Jésuites missionnaires

Québec, terre de mission
LE P. GILLES CHAUSSÉ, HISTORIEN Les célébrations des fêtes entourant le 400e anniversaire de la ville de Québec nous ont encouragés à avoir recours à l’un de nos très bons historiens, un homme d’ailleurs connu des lecteurs et lectrices du BRIGAND , le P. Gilles Chaussé. Quelles réflexions lui venaient à l’esprit, quels liens faisait-il entre cet anniversaire – qui ne concerne pas seulement une ville mais toute l’Amérique française – et l’histoire missionnaire jésuite?
La tradition missionnaire, constante au Québec depuis le 17e siècle, se maintient toujours en 2008, alors qu’une vingtaine de Canadiens continuent d’être présents comme missionnaires dans dix pays : six à Taiwan, quatre aux Philippines, un au Japon, un en Indonésie, un aux Indes, un en Thaïlande, un en Éthiopie, un au Sénégal, et trois au Brésil. A ce nombre, s’ajoutent les jésuites du territoire d’Haïti.

L’apostolat international des jésuites du Québec est toujours au coeur des préoccupations des quelques cent-soixante-quinze jésuites que compte aujourd’hui la Province jésuite du Canada français.

Voici deux chapitres d’histoire marqués par l’engagement de missionnaires au service de la foi et du plein accomplissement des personnes que le Seigneur leur confiait.

En guise d’introduction
UN DÉPART MISSIONNAIRE RÉUNISSAIT FAMILLE, AMIS ET CONFRÈRES AUTOUR DE CELUI OU DE CEUX QUI PARTAIENT.Qui n’a pas été témoin autrefois de «départs missionnaires» ? J’ai vécu cette expérience en 1950. Je revois encore l’un de mes anciens professeurs jésuites au Collège Sainte-Marie qui se destinait à la Mission de Chine. Il était là, debout, à la gare Windsor, à bord du train qui devait le conduire à Vancouver, et de là, par bateau, en Chine, saluant ses parents et amis qu’il ne reverrait peut-être plus jamais. Car, à cette époque, celui qui partait en mission ignorait s’il reviendrait un jour dans son pays d’origine. Les temps ont changé. Les départs de missionnaires sont aujourd’hui plus discrets et ces derniers reviennent à intervalles réguliers dans leur pays.
J’ai été moi-même missionnaire en Haïti pendant quelques années, encore que ce pays, longtemps désigné comme « la perle des Antilles », n’est plus considéré aujourd’hui comme territoire de mission, puisqu’on y trouve une communauté fervente, encadrée et dirigée par un épiscopat exclusivement haïtien. En Haïti, j’ai vu des hommes et des femmes de différentes nationalités, mais dont la grande majorité provenait du Québec, rivaliser de dévouement et de zèle dans des écoles, des dispensaires, des hôpitaux, comme l’hôpital pour les lépreux dirigé par les Soeurs du Christ-Roi, à Léogane. Ces hommes et ces femmes font l’admiration du peuple haïtien qui savait que ces derniers étaient venus en Haïti sans rechercher leur propre intérêt, mais pour accompagner le peuple haïtien dans sa quête spirituelle et répondre à l’invitation du Seigneur : «Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ; allez donc de toutes les nations faire des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.» Des hommes et des femmes qui ont fait le choix de devenir haïtiens avec les Haïtiens, perpétuant ainsi la tradition missionnaire propre au Québec.
Lire la suite: 
  • La ville de Québec: point de départ de l’aventure
  • Des héros et des hommes de foi
  • Une expérience d’inculturation intense
  • La Mission de Chine
  • Missions de Hong Kong et des Philippines
  • Missions de Taiwan et du Vietnam
  • Mission d’Éthiopie
  • Mission du Sénégal
  • Mission d’Haïti