Le 25 avril dernier à Toronto, Canadian Jesuits International (CJI) a organisé l’événement Youth for Others (Jeunesse pour les autres). Ce sont 85 élèves du secondaire (Notre Dame, Monsignor Fraser, Monsignor Percy Johnson et St Mary’s) ainsi que le personnel du Camp Ekon qui ont participé à l’événement sous le thème «Franchir les frontières» (Bridging Borders). L’objectif de l’événement? Former les jeunes à s’engager pour les autres.

Cette année, le thème Youth for Others (Y4O) a été inspiré par un défi lancé par le pape François: «Je vous invite à construire des ponts, pas des murs, à vaincre le mal par le bien, l’offense par le pardon, à vivre en paix avec tous.» L’importance de franchir les frontières a aussi semblé très importante aux organisateurs, considérant que les attitudes politiques actuelles semblent exploiter les craintes des gens à l’égard des autres à des fins partisanes. Ancrée au coeur de l’actualité politique et apostolique, l’ouverture aux autres a donc été au coeur de chacune des activités de la journée.

Une journée d’échanges

Ainsi, lors de Y4O, les jeunes ont entendu et discuté avec le conférencier invité, Emiliano Martínez. Ce dernier est un jeune demandeur d’asile venu s’établir au Canada avec sa femme et leur jeune fils de 2 ans. Ils ont dû fuir Ciudad Juárez, au Mexique, en raison de menaces de violence et d’intimidation de la part de gangs qui extorquent souvent de l’argent et créent de l’instabilité pour de nombreux résidents. Avant de quitter le Mexique, M. Martinez vendait avec son père du café équitable de la coopérative Yomol A’Tel, relié à la mission des Jésuites du Chiapas. Son histoire, son courage et son soucis des autres ont donné le ton au reste de la journée.

Emiliano Martínez raconte son histoire aux élèves de Y4O (Photo : CJI).

Emiliano Martínez raconte son histoire aux élèves de Y4O (Photo : CJI).

Par la suite, Prossy Nambatya (qui a auparavant travaillé comme chargée de programme au Département Justice et Paix de la Conférence épiscopale de l’Ouganda) a expliqué comment elle plaide pour les droits, la protection et les opportunités des femmes et des enfants en Ouganda. Elle a parlé de la nécessité de sensibiliser l’opinion publique à ces problèmes et de mettre fin à la violence sexiste.

Ce fut par la suite au tour des jeunes eux-mêmes de prendre la parole. Marissa De Cristofaro, Maddie Frechette et Alessandro Patlan, trois étudiants de St Mary’s, ont donné un atelier sur les initiatives étudiantes pour la justice et sur la façon de créer des mouvements pour le changement.

Le Père Roshan Kiro a par la suite pris la relève en parlant des ministères jésuites de la province de Darjeeling. Là, ils bâtissent des ponts grâce à leur travail dans les services de santé et d’éducation.

Enfin, Sœur Petite Lao a parlé de son expérience dans l’établissement de relations durables avec les communautés autochtones de Mindanao et de ses liens avec l’université médicale jésuite de Zamboanga, aux Philippines.

Skype Meeting with Fr. Coto

Pieter Niemeyer, coordonnateur des services d’approche de l’IJC, a animé l’événement. (Photo: CJI)

Enfin, les étudiants ont eu l’occasion de parler via Skype avec le Père Ismael Moreno Coto, SJ (Padre Melo), qui leur a expliqué pourquoi de nombreuses personnes du Honduras laissent tout derrière eux pour s’établir plus au nord, traversant de nombreuses frontières. Il a parlé des difficultés et des obstacles auxquels ces migrants sont confrontés, mais aussi des espoirs de ceux qui décident de rester dans leur pays, espoirs qui sont à la base de son travail et de celui de ses collègues de Radio Progresso et ERIC.

Une invitation à s’engager pour les autres

Les étudiants ont beaucoup aimé cette édition de Y4O, programme se sensibilisation scolaire qui a pour but d’informer et d’engager les élèves dans la justice sociale en partenariat avec des collaborateurs d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Les participants de Bridging Borders ont apprécié comprendre les raisons qui poussent les gens à fuir leur pays et demander asile ailleurs. Ils ont appris beaucoup sur les violences sexistes grâce à Mme Nambatya, qui leur a expliqué pourquoi il est important de continuer à défendre l’égalité entre les sexes et la protection des droits, tant ici au Canada que pour les femmes et les filles du monde entier. Ainsi, cette journée a permis aux participants à la fois d’en apprendre plus sur les régions dans lesquelles Canadian Jesuits International (CJI) s’implique, de s’ouvrir à différentes réalités, de s’initier au partenariat et aux mouvements de changement. Comme l’a dit une participante à la fin de la journée: «il n’y a pas d’excuse pour ne pas être solidaire des autres, après ce que nous avons appris aujourd’hui.»

Students outside CJI office

Des étudiants de différentes régions de Toronto ont participé à l’événement (Photo: CJI)

En plus de cheminer avec les jeunes et de former une nouvelle génération à l’altruisme, ce programme est aussi une manière de mettre en lumière et de faire connaître au Canada les travaux de CJI. Inspiré et soutenu par la spiritualité ignacienne, cet organisme travaille avec des partenaires locaux en Afrique, Asie et Amérique latine pour soutenir les personnes pauvres et marginalisées de ces régions dans leur lutte pour la justice et la dignité.

Emiliano Martínez and family

Emiliano Martínez et sa famille ont raconté leur histoire (Photo: CJI)

De tels événements avec les jeunes sont importants pour les organismes jésuites, selon le Pieter Niemeyer:

Être des personnes pour les autres, que nous soyons jeunes ou plus âgés, est un rappel essentiel, surtout dans le climat politique actuel. Pour les jésuites comme pour les collaborateurs, nous devons penser à la façon dont nous nourrissons les générations futures dans une foi réfléchie et active qui rend justice dans notre monde. Des événements comme Youth for Others sont l’une des façons dont nous nous voyons déjà mettre à l’œuvre les préférences apostoliques universelles de la Compagnie de Jésus. Il y a des forces puissantes à l’intérieur et à l’extérieur de l’église qui ont un état d’esprit «nous contre eux». Être des personnes pour les autres ne fonctionne pas à partir de ce genre de pensée, c’est au contraire être orienté dans un esprit de générosité et de rencontre. Notre espérance s’allume quand nous voyons des jeunes passionnés de justice sociale et engagés dans la création d’un monde plus juste, qui répondent à une foi qui fait justice et à la vie évangélique.

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