Le problème des réfugiés nous concerne tous. Pas seulement les gens des grandes villes comme Toronto, Montréal ou Vancouver. Pas seulement ceux qui vivent près de la frontière et qui voient des migrants arriver dans notre pays. Il concerne aussi la population d’une ville « éloignée » comme Sudbury.

Du 28 au 30 janvier, j’ai participé à Sudbury à une semaine de solidarité avec les réfugiés. Le père David Shulist, SJ, directeur des services spirituels à la paroisse universitaire Saint-Ignace, m’avait invité à collaborer à cette semaine et à faire connaître ce que vivent les réfugiés. J’ai accepté avec plaisir.

La semaine s’est ouverte avec la projection de Human Flow, film documentaire réalisé par Ai Weiwei, qui évoque avec force, sans beaucoup de mots mais avec des images frappantes, le sort des réfugiés et leur humanité. Ce film ne laisse personne indifférent.

Le lendemain soir, j’ai participé à un panel de 4 personnes invitées à partager leurs connaissances et leur expérience en lien avec les réfugiés. La table ronde avait pour titre « Les Canadiens, les réfugiés et les migrants aujourd’hui : le défi de partager leur route ».

La première conférencière, Tara Hurford, de Développement et Paix, nous a donné des chiffres étonnants sur les déplacements forcés et nous a invités à appliquer le principe catholique du Voir-Juger-Agir pour nous attaquer aux causes profondes de ce fléau.

Anas Karzaï, professeur de sociologie à l’Université Laurentienne, est engagé personnellement et professionnellement dans la cause des migrations forcées. Il a proposé une analyse brillante des causes profondes de ce phénomène.  En 20 minutes, il a réussi à expliquer comment les pays occidentaux, menés par les États-Unis, imposent au monde depuis le 11 septembre un clivage « eux »/« nous ».  Si nous avons raison et qu’ils ont tort, nous devons imposer notre point de vue, ce qui justifie les interventions militaires et fait vivre notre économie militaire.  Tout cela pour maintenir notre domination mondiale en continuant d’extraire et d’exploiter les ressources du Sud.

J’ai ensuite parlé de la peur qui nous pousse à rejeter l’étranger, le réfugié.  Il faudrait cultiver la compassion, l’amour et l’empathie pour surmonter cette peur.  Mais nous n’y arriverons qu’en nous liant d’amitié avec l’autre, en marchant à ses côtés.

Enfin, Sara Torres, professeure de service social à l’Université Laurentienne et chercheuse sur la migration au Canada, a décrit l’expérience des enfants migrants et celle de leurs parents face au système de protection de l’enfance au Canada.  Le manque de sensibilité culturelle peut avoir des conséquences dévastatrices pour les familles de réfugiés au Canada.

Après les présentations des panélistes, le public a pris la parole. Les questions sont venues et nous avons pu approfondir les causes profondes des déplacements forcés et l’importance d’accueillir et d’accompagner les réfugiés à leur arrivée au Canada.

Le lendemain, j’ai animé l’exercice de simulation « Un voyage en exil ».  Dix-neuf personnes y ont participé et sont devenues des « réfugiés » pendant 90 minutes.  Elles ont vécu des déplacements forcés et ont dû prendre, parfois très rapidement, des décisions qui allaient changer leur vie pour longtemps.  Après l’heure et demie de « jeu », nous avons eu un échange de grande qualité sur la vie réelle des réfugiés, les difficultés qu’ils rencontrent tous les jours, mais aussi sur la résilience dont ils font preuve.

J’ai quitté Sudbury en me disant : mission accomplie.  Un grand merci aux organisateurs de cette semaine de solidarité, le père David Shulist et Lucien Pelletier, qui ont mis le temps et l’énergie nécessaire pour faire de cet événement un vrai succès.

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