, le 19 juin.

L’ambassadeur du Canada au Honduras a déposé une plainte concernant l’utilisation abusive par l’armée hondurienne de véhicules donnés par le gouvernement canadien dans le but d’améliorer les services de santé et qui ont servi à transporter des troupes.
Les jésuites se déclarent solidaires des victimes de la répression et dénoncent les campagnes de diffamation et autres manœuvres du gouvernement pour incriminer des journalistes et des défenseurs des droits de la personne, comme le père Ismael Moreno, SJ (dit Padre Melo).

Ce n’est pas d’hier qu’on cherche à dénigrer le père Moreno. En décembre 2017, un tract dans les médias sociaux honduriens l’accusait faussement, avec huit autres dirigeants régionaux, d’incitation à la violence et d’implication dans le trafic des stupéfiants. Plus tôt cette année-là, un président d’université hondurien avait accusé à tort le père Moreno de promouvoir l’anarchie et de fomenter la violence chez les étudiants. Dans les deux cas, les jésuites, des responsables de l’Église et des défenseurs des droits de la personne ont tenu à défendre le travail du père Moreno et celui des deux œuvres qu’il dirige, l’Équipe de Réflexion, de Recherche et de Communication de la Compagnie de Jésus au Honduras (ERIC) et Radio Progreso.

Le père Ismael Moreno, SJ (Photo : CNS/Rhina Guidos)

Les jésuites du Canada et des États-Unis appuient leurs confrères du Honduras.«Ce qui est ici menacé, a déclaré le père Erik Oland, SJ, provincial des jésuites du Canada, ce sont les fondements mêmes de l’option que font des catholiques de soutenir les plus pauvres d’entre les pauvres et du travail qu’ils accomplissent pour se mettre à leur service.»

Le Bureau Justice et Écologie de la Conférence jésuite du Canada et des États-Unis a signé avec d’autres organisations non gouvernementales une déclaration qui demande au gouvernement hondurien d’ordonner aux forces de sécurité de «renoncer immédiatement à l’usage excessif de la force contre les manifestants», de «ne plus faire appel à l’armée et à la police militaire pour réagir à une manifestation», et de veiller à ce que les représentants du gouvernement ne profèrent plus de menaces à l’endroit des journalistes et des défenseurs des droits de la personne.

Les jésuites du Honduras ont repris l’appel des évêques honduriens qui incitent à travailler «dans le respect de la dignité de la personne humaine et à la recherche du bien commun». Leur déclaration conclut qu’«il est possible d’améliorer la situation» et lance un appel à «le faire dans la solidarité». [Sources: ISN, Tiempo]

Lisez le texte complet de la déclaration des jésuites du Honduras.

Lisez le texte complet de la déclaration signée par le Bureau Justice et Écologie de la Conférence jésuite du Canada et des États-Unis (en anglais).

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