Au début du mois de septembre, le Provincial Erik Oland S.J. visitait la communauté de jésuites de St.John’s, Terre-Neuve et Labrador. Cette visite coïncidait avec la publication du rapport de l’enquête publique de la Pennsylvanie sur les abus sexuels dans les diocèses de l’État et avec le triste 30e anniversaire de l’affaire de l’orphelinat Mount Cashel. Tant Erik Oland que Philip Shano, S.J., ont discerné leur vocation jésuite durant cette sombre période.

Philip Shano nous raconte dans son billet de blogue comment il a discerné sa vocation jésuite dans la cour, littéralement, de ce funeste établissement, tandis que Erik Oland a rappelé à la communauté jésuite de St.John’s qu’il partage leur souffrance. Voici un extrait de son homélie.

” Nous vivons dans un monde brisé […] Ce n’est pas Dieu qui va mettre fin à cela. Nous pouvons lui demander de l’aide, du courage et de l’inspiration pour chanter haut et fort: IL FAUT QUE ÇA CESSE. Je n’ai pas les réponses ou une solution simple hormis le fait qu’au moment de me joindre à la Compagnie au début des années 1990, un temps de souffrance ici et pour moi personnellement, je me suis posé la question: est-ce que je veux réellement devenir un prêtre dans cette Église imparfaite et pécheresse. La réponse que j’ai reçue m’a consolé: “Je ne te laisserai pas seul”. La vie peut être difficile, vois ce que le monde m’a fait à moi… mais je t’assure que peu importe le chemin que tu choisiras de prendre, je ne te laisserai jamais seul. Je serai là pour t’aider.”

Ce scandale a été le début d’une douloureuse réflexion pour l’Église catholique du Canada. C’est en effet dans le sillage de cette sinistre affaire que la Conférence des évêques catholiques du Canada s’est dotée d’une politique de prévention des abus, au titre très éloquent: De la souffrance à l’espérance. Il y a sept ans, la conférence épiscopale s’est donné le mandat de mettre à jour cette politique, à la lumière des affaires d’abus et de pédophilie qui ont entaché la vie de l’Église au cours des dernières décennies. Un comité ad hoc a été fondé à cet effet, présidé par l’archevêque de Halifax-Yarmouth, Mgr Anthony Mancini. Lors de la plus récente réunion plénière de la CECC, à Cornwall, en Ontario, les évêques canadiens enfin pu prendre connaissance de la version finale de ce document. Dans une entrevue accordée à Présence: information religieuse, Mgr Mancini a réitéré l’importance capitale de l’écoute à l’égard des victimes d’abus sexuels. Cette nouvelle politique de prévention des abus fournira à l’Église canadienne des lignes directrices et des directives claires, afin de protéger efficacement les enfants et les adultes vulnérables.

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