«La théologie n’est jamais faite en vase clôt, mais toujours dans un moment et un lieu précis. Ce moment et ce lieu, c’est le monde contemporain.» Passionnée d’œcuménisme et de la question de la place de l’Église dans le monde, Susan K. Wood, SCL, Ph. D., est depuis le 15 août dernier la première doyenne des études du collège du Regis College. Elle y apporte plus de 31 ans d’expérience en enseignement universitaire et en administration, en plus de sa spécialisation en théologie et œcuménisme. Dr Wood a accepté de nous donner quelques commentaires sur son parcours, ses projets et sa vision de l’Église.

Pour la collaboration et l’oecuménisme

Le monde jésuite est loin d’être nouveau pour Dr Wood. Après avoir obtenu son doctorat en études religieuses à la Marquette University de Milwaukee, elle a été professeure de théologie et adjointe du doyen à la faculté de théologie de l’Université Saint John’s de Collegeville au Minnesota, avant de retourner à Marquette. C’est dans cette institution jésuite qu’elle a cumulé 14 ans d’expérience non seulement comme professeure, mais aussi comme directrice du département de théologie, «qui était un très gros département, le double de la taille de Regis College!», explique Dr Wood. C’est donc en connaissant très bien le monde jésuite et l’enseignement universitaire qu’elle a commencé son nouvel emploi dans la faculté de théologie jésuite au Canada, affiliée à l’Université de Toronto.

Évidemment, je suis très honorée d’occuper ce poste et ravie de travailler avec mes frères jésuites. J’ai été embauché pour mon expérience et mon travail dans des institutions jésuites. Le fait que je sois la première femme doyenne des études en Amérique du Nord, si je ne me trompe pas, peut sembler plus étrange pour le Regis College que pour moi ! Mais je m’inscris dans un contexte plus large de collaboration entre hommes et femmes, jésuites et non jésuites.

En plus de son expérience comme professeure et administratrice, Dr Wood apporte sa spécialisation en œcuménisme: elle participe en effet à des dialogues officiels nationaux et internationaux avec des luthériens, des baptistes et des orthodoxes.

Je suis très impliquée dans le travail pour l’unité de l’Église, et c’est aussi aussi très jésuite que de vouloir faire des ponts par le dialogue. C’est quelque chose d’unique que j’apporte au Regis College. Je prévois d’ailleurs donner un cours l’an prochain sur l’œcuménisme. Il faut souligner également que l’école de théologie de Toronto est elle-même œcuménique, puisque plusieurs dénominations chrétiennes y sont représentées.

Les femmes et l’Église

Si Dr Wood a été retenue pour son expérience, il reste que son embauche comme première doyenne des études, en 2019, représente un pas de plus dans l’ouverture de plus en plus grande de l’Église aux femmes. Dernièrement par exemple, le Pape François a nommé 22 nouveaux membres à la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique, dont six religieuses et une femme laïque. Selon Dr Wood, cela «montre qu’il y a une place pour les femmes dans les structures de l’Église où l’ordination n’est pas nécessaire.»

C’est important que les femmes soient impliquées dans l’Église, car parfois elles ont des expériences différentes qui peuvent enrichir les endroits où nous travaillons. Par exemple, les religieuses ont souvent une expérience différente de la vie en communauté et de l’Église. En plus des nominations du pape, qui sont très naturelles, d’autres sont possibles dans les structures du Vatican. Depuis Vatican II, plusieurs femmes ont travaillé dans les paroisses et les diocèses.

Vers l’avenir du Regis College

Doyenne des études est une position aux multiples ramifications. Dr Wood est la directrice académique principale, responsable des programmes d’études, des horaires des cours et de tout le volet académique du collège, en plus de superviser les bibliothèques et registraires. Elle doit coordonner la mise en œuvre des règlements et des procédures ainsi que l’embauche des professeurs. Dans toutes ces tâches, quelles sont ses priorités? D’abord, connaître ses collègues et comprendre quels sont leurs besoins. Ensuite, elle a déjà plusieurs objectifs en tête, dont la promotion les nouveaux programmes de certificat conjoints récemment approuvés par la Toronto School of Theology et l’Université de Toronto.

Je dois en faire la promotion auprès des communautés religieuses. Les hommes et les femmes religieux font partie de l’Église et même s’ils ne travaillent pas en théologie, il doivent en avoir une connaissance pratique, une littératie théologique, même s’ils ne sont pas ordonnés.

Cela rejoint d’ailleurs un autre objectif de Dr Wood, qui est l’augmentation des inscriptions au Regis College.

Nous aimerions que les jésuites sachent que nos programmes sont fondés sur les principes ignatiens. Les programmes ici sont évidemment très alignés avec leurs valeurs. Mais aussi, comme l’Église est dans le monde et que Toronto est une grande ville cosmopolite, nous aimerions aussi rejoindre les professionnels de la région via de courts modules non crédités comme le programme «Windows on Theology», ou u encore par des conférences.

Même si elle ne donnera qu’un cours par an, comme ses fonctions administratives sont très prenantes, Dr Wood souhaite être proche des étudiants: «Regis College est une école relativement petite affiliée à une université plus large. J’espère connaître éventuellement la plupart des étudiants!»

 

Tous les articles

Souffrez-vous à cause de la crise COVID-19 ?
Nous sommes là pour vous écouter.

Contactez-nous : parleraunami@jesuites.org

En savoir plus