Les évêques d’Haïti sonnent l’alarme devant la nouvelle crise sociale généralisée en Haïti. « Le pays est au bord de l’abîme », ont-ils écrit dans une prise de position publique. Dans un message au peuple de Dieu, les évêques se sont inspirés de l’évangile de Mathieu 8 verset 25 pour dénoncer la gravité de la situation du pays. Devant la barque qui menace de sombrer, les disciples de Jesus s’écrient alors: « Seigneur, sauve-nous. Nous sommes en train de périr. »

« Nous devons nous réveiller pour prendre ensemble toute la mesure du danger qui nous menace tous », ont écrit les évêques qui appellent à l’unité des forces et des intelligences « pour sauver la barque nationale ». « L’heure est grave, la misère augmente, le bien commun est menacé. Le pays est au bord de l’abime ! Cette situation ne peut se prolonger. Réveillons-nous pour nous mettre à l’écoute de Dieu, maitre de la sagesse et principe de toute vie. Mettons-nous à l’écoute  de ce peuple qu’il aime tant », lit-on dans Le Nouvelliste qui reprend la note des évêques. « Nous devons trouver une solution de sagesse qui tienne compte des intérêts supérieurs de la nation et de la défense du bien commun. En ce sens, nous appelons à la conscience citoyenne des différentes parties en vue d’une décision patriotique, ne serait-ce qu’au prix de grands sacrifices », ont appelé les signataires, les évêques, Launay Saturné,  André Dumas, Gontrand Decoste E. Glandas Toussaint.

Les protestations en Haïti ont démarré le 7 février dernier, date du deuxième anniversaire du mandat du président Jevenel Moïse. Ce dernier avait été élu en promettant une augmentation du pouvoir d’achat et c’est tout le contraire qui s’est produit alors que l’inflation dépasse les 15% et que la dévaluation de la monnaie nationale face au dollar américain a fait exploser le prix des (nombreux) produits importés, dont l’essence. À cela s’est ajouté un rapport de la Cour des comptes, fin janvier, qui a incriminé une quinzaine d’anciens ministres et de hauts fonctionnaires d’avoir détourné des fonds d’aide humanitaire versés par le Venezuela après 2008. Le rapport soutient que le président aurait été mêlé à cette affaire, soutient le rapport.

La réunion jésuite sur le Projet Caraïbes qui devait avoir lieu à Port-au-Prince a dû être annulée en toute urgence, même si la plupart des participants étaient déjà arrivés. Le supérieur d’Haïti, Jean Denis Saint Félix, et le président de la CPAL (Conférence des Provinciaux d’Amérique latine), Roberto Jaramillo, ont choisi de renvoyer les gens chez eux pendant qu’il était encore possible de rejoindre l’aéroport et de quitter le pays. Lisez la lettre du P. Jean Denis Saint Félix

Au moment d’écrire ces lignes, la situation est toujours bloquée, alors que le Président Jovenel Moïse a refusé de démissionner. «Je ne laisserai pas le pays aux mains des gangs armés et des trafiquants de drogue», a-t-il déclaré par le biais d’une allocution pré-enregistrée diffusée sur la télévision publique TNH.

Plus de détails sur le site du Vatican.

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