4. L’histoire de la jeune fille douce qui était pleine de Dieu

4. L’histoire de la jeune fille douce qui était pleine de Dieu

C’est une belle histoire que je vais vous raconter. Celle d’une jeune fille douce, tellement douce et pure, qu’elle était pleine de Dieu, pleine à déborder. Et, un jour,  Dieu déborda de Miriâm.

Miriâm,  née de Hanna, aimait  repasser dans son coeur l’histoire de l’autre  Hanna, celle des  ancêtres lointains, qui avait mis au monde un fils nommé Shemouél, et qui l’avait remis au Temple pour y consacrer toute sa vie. Or sa mère à elle, la nouvelle Hanna, avait fait le même voeu, espérant que le dernier de ses nombreux enfantements lui procurerait un fils qu’elle irait consacrer à la louange de Dieu. Mais, elle eut une fille, Miriâm! Que pensez-vous qu’elle fit? Elle ne renonça pas à son projet.  Elle vint au Temple, à  Ieroushalaîm,  quand Miriâm eut cinq ans. Elle l’offrit à Dieu, ainsi qu’au prêtre, pour vivre dans la grande Maison de prière. Monsieur le Desservant du temps fut fort  embêté. Il se recueillit et pria longuement sur l’enfant, se demandant ce qu’il pourrait bien dire à la maman Hanna. Et ce qu’il trouva, il le dit avec toute la conviction de son coeur: “Gardez votre enfant chez vous, Madame. Enseignez-lui prestement les Écritures de nos Pères. Elle vivra sa consécration dans le monde, et Dieu la bénira”. C’est ainsi que la  famille s’en retourna à Nasèrèt, au pays de Galil,  avec la fillette qui croissait en charme et en grâce devant Dieu et devant les gens du bourg.

Miriâm ne pouvait aller à l’école du Rabbin, comme les garçons de la communauté. Hanna et Yehoakhîm,  son époux, se chargèrent avec grand soin de son éducation. À cinq ans, puis à dix ans,  comme les petits juifs de son temps, elle apprit l’histoire de son peuple, puis elle mémorisa le “code de sainteté” de la Mishné Tora. Et elle crût  toujours en amour avec son Dieu Adonaï dont on lui parlait avec tant de tendresse. Elle trouvait beaucoup de ferveur à lui redire: “Monseigneur, je serai toujours ta servante. Je ne peux te servir au Temple comme Shemuél, mais je le ferai dans mon coeur, portant en moi la belle histoire d’amour d’Israël, ton privilégié parmi les peuples. De tout mon corps et de tout mon coeur, je serai ta servante”. Et cette prière plut à Dieu qui l’accueillit avec un grand épanchement d’amour vers cette petite vierge de la lointaine terre. C’est ainsi que Miriâm connut un destin  unique dans l’histoire du salut de son peuple.

À l’âge de 15 ans – l’âge où le jeune juif se plonge dans l’étude du Talmud avec toutes ses traditions et interprétations -, Miriâm reçut une visite du Ciel. Sa vie intérieure, toujours attentive à écouter la Voix,   fut soudainement secouée comme par un grand vent,  puis remplie d’une  lumière douce qui l’étonna beaucoup…

Miriâm n’avait jamais eu la prétention, que d’autres jeunes juives  pouvaient nourrir, de donner la vie au Messie d’Israël. On en parlait dans les cuisines des bourgs et des cités; surtout les mamans devisaient entre elles sur le sujet,  tournant de grands yeux ronds vers leurs filles – car elles voyaient bien que leur tour, à elles, était passé. Probablement que, au coeur de la Ville Sainte, les jeunes filles pouvaient davantage espérer… surtout si elles trouvaient un bon parti, comme celui d’un Maître de la Loi, d’un Desservant du Temple, ou, qui sait, d’un Prophète beau parleur qui  se présenterait avec éclat. Ça ne coûte pas cher rêver! Miriâm, elle, acceptant de ne pas donner la vie, avait consacré le tout de sa personne et de sa vie au Seigneur, car elle était vivement en amour avec Lui. Le commandement  de la Mishné chantait sans cesse en son coeur:

Entends, IsraëlAdonaï notre Elohîm est le seul Yahvé,
et tu aimeras Adonaï, ton Elohîm, de tout ton coeur,
de tout ton être, de toute ton intensité.

Et elle vivait heureuse de ce choix qui la comblait. C’est en chantant des hymnes de louange, qu’elle allait puiser l’eau à l’unique source du village (qu’on appelle aujourd’hui “la fontaine de la vierge”). Elle saluait les gens qui la trouvaient  toujours aimable, enjouée. Bien des garçons portaient les yeux sur elle: elle ferait une si bonne compagne! Mais la plupart ignorait son grand secret.

Son grand secret, elle l’avait partagé à un voisin qui s’appelait Iehosseph, le charpentier du village. Il avait le double de son âge, était toujours calme et réfléchi. La mère de Miriâm  était une bonne compagne de  la mère de Iehosseph; elle avait appris d’elle que son grand fils refusait de se  marier parce qu il aimait trop Dieu et travaillait en ne pensant qu’à Lui. Mise au courant par sa propre maman, la petite Miriâm trouva l’idée ingénieuse et  alla s’ouvrir à Iehosseph de son projet de virginité pour honorer le Dieu de son peuple. Elle était si heureuse de consulter, sur le sujet,  un homme qui paraissait doué d’une sagesse surnaturelle. Mais quelle ne fut pas sa surprise quand  Iehosseph, après l’avoir entendue,  lui proposa le mariage! “C’est une femme de Dieu, comme toi, que j’attendais dans le secret de mon coeur”. Miriâm demeura perplexe,  puis pensa  qu’une telle idée ne pouvait venir que de Dieu – de son Elohîm toujours attentif à la bien conduire. Après en avoir parlé à ses parents, Miriâm accepta la proposition de Iehosseph: ils mettraient en commun leur projet de vie consacrée au Très-Haut, afin de le vivre davantage à deux, dans l’obscur travail  de tous les jours, ainsi que dans  la prière et   la méditation des Écritures – ce que les deux affectionnaient par-dessus tout. Il y avait un avantage secondaire qui n’était pas négligeable pour Miriâm: les jeunes du village cesseraient  de tourner autour d’elle et de lui faire de l’oeil. Les parents des deux fiancés se mirent d’accord, on fêterait la noce dans un an.

C’est durant cette année de fiançailles que Miriâm connut son aventure divine, la visite inopinée du Ciel qui venait lui faire une grande proposition. À plusieurs reprises elle avait  vu, dans le Livre sacré,  comment des Messagers du Ciel survenaient à certains  moments, précis et précieux, pour appeler à une vocation spéciale, à un service particulier. Or,  un soir de profond recueillement silencieux, survint cette  secousse lumineuse qui envahit sa chambre et son coeur. Tout se fit en douceur, mais Miriâm fut troublée, il se passait quelque chose qui la dépassait. Le Messager, plein de l’onction de l’Esprit, lui dit: “Ne t’en fais pas Miriâm, tu as toujours été pleine de Dieu, et maintenant tu vas mettre au monde un fils, il s’appellera Bèn ‘Éliôn, fils du Suprême”.

La petite Miriâm fut très surprise à la pensée qu’elle allait mettre un fils au monde alors qu’elle avait consacré sa virginité au Ciel. “Mais ce n’est pas possible, dit-elle au Messager, je suis  vierge consacrée au Seigneur”. “ Je sais, lui répond l’Envoyé de l’Elohîm, mais à Dieu tout est  possible. Le Souffle sacré viendra sur toi, la puissance du Suprême te couvrira de son ombre. Aussi, celui qui naîtra de toi, sacré lui-même, sera appelé Bèn Elohîm”. Vous imaginez la tête de la jeune  Miriâm! Être mère de par Dieu, et mettre au monde le sauveur de son peuple. Elle comprenait de moins en moins. Cependant,  les yeux clos, doucement, et toute rentrée en elle-même face au mystère qui se profilait sur sa vie,  elle dit humblement, sans   hésiter: “Je suis la servante de notre Elohîm. Qu’il en soit pour moi selon ta parole.” Après un long  recueillement profond, perdue en Dieu, Miriâm ouvrit les yeux. Le Messager s’en était allé. Elle répéta sa prière de tous les jours:“Monseigneur… de tout mon corps et de tout mon coeur, je serai toujours ta servante”. Et cette prière plut au Seigneur qui l’accueillit avec un grand épanchement d’amour vers cette petite vierge de la lointaine terre…

C’est ainsi que Miriâm connut un destin  unique dans l’histoire du salut de son peuple. À 15 ans, elle était enceinte secrètement du Souffle de Dieu et accueillait en elle le Messie: celui qu’elle nommerait Iéshoua parce “sauveur de son peuple”. Et neuf mois plus tard, alors qu’elle avait à peine accompli ses 16 ans, elle mit au monde son bébé  lors d’un voyage pénible au pays de ses origines, à Béit-Lèhèm de Iehouda. Son époux Iehosseph l’accompagnait et prenait grand soin d’elle et de l’enfant. Mais cela est une autre histoire que vous raconterai peut-être un jour…  si vous êtes sages!

Lectures

Bible – 1 Samuel chapitres 1 et 2; Judith chapitre 13 (vv. 18 ss.).
– Luc chapitres 1 et 2.