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In Memoriam

Le père Kawas François est décédé à l’hôpital du Canapé-Vert de Port-au-Prince (Haïti), dans la matinée du 23 octobre 2022, des suites d’un AVC survenu la veille, soit le samedi 22 octobre. Il était âgé de 68 ans et entamait sa 36ème année de vie religieuse.

Kawas est né le 14 mars 1954, à Margot, une section communale de Pilate. Issu d’une famille de six enfants dont quatre garçons et deux filles, il a fait ses études primaires à Pilate même. Après avoir fait ses études secondaires et collégiales au Collège Notre-Dame du Cap-Haïtien, dirigé par les Pères de Sainte-Croix, de 1968 à 1975, il entra au Grand-Séminaire de Port-au-Prince en vue de devenir prêtre du diocèse du Cap-Haïtien auquel il appartenait. C’est au Grand-Séminaire qu’il a connu des Jésuites qui faisaient partie du corps professoral. Lui-même leur rendit ce témoignage au moment où il fit son entrée dans la Compagnie : « Leur compétence, leur zèle apostolique et leur façon d’aborder les problèmes impressionnèrent plusieurs d’entre nous ».

Après avoir complété ses études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre le 23 août 1981, par Mgr François Gayot, Archevêque du Cap-Haïtien, dans son village natal. Il exerça le ministère sacerdotal comme vicaire à la cathédrale du Cap-Haïtien et ensuite à Dondon, durant cinq ans, avant d’exprimer son désir de devenir Jésuite. En faisant un retour sur ses premières années de vie sacerdotale, il notait dans les Nouvelles de la Province du Canada français, en janvier 1988 : « C’est au cœur de l’action apostolique dans les communautés ecclésiales de base que je sentis la nécessité d’un don plus total au Seigneur dans la vie religieuse ».

Kawas fit son noviciat à Ciudad Guzman, au Mexique, de 1987 à 1989. Après avoir prononcé ses premiers vœux, il entreprit la première étape des études dans la Compagnie à Mexico. Il obtint une maîtrise en sociologie de l’université Iberoamericana à l’été 1991. Il portait déjà le désir d’appliquer ses connaissances à l’étude de l’histoire de l’Église en Haïti et des mouvements sociaux qui ont marqué l’évolution de la société haïtienne. Il obtint des autorités de la Province du Canada français d’aller poursuivre ses études en France. Il y résida de 1991 à 1995. Après avoir complété un second cycle en théologie à l’Institut Catholique de Paris, il s’inscrivit à la Faculté de Sciences Sociales et Économiques du même institut au niveau des études doctorales. Il rédigea la thèse après son retour en Haïti et il la défendit en juillet 1998. Elle portait sur le sujet suivant : « La crise des relations Église-État (1980-1986) ». Il publiera, par la suite, plusieurs études qui s’inscriront dans la continuité de cette première recherche.

À son retour en Haïti, en 1995, et jusqu’à son décès, Kawas François a eu des activités multiples tout en étant un chercheur passionné et un écrivain prolifique. En effet, Il a été notamment professeur de sociologie à la Faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti (UEH) et de l’histoire de l’Église d’Haïti au Centre inter-Institut de Formation Religieuse(CIFOR). Il trouvait du temps pour l’accompagnement spirituel et pour collaborer avec plusieurs diocèses et congrégations religieuse dans l’animation de retraites, de plans apostoliques, de chapitres, etc. C’était un travailleur infatigable qui avait toujours un programme, un projet développement à implémenter. Au moment de sa mort, il dirigeait le Centre de Recherche, de Réflexion, de Formation et d’Action sociale (CERFAS) dont il était le fondateur.

Kawas fut délégué du Provincial pour les œuvres apostoliques en Haïti pendant de nombreuses années. Il a ainsi accompagné l’implantation de Foi et Joie en Haïti ainsi qu’à la consolidation du Service jésuite aux migrants (SJM), surtout au niveau des conseils d’administration. Il était aussi consulteur du Territoire jésuite d’Haïti depuis 2002 jusqu’à sa mort. Il coordonnait également le projet jésuite de construction de logements pour les victimes du tremblement de terre de 2020 dans le sud d’Haïti. Le jour de son AVC, il avait eu une rencontre pendant toute la matinée pour finaliser un rapport sur ce projet de logement.

Dans son message aux confrères et à la Compagnie, Mgr. Yves-Marie Péan, évêque du diocèse des Gonaïves, ami d’enfance du père Kawas, s’est exprimé ainsi : « Père Kawas s’est révélé depuis toujours un homme gai, joyeux, décidé, travailleur, serviable, aimant Dieu, L’Église et l’homme Haïtien. Il a grandement contribué à faire avancer bien des projets tant pour l’Église d’Haïti que pour son pays. Il peut partir en paix. Il a réussi à épuiser ses énergies intellectuelles, spirituelles et physiques au service du Seigneur et de son peuple. Nous sommes fiers de lui. » Il laisse dans le deuil ses sœurs Françoise et Agathe, ses frères Vivandieu, Appolon et Kawol ainsi que plusieurs neveux et nièces.

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