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Cette série virtuelle vous invite à écouter les professeurs, les étudiants et le personnel de l’Université de Regina vous expliquer comment les féminismes font partie de leur vie, tant personnelle qu’académique. photo : Facebook

Vous pensez que le féminisme ne traite que des injustices envers les femmes ? Le 16 novembre, Campion College lancera une série de conférences gratuites et grand public intitulée Academic Feminism : Not What You Think (Féminisme académique : pas ce que vous pensez).

Cette série virtuelle vous invite à écouter les membres du corps enseignant, les étudiants et le personnel de l’Université de Regina vous expliquer comment les féminismes font partie de leur vie, tant personnelle qu’universitaire. De la théorie aux données, en passant par la recherche, l’enseignement et la pratique, les féminismes académiques constituent des moyens importants de construire le savoir et de s’engager dans la vérité. Dans cette série de conversations, nous visons à rendre les approches féministes académiques plus familières, et à considérer les contributions féministes universitaires à la compréhension de la vie sociale actuelle. Ces conversations sont conçues pour inspirer les gens, inclure les gens, construire des ponts et, ce qui est le plus souhaitable, donner de l’espoir et de l’éducation.

Dr. Anne Mudde, photo: Campion College

Au programme : une approche rigoureuse concernant, entre autres, l’égalité entre les sexes, la pauvreté, la façon dont la racialisation et le capitalisme affectent toute notre vie, le handicap. L’idée est de fournir un espace pour le travail académique féministe dans le contexte de la tradition jésuite d’éducation et d’érudition.

La Dr. Anna Muddle, professeure associée de philosophie au Campion College, et le Dr Sami Helewa, SJ, président du Campion College, expliquent ce qui les a poussés à mettre en place cette série et en quoi elle s’inscrit dans les valeurs de la Compagnie de Jésus.

Une des choses que nous faisons en philosophie féministe est de penser de manière critique au monde, mais aussi à notre discipline. – Dr Mudde

Le titre de la série est intrigant. Pourquoi cette approche?

Dr Mudde : Lorsque nous avons commencé à discuter de cette série, l’une des choses auxquelles mes collègues et moi avons toutes réfléchi est que lorsque nous enseignons le travail féministe ou lorsque nous parlons de choses féministes dans diverses disciplines, des étudiants disent chaque fois : « Oh, ce n’est pas du tout ce que je pensais ». Cela inclut des étudiants qui ne savaient rien du féminisme et d’autres qui pensaient en savoir beaucoup sur le féminisme.

Les conversations féministes universitaires portent souvent sur le simple fait que les femmes ont été exclues de nos disciplines pendant très, très longtemps. Et le travail qui est fait lorsque nous sommes dans ce domaine, c’est vrai, est en partie en réponse à cela.

Mais l’idée est de parler largement des choses féministes dans un contexte académique féministe. Nous avons donc en quelque sorte décidé d’orienter la série autour de cela.

Pourquoi proposer une série sur le féminisme académique?

P. Sami Helewa, SJ

P. Helewa : L’idée a commencé à germer l’an dernier après que nous ayons invité une féministe universitaire américaine à donner une conférence au Collège. Avant même qu’elle n’arrive, j’ai commencé à recevoir des courriels de plaintes. J’ai compris qu’il y avait une compréhension négative du féminisme dans sa relation avec le monde universitaire et l’enseignement supérieur jésuite.

Au lieu de répondre individuellement à ces voix très fortes, j’ai décidé de répondre différemment. J’ai pensé qu’il serait bon d’avoir une série sur le féminisme académique destiné au public, afin qu’il soit mieux informé, qu’il voie les visages des féministes universitaires, et peut-être aussi pour encourager les gens à parler de l’idéal et de l’esprit du féminisme académique, en particulier la façon dont il essaie de parler et de réfléchir sur les expériences des femmes dans le monde universitaire. Bref, je me suis demandé comment, en tant qu’institution éducative, nous pouvions répondre à la perception négative du féminisme en général et du féminisme universitaire en particulier.

C’est une question d’éducation. Et cela fait partie de notre travail, de notre ministère, de notre mission.

J’ai commencé à parler avec Anna, puis à d’autres féministes universitaires. Nous avons entamé la conversation. J’ai beaucoup appris.

Dr Mudde : Je n’ai pas été surpris des courriels que Sami a a reçus. Je partageais l’idée qu’en traitant ce genre de réponses, nous avions une opportunité d’y répondre de la manière avec laquelle nous sommes à l’aise. Je pense que c’est une façon vraiment productive de répondre à ce genre de réactions négatives.

En quoi le féminisme est-il important aujourd’hui pour la Compagnie de Jésus, pour la société en général et même pour l’Église ?

P. Helewa : C’est le cinquantième anniversaire du travail apostolique de la Compagnie connu sous le nom de foi et de justice sociale. Après 50 ans, où en sommes-nous ? Il est donc important de réfléchir à la justice sociale et à la façon dont elle doit rendre justice aux femmes, en particulier dans le cadre de nos ministères et dans la façon dont les jésuites travaillent souvent avec des femmes. Et puis, les jésuites en général, nous travaillons dans un monde plus laïque, mais avec une diversité culturelle, religieuse et une diversité d’idées.

La Compagnie de Jésus a commencé à réfléchir officiellement sur les jésuites et les femmes lors de la 34e CG en 1995 et a produit un décret de la Congrégation générale intitulé Les jésuites et la situation des femmes dans l’Église et la société civile, un document crucial du point de vue de l’équité entre les sexes ou de l’équité en général, et de l’écoute active des expériences des femmes dans la société.

Enfin, en tant que jésuites, nous sommes également engagés dans les différentes disciplines académiques. Je me souviens que dans ma formation de jésuite, lorsque j’ai étudié la théologie et les études bibliques, il y avait un angle d’analyse académique, ce qui donne une perspective féministe académique sur ces sujets.

Il y a donc des raisons d’explorer davantage le féminisme académique. Et le féminisme est, dans son essence, très humain, ce qui signifie que « trouver Dieu en toutes choses » peut se retrouver ici aussi.

Quel est l’impact souhaité de cette série?

P. Helewa : Nous souhaitons aider la société à être mieux informée sur le féminisme universitaire et sur sa contribution à la profondeur académique. La Compagnie de Jésus a beaucoup parlé de profondeur au cours des dix dernières années. Et je pense que la profondeur peut venir d’une solide conversation avec les femmes, avec les hommes aussi. Mais cette conversation, cette interaction est très importante. Et aussi, je pense que les discussions sérieuses que nous allons proposer va permettre aux voix féministes académiques de se faire entendre sur leur expérience dans le milieu universitaire.

 

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