Histoires

Le Jesuit Forum for Social Faith and Justice est peut-être constitué d’une petite équipe, mais son impact est grand, car il cherche à faire participer des personnes de tous horizons et de toutes traditions spirituelles à certaines des préoccupations les plus importantes de notre époque.

« Le Forum est vraiment un moyen de donner aux gens un espace, en petits groupes, pour parler des préoccupations sociales et écologiques », déclare Trevor Scott, SJ.

« Notre espoir est de favoriser l’amitié, la transformation et une compréhension plus profonde du monde dans lequel nous vivons,» note Victoria Blanco.

Le Forum organise des webinaires, édite une publication trimestrielle, Open Space, publie des guides de dialogue et facilite les conversations en petits groupes.

Mark Hathaway, Executive Director, Victoria Blanco Salcedo, Program Manager, et Trevor Scott, Networking Coordinator et Assistant for Ignatian Identity and Mission, parlent ici de la mission du Jesuit Forum et de leur nouveau guide, « À l’écoute des voix autochtones », qui sera publié par Novalis en anglais et en français en mai de cette année.

« À l’écoute des voix autochtones » : un nouveau guide de dialogue

« Il s’agit en fait d’écouter les voix autochtones et de comprendre à la fois les visions du monde autochtones, mais aussi l’histoire et l’héritage de la colonisation », selon Mark. Le nouveau guide s’appuie sur l’expérience de l’Exercice des couvertures KAIROS, qui donne en deux heures une introduction à l’expérience historique de la dépossession vécue par les peuples autochtones du Québec et du Canada, ainsi qu’à ses conséquences aujourd’hui. Le guide cherche à passer à l’étape suivante : « Il s’agit d’engager les gens dans un dialogue plus profond et de chercher des moyens significatifs de travailler pour des relations justes et la justice », souligne le directeur du Jesuit Forum.

Murray Sinclair, président de la Commission Vérité et Réconciliation, nous rappelle que nous faisons tous partie d’un héritage et d’une expérience du colonialisme et que nous devons « nous interroger sur ce qui nous a été enseigné et explorer les possibilités par rapport à la manière dont les choses devraient être à l’avenir ».

C’est le but du guide « À l’écoute des voix autochtones », qui offre des pistes importantes pour réaliser cet essentiel travail de décolonisation. C’est un premier pas, notamment pour ceux qui ne savent pas par où commencer.

Le guide propose 11 sessions d’environ 2 heures sur divers sujets, comme les visions du monde des Autochtones, leurs territoires et langues, les pensionnats autochtones et le défi de rétablir les relations et de créer une société postcoloniale.

« Nous espérons que ce guide pourra créer des espaces où nous pourrons nous repenser et nous réimaginer en relation les uns avec les autres en partageant la Terre Mère », explique Victoria.

Le guide a été créé avec l’aide d’un groupe consultatif et éditorial composé de personnes autochtones et non autochtones. Les éditeurs ont fait des recherches pour trouver des textes et des pièces artistiques d’auteurs et artistes autochtones de toute l’Île de la Tortue, qui ont été réutilisés avec leur permission dans le guide. « Je suis très reconnaissant de la générosité des personnes, particulièrement des personnes autochtones, qui ont partagé leurs dons de cette façon et qui ont aidé à produire ce guide », note Mark.

Pourquoi faire ce guide?

« Nous devons tous prendre nos responsabilités. En tant qu’alliés, nous devons trouver des moyens d’éduquer nous aussi les non-Autochtones sur cette histoire et ces problèmes liés à la colonisation. Nous ne prétendons certainement pas être des experts sur ces questions, mais nous ressentons une obligation morale de faire ce que nous pouvons pour être à la hauteur de nos responsabilités à propos de l’héritage toujours présent de ces injustices », souligne Mark,

« Revenons à toute cette idée de métanoïa, ou de conversion : je pense qu’en fin de compte, la décolonisation doit certainement se produire au niveau des structures, des politiques et des gouvernements, mais cela doit aussi se produire à l’intérieur de chacun d’entre nous. »

Des guides pour tous

En plus de À l’écoute des voix autochtones, le Forum a publié d’autres guides de dialogue, notamment Des limites… pour bien vivre! et Sur la sauvegarde de la maison commune. Ces guides peuvent être utilisés dans de nombreux contextes, avec des groupes d’adultes et d’élèves du secondaire, qui souhaitent participer à un processus d’apprentissage, de discussion et d’engagement.

Victoria note : « Notre travail aborde la justice à travers une lentille intersectionnelle. Comme l’a fait remarquer le pape François, “nous ne pouvons pas prétendre guérir notre relation avec la nature et l’environnement sans guérir toutes les relations humaines fondamentales”. Nous voulons intégrer les questions de justice dans nos conversations afin d’entendre à la fois le cri de la terre et le cri des pauvres. »

« Vous n’avez pas besoin d’être un spécialiste pour utiliser les guides », selon Mark. « Il s’agit de trousses autonomes et je pense qu’ils fonctionnent plutôt bien de cette façon. Mais nous sommes également conscients que les gens ne se sentent pas toujours en confiance, et nous sommes en train de préparer une formation en ligne pour apporter un soutien aux personnes qui veulent animer ces dialogues. »

Les guides peuvent être utilisés dans les écoles ou des œuvres, mais aussi dans des communautés catholiques, souligne Trevor. « Ils peuvent être un moyen de grandir dans la prière en explorant des questions d’intérêt social. Ils peuvent aussi être du matériel pour des retraites, par exemple, où les gens essaient de grandir dans leur relation avec Dieu et d’approfondir leur prière.

Mais il est difficile de faire cela dans le vide : comment pouvons-nous avoir des relations avec Dieu dans le vide? Nous grandissons dans notre relation avec Dieu, nous approfondissons notre prière à travers la société qui nous entoure, à travers notre relation avec l’écologie.

Je pense que c’est l’une des belles choses de la spiritualité ignatienne, c’est qu’elle met vraiment l’accent sur le fait que Dieu est présent tout autour de nous, pas seulement dans la messe le dimanche. »

Qu’est-ce que le travail du Jesuit Forum?

L’objectif du Jesuit Forum est d’ouvrir des espaces de discussion et de faciliter les échanges.

« Si vous voulez mobiliser les gens autour de questions de justice sociale et écologique, il faut changer leurs cœurs, il ne s’agit pas seulement de présenter des faits ou de convaincre les gens que la crise écologique est réelle. C’est plus qu’un simple processus intellectuel, c’est aussi un changement de mentalité », explique Mark.

Victoria note qu’en fin de compte, le Forum vise à trouver des moyens de « bien vivre » – ce que recherchent traditionnellement de nombreux peuples autochtones et que l’on retrouve également dans l’idée de rechercher le bien commun. « Pour bien vivre, il faut travailler, à la fois apprendre et désapprendre, mais si nous commençons par prendre le temps d’écouter et de nous ouvrir au changement, nous pouvons créer un monde basé sur l’amour, la réciprocité et les économies du don qui cherchent à restaurer la dignité humaine et à guérir toute la communauté de la Terre. »

 

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