In Memoriam

Le frère Rémi Laforest est décédé à l’infirmerie de la Résidence Jean-de-Brébeuf, à Richelieu, dans l’après-midi du 9 novembre 2021, des suites du diabète dont il souffrait depuis longtemps et de problèmes cardiaques. Il était âgé de 93 ans et il comptait 75 ans de vie religieuse.

Né à Montréal, le 27 avril 1928, il était le sixième d’une famille de treize enfants. Il avait poursuivi ses études jusqu’à la neuvième année, qui marquait alors la fin du cours primaire au Québec. Il se considérait lui-même plus doué pour le travail manuel que pour de longues études. À 17 ans, il commença le postulat en vue de devenir frère jésuite. Et, après avoir prononcé ses premiers vœux, le 2 février 1948, il fut, durant deux ans, l’adjoint du directeur de la ferme que possédaient les jésuites, à l’extrême est de l’île de Montréal. Comme il ne se sentait pas appelé à devenir fermier, les supérieurs l’autorisèrent à étudier l’ébénisterie dans une école spécialisée. De 1958 à 1961, il enseigna les métiers du bois à des candidats à la Compagnie qui se destinaient à devenir frères, à l’école apostolique, qu’on avait mise sur pied en 1955. Rémi, cependant, portait depuis longtemps le désir d’être missionnaire et il en avait exprimé le souhait, à plusieurs reprises, depuis le début des années ’50.

Enfin, en avril 1964, il reçut une lettre du supérieur provincial, le P. Jean-d’Auteuil Richard, dans laquelle il apprenait qu’il était affecté à l’Éthiopie et que, avant de partir, il disposerait de quelques mois pour perfectionner sa connaissance de l’anglais : ce qui lui serait bien utile pour y enseigner la menuiserie à l’École Tafari-Makonnen, qui avait été confiée à la Compagnie, par l’empereur Haïlé Sélassié lui-même, en 1945. Rémi quitta à regret l’Éthiopie en 1975, après y avoir donné le meilleur de lui-même durant onze ans, parce que, suite à un coup d’état, on avait brusquement mis fin au contrat des Jésuites avec le gouvernement. Dans la lettre que le Père Kolvenbach, le supérieur général lui avait écrite en 1995, à l’occasion de ses cinquante de vie dans la Compagnie, il lui disait : « beaucoup d’Éthiopiens doivent encore apprécier aujourd’hui d’avoir appris à travailler sous votre direction ».

Mais la vocation missionnaire de Rémi ne se termina pas avec son retour d’Éthiopie. Après avoir rempli diverses tâches dans plusieurs maisons et œuvres de la Compagnie, à Montréal, durant plus de quinze ans (au Collège Brébeuf, au noviciat situé sur la rue Sherbrooke, à la paroisse de l’Immaculée-Conception et à l’église du Gesù), on sollicita ses services en Haïti, en 1991 pour superviser les travaux de transformation de la résidence du Canapé-Vert et il demeura sur place jusqu’en 1994. Il y fit encore quelques séjours, de 1999 à 2001, quand on décida d’y avoir un noviciat parce que le nombre de candidats pour la Compagnie ne cessait d’augmenter.

En 2011, il demanda à aller vivre à Richelieu pour se mettre au service de ses compagnons malades et aider le supérieur. À partir de 2014, en raison de ses problèmes de santé, il accepta d’avoir sa chambre à l’étage des malades, tout en continuant à garder son autonomie jusqu’à ce que ses forces le trahissent et qu’il ait à se déplacer en fauteuil roulant, avec l’aide du personnel soignant. Rémi aimait beaucoup la lecture et il appréciait des ouvrages qui portaient sur des saints jésuites et sur l’histoire de la Compagnie.

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