In Memoriam

Le père Louis-Joseph Goulet est décédé à Richelieu des suites de son grand âge, dans l’après-midi du 13 décembre 2021. Il recevait des soins à l’infirmerie depuis 2017. Au cours des années, il en était arrivé à ne plus pouvoir communiquer verbalement avec son entourage.

Louis-Joseph est né le 16 septembre 1929, à Québec. Après avoir fait ses études secondaires et collégiales au Collège Saint-Charles-Garnier de Québec, il entra au noviciat le 14 août 1949. Son frère aîné, Réginald, l’avait précédé de huit ans dans la Compagnie de Jésus. Après avoir prononcé ses premiers vœux, il suivit la formation régulière de l’époque (deux ans de lettres et deux ans de philosophie), puis il fut envoyé en Haïti, en 1955, pour y faire sa régence. Il enseigna, durant trois ans, la philosophie au Grand Séminaire interdiocésain de Port-au-Prince, qui avait été confié aux Jésuites du Canada français en 1953, à la demande du Saint-Siège. Il revint à Montréal en 1958 pour étudier la théologie, au Collège de l’Immaculée-Conception, et il fut ordonné prêtre en 1961 par le Cardinal Paul-Émile Léger. Après son troisième an, il retourna en Haïti pour reprendre l’enseignement au Grand Séminaire, en septembre 1963. Il en avait exprimé lui-même le désir au supérieur provincial. Le 12 février 1964, le président du pays mettait brutalement fin à la présence des Jésuites en Haïti, en expulsant les dix-huit qui y travaillaient.

Revenu au Canada et en attente d’une nouvelle affectation, Louis-Joseph se consacra à la prédication missionnaire dominicale dans des paroisses des diocèses du Québec. Mais, en août 1964, suite à la mort tragique de trois jésuites du Bureau des Missions, dans un accident de la route, il se vit confier la responsabilité de la publication du magazine missionnaire, Le Brigand. Il occupa le poste de rédacteur, puis de directeur de ce magazine durant près de 50 ans. Au début des années `80, on lui confia en plus la direction du Bureau des Missions. Il remplit cette fonction avec un grand dévouement jusqu’en novembre 2012.

Le Père Goulet, comme directeur du Bureau des missions jésuites, a eu le souci de garder le contact avec une cinquantaine de compagnons, originaires de la Province du Canada français et d’autres, qui étaient missionnaires dans près de quinze pays du monde. Au moment de l’exode massif de refugiés venant du Vietnam, du Cambodge, auxquels se sont bientôt ajoutés des Éthiopiens, des Rwandais, des Bosniaques et des Afghans, il s’est impliqué dans le parrainage et l’accueil de familles et de personnes seules dans un programme reconnu par le gouvernement fédéral. Ce sont plusieurs milliers de réfugiés qui ont été parrainés, dont un très grand nombre d’entre eux sont maintenant citoyens canadiens. Dans les fonctions qui lui avaient été confiées par la Compagnie et comme membre d’un organisme de coopération à l’étranger, fondé par un jésuite de la Province du Canada français, le CECI, Louis-Joseph a eu l’occasion de visiter plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et de l’Amérique du Sud.

À l’occasion de son jubilé de vie dans la Compagnie, en 1999, le Père Kolvenbach, qui était alors le supérieur général, lui avait écrit : « Si on peut vous remercier pour l’intérêt que vous avez porté aux missions, il faut aussi souligner l’attention que vous avez suscitée et entretenue chez vos lecteurs, jésuites et non-jésuites, pour nos compagnons missionnaires dans bien des pays du monde » À ce témoignage, on peut ajouter celui que lui avait rendu le provincial, lors de ses soixante ans de vie religieuse, en 2009, en soulignant que Louis-Joseph avait accompli comme directeur du Bureau des Missions ce à quoi nous invitait la 35e CG qui avait eu lieu l’année précédente : « Dans un monde déchiré par la violence, les conflits et les divisions, nous sommes appelés avec d’autres à devenir instruments de Dieu… et à bâtir un monde nouveau où les relations soient justes » (décret 3, n. 16).

En plus de son frère jésuite, Réginald, qui est décédé en 2008, Louis-Joseph avait une sœur religieuse, Léonie, Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique, décédée l’année dernière. Il laisse aussi plusieurs parents et amis et beaucoup de personnes qui lui sont reconnaissantes pour les avoir aidées à s’établir au Canada. Le service funèbre a été célébré à 14 heures, le 29 décembre, à l’église Notre-Dame-des-Neiges de Montréal. L’eucharistie fut présidée par Pierre Bélanger, qui prononça aussi l’homélie.

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