Histoires

Ignatius au Cardoner, Galina Oussatcheva ( Cardoner House, Toronto )

Au cours de l’été 2021, pendant l’année ignatienne, les Jésuites du Canada ont offert à toute la famille ignatienne une retraite de huit jours inspirée de leur spiritualité commune et intitulée Le charisme communautaire ignatien dans un monde en crise.

L’année 2021 marque le 500ème anniversaire de la conversion de Saint Ignace, une date qui revêt une importance particulière pour nous tous, mais surtout pour la Compagnie de Jésus et les Communautés de Vie Chrétienne. C’est pourquoi le Supérieur Général des Jésuites a annoncé une Année Ignatienne qui se tiendra de mai 2021 à juin 2022. Mais l’année 2021 marque aussi le 400e anniversaire de l’Institutum de Mary Ward, le premier plan complet de ce qui allait devenir les communautés IBVM-CJ ; le 170e anniversaire de la première arrivée des Sœurs de Saint-Joseph au Canada ; et le 100e anniversaire de la fondation des Sœurs de la Xavière, Missionnaires du Christ Jésus par Claire Monestès. 2020 était également le 200e anniversaire de la fondation des Fidèles Compagnes de Jésus par Marie Madeleine d’Houët. Il nous a semblé important, dans ce contexte, d’inviter tous les membres de la grande famille ignatienne du Canada à célébrer ensemble cette année ignatienne au moyen d’une retraite commune. – Introduction à la retraite Le charisme communautaire ignatien dans un monde en crise

Joe Newman, SJ

En quoi consistait cette retraite ? « Elle était composée de huit « mouvements » qui conduisaient le retraitant à travers la dynamique des Exercices spirituels de saint Ignace », explique le père Joe Newman, SJ. «Un livret de retraite à télécharger était à la disposition de tous, avec la structure de chaque journée et de chaque période de prière : prière préparatoire ; composition du lieu ; la grâce recherchée ; les passages de l’Écriture ; un dialogue ou un colloque ; la conclusion et la relecture. »

«J’ai été reconnaissante de l’occasion qui m’a été donnée de participer à cette retraite. J’apprécie toute la collaboration et le travail qui ont été faits pour préparer le livret, l’ouverture et la clôture. » – Sœur Ann McGill, FCJ – Toronto

Selon les témoignages de multiples retraitants, l’ouverture à toute la famille ignatienne a été un cadeau. De plus, la retraite a porté de nombreux fruits conduisant à un engagement renouvelé dans notre mission commune.

Une famille ignatienne

Les participants ont apprécié la réflexion sur le charisme des communautés et la spiritualité ignatienne commune. En effet, comme l’explique Sœur Joanna Walsh, FCJ – Edmonton :

« L’introduction à la retraite incluait la réflexion que la communauté ignatienne « s’enracine dans une expérience d' »amitié dans le Seigneur » qui favorise la construction d’un corps apostolique qui va partager… » »

Elle ajoute ensuite : « Au cours de la retraite, j’ai trouvé que la lecture des documents et des expériences de divers fondateurs et fondatrices m’a permis de mieux comprendre ce que nous partageons en raison de nos racines ignatiennes, et donc à quel point « l’effet multiplicateur » se produit réellement à travers le Canada, alors que des hommes et des femmes, clercs, religieux et laïcs, vivent cette spiritualité. Pour moi, ces citations ont contribué à compléter certains aspects des divers Mystères à méditer pendant la retraite. »

Sr Ann Marie Walsh, FCJ, ajoute : « C’était tellement enrichissant de réfléchir aux différents charismes et de voir l’enracinement commun dans la spiritualité ignatienne. J’ai reconnu l’incarnation des deux Étendards… avec le Christ qui rassemble des personnes et les envoie partager la Bonne Nouvelle. La section Ensemble dans la mission du Christ avait le même sens du rassemblement et de l’envoi.  Dans nos propres documents de la FCJ, nous sommes appelées et envoyées pour « nous engager dans tout travail qui contribue au salut des âmes et de la manière qui semble la plus propice au service et à la gloire de Dieu et au bien du prochain ». »

Étant particulièrement interpellée par le thème du charisme communautaire, Andrée Richard, présidente de la CVX, attendait cette retraite avec joie. « Les circonstances de ma vie favorisant une relation intime et précieuse avec le Seigneur ont cependant été plus lentes à se dessiner communautairement.

Les lectures choisies dans cette retraite ont favorisé ma compréhension du charisme communautaire à un niveau plus profond. Celles-ci m’invitant à passer du « je » au « nous ».

Mon regard et mon senti de la vie communautaire s’en sont trouvé élargis et bénis de grâces profondes. Mon identité fut enrichie par cette expérience guidée par l’Esprit. Me sachant accompagnée par les membres de la grande famille ignatienne du Canada m’a aidé à solidifier mon sentiment d’appartenance à cette communion des saints. La famille, ma communauté CVX, ma paroisse, le travail, etc. aident à me sentir enracinée dans une famille locale, nationale et mondiale, élargissant mon désir de servir. Les besoins ne sont pas ce qui manque et je prie pour que je puisse répondre à l’appel qui m’est adressé. »

Enfin, l’ouverture de la retraite à tous les groupes ignatiens, y compris les groupes féminins, a été appréciée, par exemple par Sr Susan Donohue FCJ -Toronto :

« J’ai apprécié l’inclusion du féminin, également le sens de la famille et de la communauté grâce aux contributions des femmes religieuses. »

Les fruits de la retraite

Marc-André Veselovsky, SJ

Le fait d’être avec d’autres, liés à toute l’humanité et de suivre le Christ semble avoir renouvelé l’engagement des retraitants dans leur mission : la retraite a ainsi porté de grands fruits pour de nombreux participants.

Marc-André Veselovsky, SJ, écrit : « Ma retraite cette année m’a rappelé mon appel au service. Dieu m’aime, et donc je peux aimer les autres. La communauté jésuite est une occasion pour moi de témoigner de l’amour que Dieu nous porte. C’est l’un des fruits de la retraite. J’ai aussi écrit une chanson pour la première fois de ma vie, et je remercie Dieu pour ce cadeau. »

« J’ai été appelée et mise au défi de me reconnaître comme faisant partie de la toile brisée d’un monde en crise, mais je ne suis pas seule. Je suis appelée à accompagner toute l’humanité et toute la création. Jésus est le Sauveur, pas moi ! Nous avons besoin d’une communauté », partage Sr Susan Donohue FCJ -Toronto.

Ce sens du compagnonnage était également important pour Andrée Richard : « L’identité reçue de Dieu, l’appel à suivre le Christ, la réconciliation entre les forces du bien et du mal faisant toujours partie de ma vie, la paix dans les temps gris et surtout, la joie sereine m’habitant tous les jours sont les grâces reçues, renouvelées en ce temps d’intimité avec le Seigneur. Mon sentiment d’appartenance communautaire vécu dans cette union de cœur et d’esprit en communauté dans le Christ me donne beaucoup de joie. C’est en sachant que nous sommes tous et toutes sur la route vers Emmaüs et que notre collaboration contribuera à l’avènement du royaume de Dieu qui me dit…qu’il est bon et agréable d’être ensemble. »

Pour d’autres, lire et prier les Écritures et les textes ignatiens a été une grande consolation pendant la retraite.

« J’ai apprécié le format – en particulier les citations de notre fondatrice. Cela m’a donné une nouvelle appréciation de Marie Madeleine dans le contexte de l’Écriture sur laquelle nous réfléchissions ce jour-là », explique Sœur Lois Anne Bordowitz FCJ – Toronto.

Quant au P. Newman, il souligne que : « Dans mon cas, j’avais demandé un directeur de retraite, qui m’a guidé à travers la dynamique de base de la retraite en tenant compte de mon expérience de la prière. Certains moments de prière m’ont ramené à des images d’une retraite bien antérieure, il y a plus de 40 ans. Mon directeur m’a alors donné des passages à prier, et à répéter, pour me faire avancer dans la voie où Dieu me conduit. Un élément important de la retraite de cette année était l’accent mis sur la communauté : « aimé de Dieu en communion (appartenance) avec les autres », « connaître plus intimement Jésus, qui s’est fait humain pour nous dans une famille humaine »…  À la Villa Saint Martin, douze hommes et femmes, nous faisions partie d’une plus grande communauté, priant ensemble dans trois lieux différents, distants de centaines de kilomètres, unis dans le partage du don de la communauté ignatienne. »

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