Turgeon, Jean ( Père )

octobre 7, 2025

Le père Jean Turgeon est décédé dans la nuit du mardi 7 octobre 2025 à la Résidence Notre-Dame de Richelieu, où il demeurait depuis 2017. Il avait 89 ans. Il était atteint de perte de mémoire depuis plusieurs années. La surdité l’avait peu à peu coupé d’un contact verbal avec son entourage dans les dernières années de sa vie.

Jean est né le 8 mai 1936, à Montréal. Son père et sa mère étaient tous les deux pharmaciens Il avait un frère et une soeur, plus âgés que lui, qui sont décédés bien avant lui. Après avoir achevé ses études secondaires et collégiales au Collège Jean-de-Brébeuf, il était entré au noviciat de la Compagnie de Jésus le 14 août 1956. Il prononça ses premiers voeux en 1958. Il fit d’abord une année d’études en lettres, avant d’entreprendre le cursus de la licence en philosophie aux Facultés jésuites à Montréal. Au lieu d’entrer en régence après la première étape de la formation, il entreprit des études en mathématiques qu’il poursuivit jusqu’au doctorat, et qu’il obtint en 1968 de l’Université de Toronto. Durant ses années d’études à Toronto (de 1962 à 1968), il se lia d’amitié avec plusieurs compagnons de la province du Canada anglais, parmi lesquels il y avait Daniel Byrne et Jacques Monet avec lesquels il correspondit durant de longues années. Il commença sa carrière au département des mathématiques à l’Université de Montréal, en 1969, et il continua à y donner des cours, même après avoir reçu le titre de professeur honoraire en 2004.

Jean s’inscrivit à la Faculté théologie de l’Université de Montréal en 1968, L’année suivante, il donnait ses premiers cours de mathématiques à la même université. Il obtint la permission de poursuivre ses études de théologie en privé, sous la direction d’un tuteur. Il a été ordonné prêtre le 8 mai 1971, en même temps que Bernard Bélair, à l’église Saint-Germain d’Outremont. Il prononça ses derniers voeux en 1978.

Jean avait conçu son engagement dans le domaine des mathématiques comme une mission. Durant toutes ses années de professorat, il a tenu à enseigner au premier cycle ; et il a continué à le faire durant plusieurs années, même après avoir pris sa retraite de l’Université, à titre de chargé de cours. Il aimait échanger avec ses étudiants sur des questions qui étaient l’objet de ses recherches, comme la manière dont on a établi le calendrier, à travers diverses civilisations. Il a été l’un des initiateurs du concours annuel de mathématiques destiné aux élèves du cours secondaire du Québec. Il a été deux fois en Chine pour y donner des cours d’été. Après sa retraite de l’enseignement des mathématiques, il a donné des cours à quelques reprises, au Le Moyne College de Syracuse, dans l’état de New York, dans lesquels il abordait avec les étudiants des sujets en dehors de leur domaine d’études spécifiques.

C’est après y avoir longuement réfléchi et avoir consulté plusieurs jésuites qui étaient engagés dans le domaine scientifique que Jean avait sollicité la permission de poursuivre des études en mathématiques après la philosophie. Dans le journal spirituel qu’il avait commencé à rédiger dès la fin de ses études collégiales, il notait, au début de septembre 1961, au moment où il entamait, au Loyola College, une première année d’études, préparatoire à son admission à l’Université de Toronto : « Il me semble que si Dieu nous fait sentir clairement le besoin de prêtres scientifiques, il nous donne aussi le moyen d’en susciter… Pour ma part, je me lance dans la carrière de jésuite mathématicien avec le sentiment que Dieu m’y appelle… « Allez, enseignez toutes les nations ! » Cette parole comprend implicitement l’exigence d’apprendre les langues de toutes les nations… Pour me faire comprendre des mathématiciens, moi qui serai l’un des leurs, je parlerai leur langue. »

En août 2006, alors qu’il allait célébrer ses cinquante de vie dans la Compagnie, le père général Kolvenbach lui adressait les mots suivants : « Depuis plus de trente-cinq ans, vous êtes professeur de mathématiques… Tout en assumant ces occupations exigeantes qui demandent de la concentration, vous n’avez pas négligé le travail d’ordre spirituel, les Exercices dans la vie courante… Avec l’encouragement des supérieurs, vous avez maintenu depuis plusieurs années votre intérêt pour le travail jésuite en faveur de la Chine, une des préférences apostoliques de la Compagnie ».

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