Les revues Relations et Au cœur du monde viennent de lancer leur nouveau numéro. Ces derniers nous font voyager du territoire Wet’suwet’en à Kuujjuaq, de Paris à Séoul ou de Parc-Extension à Kinshasa pour nous amener à examiner le monde de manière critique et contemplative. 

Au cœur du monde : Pas de Dieu dans la ville… marcher pour contempler 

Par Isabelle Dalcourt, Au cœur du monde, directrice

Une livraison bien originale, issue d’une proposition d’exercice à la fois spirituel, physique et littéraire : environ 35 croyants se trouvant dans des métropoles partout sur la planète ont été invités à y marcher en ouvrant un regard long, profond et aimant. Il s’agissait ensuite de mettre brièvement par écrit le fruit de cette expérience contemplative : ce qui a attiré, inspiré, mu, surpris, touché, remué, déplacé.

Discerner le Souffle de Dieu en s’enfonçant dans les rues d’une ville le temps d’une promenade, voilà une proposition stimulante pour tout croyant qui, à l’école spirituelle d’Ignace de Loyola, aime s’ouvrir à l’expérience de « Dieu en toutes choses ».

Par ailleurs, l’ensemble des participants au numéro reflète bien la diversité actuelle de la communauté ignatienne – canadienne et internationale – et veut promouvoir l’esprit de collaboration auquel nous aspirons davantage aujourd’hui, compagnons et compagnes. Nous retrouvons ainsi, parmi les contributeurs ignatiens, plusieurs jésuites de notre Province (notamment John Meehan, Gilles Mongeau, André Brouillette, Jean Denis Saint-Félix, Trevor Scott et même – surprise!- feu René Champagne, qui nous envoie son mot de la cité céleste…), nombre de laïcs, hommes et femmes (Christian Grondin, Marco Veilleux, Véronique Lang, Marilyne Roy, Esther Hizsa, Éric Laliberté…), des religieux (Mgr François Lapierre, pmé,…) et des religieuses (Christine Danel, xavière, Katrin Goris, ra, Laura Patelli, im…).

Pour commander ce numéro et d’autres numéros d’Au cœur du monde, visitez ce lien.

Relations: Quand nos repères sont bousculés 

Par Fannie Dionne

Le Centre justice et foi a pour sa part publié le nouveau numéro de Relations sur le dossier central à pour titre “Quand nos repères sont bousculés. Décolonisation, migrations, crise écologique”. Faisant suite au dossier « Un monde qui vacille » (no 770, 2014), ce numéro présente la transition vers un monde multipolaire, dans lequel l’Occident ne détient plus une position hégémonique. 

Entre autres, Jean-Claude Ravet y traite de la position intraitable du gouvernement caquiste par rapport au projet de loi 21, qui rejette de discrédit sur l’expérience religieuse en tant que telle et relègue les croyants et les croyantes, notamment les musulmans, à un statut de citoyens de seconde zone. Julie Depelteau illumine les mobilisations autochtones en territoire Wet’suwet’en, conflits autour du colonialisme et de la construction du pipeline Coastal GasLink. Alexa Conradi explique le virage décolonial du mouvement féministe québécois, en collaboration avec les peuples autochtones et les femmes musulmanes. Ovide Bastien parle quant à lui du Nicaragua, où, contrairement à ce que dit Maurice Lemoine (ex-rédacteur en chef du Monde diplomatique), les évêques soutiennent les revendications populaires dans leur lutte contre le président Ortega. 

Ce numéro des Relations s’inscrit donc dans un mouvement mondial. Ces quelques exemples montrent que l’Occident n’est plus la plaque tournante du monde. Par exemple, le centre de gravité de l’Église catholique et de la Compagnie de Jésus s’est déplacé vers l’hémisphère sud comme en font foi l’élection d’un pape argentin (Jorge Bergoglio), d’un Père Général vénézuélien (le P. Arturo Sosa SJ) et d’un jésuite d’origine indienne à la tête du Secrétariat pour la Justice sociale et l’Écologie de la Compagnie de Jésus (le P. Xavier Jeyaraj SJ). Le pape François engage d’ailleurs lui-même à l’universalité de l’Église. Pour reprendre les mots de Frédéric Barriault, il «regarde les drames migratoires et humains à partir de la situation des pauvres et avec les yeux d’un homme du sud.» François, tout comme les nouvelles préférences apostoliques de la Compagnie de Jésus, invitent les catholiques à se montrer solidaires des migrants, des pauvres et des exclus. 

La situation est donc complexe et changeante. Comme le souligne Emiliano Arpin-Simonetti dans Relations, «il s’agit en somme de trouver des terrains communs avec ceux et celles qui sont exclus ou victimes de nos institutions et de notre rapport au monde afin d’élargir nos conceptions du commun. Et, à partir de la solidarité des luttes innombrables pour l’égalité, la démocratie et la sauvegarde de notre maison commune, construire de nouvelles formes, pluralistes, de modernité et d’universalisme, que d’autres appellent pluriversalismes.» 

Deux numéros qui portent à réfléchir sur la justice et la foi d’ici et d’ailleurs. 

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