Écoutez cette histoire :
Matthew Hendzel ne s’attendait pas à trouver de la joie dans une salle de classe de secondaire ou dans un centre de retraite. Il se voyait plutôt dans le monde académique. Pourtant, c’est précisément dans ces missions imprévues qu’il a découvert des facettes de lui-même insoupçonnées—des dons qu’il ignorait posséder.
Découvrez le passe-temps surprenant qui nourrit sa joie, les pratiques spirituelles qui l’ancrent—et ses conseils à toute personne en discernement d’une vocation jésuite.

Quel est le livre qui a le plus influencé ton cheminement spirituel, et pourquoi ?
Le livre qui m’a le plus influencé, c’est sûrement Les Frères Karamazov de Dostoïevski. Je l’ai lu il y a quelque temps, et les thèmes qu’il explore – le destin face au libre arbitre, la grâce et la rédemption, l’existence de Dieu, la nature de la foi et, surtout, le problème du mal – m’ont profondément marqué.
As-tu un passe-temps ou un talent caché susceptible de surprendre les autres ?
Ce n’est pas vraiment un passe-temps ou un talent, mais je suis les courses de Formule 1 depuis plus de 25 ans. J’ai eu la chance d’assister à plusieurs grands prix au fil des années et d’encourager mon écurie préférée : McLaren.
Dans la vie jésuite, qu’est-ce qui t’a apporté la joie la plus inattendue ?
Sans doute d’avoir été affecté à des missions apostoliques dans lesquelles je n’aurais jamais imaginé me retrouver. Compte tenu de mon parcours universitaire, je m’attendais à travailler dans des établissements d’enseignement supérieur. Mais pour diverses raisons, j’ai été appelé à devenir directeur spirituel dans un centre de retraite pendant quelques années, et plus récemment j’ai été enseignant/aumônier dans l’un de nos collèges. Deux expériences très fructueuses, qui m’ont révélé des compétences et des intérêts que je n’aurais jamais imaginé posséder si j’avais simplement suivi la voie que je m’étais tracée.
Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui discerne sa vocation, que lui dirais-tu ?

Qu’est-ce que tu appréhendais le plus avant d’entrer chez les Jésuites et comment as-tu surmonté cette peur ?
Ma plus grande crainte avant d’entrer chez les Jésuites, c’était d’être séparé de ma famille. Je pensais ne plus jamais les revoir, ou du moins très rarement. Mais pendant ma formation, j’ai découvert que je pouvais leur rendre visite de temps en temps et être à leur côté dans les moments plus importants.
Quelle est la valeur jésuite qui résonne le plus chez toi, toi qui vis dans le monde d’aujourd’hui ?
Il me semble que notre époque est marquée par une polarisation accrue, qui tend à « domestiquer » Dieu, à le contraindre à se trouver uniquement là où nous « savons » qu’il se trouve : dans les personnes, les lieux ou les choses préapprouvés par nos idéologies politiques, religieuses et sociales.
C’est donc « l’ouverture d’esprit » qui me touche le plus. Elle se fonde sur la conviction fondamentale que Dieu est toujours à l’œuvre et qu’on peut le chercher aujourd’hui dans des lieux, des choses ou des personnes où l’on ne s’attend pas forcément à le trouver. Pour s’engager à trouver Dieu en toutes choses, il faut commencer par se défaire des idéologies.
Quand ça devient difficile, quelle est ta prière ou ta pratique spirituelle préférée ?
Ma prière ou ma pratique de prédilection consiste à faire une longue promenade. Cela m’aide à « sortir de ma tête » et à me disposer à écouter ce que Dieu essaie de me dire. Au fil du temps, j’ai découvert que mes « prières en marchant » sont particulièrement fructueuses ; j’en fais un exercice d’attention à la manière dont Dieu essaie subtilement de communiquer avec moi à travers le monde et les gens qui m’entourent.
En quoi la vie communautaire jésuite a-t-elle façonné ta compréhension de l’amitié ?
Mon expérience de la communauté jésuite m’a révélé la grâce des amitiés inattendues. D’une certaine manière, la communauté nous oblige à vivre avec des personnes que nous n’avons pas choisies… Cependant, avec un esprit un peu ouvert, il est tout à fait possible de partager des passions communes, de découvrir de nouveaux centres d’intérêt et d’être exposé à des idées nouvelles par personnes que nous ne fréquenterions pas habituellement.

L’un de mes meilleurs amis est un jésuite octogénaire avec qui j’ai vécu quelque temps. Parce que nous faisions partie de la même communauté, nous avons vite découvert que, malgré notre différence d’âge, nous partagions le même sens de l’humour, la même vision du monde et les mêmes centres d’intérêt. Sans la Compagnie, nos chemins ne se seraient jamais croisés : les occasions qu’elle nous offre sont de vraies bénédictions.
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