Histoires

«Aller dans un autre pays n’est pas pour  transplanter une culture soi-disant développée pour une autre soi-disant non développée, c’est la chose que tout le monde doit éviter!» Plusieurs membres de la province jésuite du Canada travaillent à l’extérieur de la province. Le P. Bill Bourke, SJ, était le dernier des jésuites canadiens envoyés en Inde. Il travaillait au Bengale du Nord, et surtout dans les collines et les régions du Teraï du district de Darjeeling. Décédé en novembre dernier, il nous avait livré quelques temps auparavant des réflexions sur son apostolat. Alors que les jésuites et collègues sont appelés à s’intégrer souvent dans des environnements différents du leur, l’ouverture aux autres cultures qu’avait le P. Bourke peut être un modèle à suivre.

Une longue route

La présence des premiers jésuites canadiens (alors province du Haut-Canada) au nord du Bengale remonte en 1947. Ils s’y étaient rendus à la requête du P. Général. Au début des années 1950, une nouvelle circula annonçant que les missionnaires étrangers n’allaient plus pouvoir entrer au pays. C’est dans ce contexte qu’arriva en Inde le P. Bill Bourke, avec six autres jésuites.

Une scène qui m’a marquée? Arriver en Inde en 1954 avec six autres jésuites et des foules de missionnaires des pays d’Europe qui sont venus à cause de la nouvelle initiale que l’Inde allait fermer les frontières à d’autres missionnaires!

Quels ont été les apostolats du P. Bourke ces 65 dernières années?

J’ai été deux fois directeur d’écoles secondaires pour garçons, une dans les collines (milieu népalais) et une dans les plaines (milieu hindi). J’ai été supérieur régional de 1974 à 1980. J’ai également travaillé dans des publications népalaises comme directeur de Bellarmine Institute of Language, qui a produit la première version népalaise complète de la Bible et un thesaurus de la langue népalaise. Enfin, j’ai travaillé avec l’évêque de Darjeeling comme vicaire général et chancelier à Darjeeling, et comme socius du provincial de Darjeeling ici dans les plaines.

Depuis 1947, tout a changé en fonction de la croissance du pays dans son ensemble : diffusion de l’évangile, éducation, travail social, et bien d’autres choses encore. Les jésuites ont vu les débuts et la croissance de deux diocèses, dans les collines (le diocèse de Darjeeling) et dans les plaines (le diocèse de Bagdogra), en plus d’innombrables écoles, institutions communes à tous les diocèses dans le monde.

Les jésuites dans le monde

S’intégrer dans son nouvel environnement est le conseil du P. Bourke pour des jésuites envoyés en mission à l’extérieur de la province, ou dans un environnement différent, même si se déconnecter complètement de sa culture d’origine est difficile dans le monde moderne.

Éloignez-vous de tout ce qui vous rappelle d’où vous venez ! Langue, nourriture, vêtements, compagnons. Si vous pouvez survivre à cela pendant un ou deux ans, vous avez pris un bon départ.

Se préparer à servir de manière globale demande aussi de la flexibilité d’esprit et de l’ouverture.

Tout d’abord, travaillez sur certaines langues étrangères – quelque chose de beaucoup plus facile à faire de nos jours que lorsque les générations précédentes sont arrivées en terre étrangère.

Deuxièmement, il faut se rendre compte qu’on ne peut pas empêcher les jeunes d’avoir ce dont ils pensent avoir besoin pour leur avenir – et c’est normal, je suppose. Tous les immigrants dans les Amériques au XVe siècle et après ont essayé de se fondre dans le mélange des peuples, des langues, des vêtements, de la nourriture ; ils sont arrivés à un point où ils ont réalisé qu’il n’y avait pas de retour en arrière. Leur mémoire s’est peu à peu estompée – et la génération suivante était presque étrangère.

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