In Memoriam

Le père Claude Souffrant est décédé au Colombière Center (à Clarkson, au Michigan), l’infirmerie de la Province du Midwest des États-Unis (UMI), très tôt le 26 janvier 2022. C’est là qu’il recevait des soins depuis 2018, après avoir dû quitter Haïti. Il avait contracté une pneumonie une semaine auparavant.

Claude est né le 6 mai 1933, à Port-au-Prince (Haïti). Après avoir fait ses études secondaires et collégiales au Collège Saint-Martial, puis au Lycée Pétion, il entra au Grand Séminaire de Port-au Prince en 1954. Au terme de sa formation en philosophie et théologie, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1959. Après avoir exercé le ministère sacerdotal dans des paroisse de la campagne, de 1959 à 1965, il fut admis au noviciat de la Compagnie de Jésus à la fin de janvier 1965; en vertu d’une entente entre les évêques d’Haïti et les congrégations religieuses présentes dans le pays, un séminariste ne pouvait être admis dans l’une d’entre elles avant d’avoir donné cinq années de service à son diocèse, après son ordination.

Claude fit son noviciat à Saint-Jérôme. Après avoir prononcé ses premiers vœux, il compléta ses études de philosophie au Collège de L’Immaculée-conception de Montréal, puis à Trois-Rivières (de 1966 à1968). Avec l’appui du provincial, Claude Claude étudiera deux ans à Paris (de 1968 à 1970), sous l’égide du centre social des jésuites français afin d’approfondir ses connaissances en sciences sociales. Le provincial le voyait jouer un rôle auprès des intellectuels et des universitaires haïtiens tout en se dévouant auprès des gens pauvres pour les aider à améliorer leurs conditions de vie. À Paris il complètera les exigences de l’École pratique des Hautes études en vue de l’obtention d’un diplôme en ethnosociologie.

Il enseignera une année au Sénégal, à Ziguinchor, où la province du Canada français avait accepté de prendre en charge, durant cinq ans, une école secondaire catholique. Par la suite, de 1972 à 1986, il consacrera ses énergies à aider des émigrants haïtiens de la région de Chicago à s’insérer sur le marché du travail. Enfin, en 1986, il retournera en Haïti pour y accomplir l’œuvre à laquelle il avait rêvé depuis longtemps.

De retour en Haïti, le père Souffrant a d’abord assumé un poste de professeur de sociologie à l’Université d’État d’Haïti (UEH), qu’il a occupé pendant plus de trente ans. Parallèlement à son engagement institutionnel au sein de l’UEH, il s’est consacré à l’accompagnement des étudiants en rédaction de mémoire et la formation continue des enseignants (formation des maîtres) à partir du Centre de Sociologie Antonio Poulain qu’il a mis sur pied en 1990. Plus tard, ce centre allait se transformer en École Saint-Ignace pour les enseignants dans le quartier de Noailles, à la Croix-des-Bouquets, dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

À l’occasion de ses 50 ans de vie dans la Compagnie, en 2015, le père Adolfo Nicolás, le Supérieur général d’alors, lui avait écrit : «… depuis que vous êtes rentré en Haïti, en 1986, vous avez consacré vos énergies à la formation des maîtres et à l’éducation des enfants de familles démunies et vous avez choisi de vivre au milieu des pauvres». En effet, le père Claude Souffrant ne s’était pas seulement consacré à l’éducation supérieure, il a aussi enseigné la philosophie au niveau secondaire, notamment au Collège Canado-haïtien de 1995 à 2001. Et en 2003, il ouvra la section secondaire de l’École Saint-Ignace pour les enseignants qui devient après, le Collège Saint-Ignace dans le même quartier de Noailles. Dans sa lettre au Supérieur provincial pour l’annoncer la transformation du Centre Antonio Poulin en École Saint-Ignace, le père Souffrant écrivait : «Aucun pays ne se développe au point de réduire la pauvreté sans un bon système d’éducation qui produise des ingénieurs, des agronomes techniquement compétents et socialement engagés. C’est dans cette ferme conviction que nous combattons pour les pauvres dans le champ éducatif».

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