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Par Raj Vijayakumar, SJ
Le mot vocation vient du latin vocare, qui signifie appeler. Dieu appelle chacune et chacun de nous, d’une manière ou d’une autre, à œuvrer à l’édification du Royaume, le corps du Christ en ce monde. C’est dire que nous sommes toutes et tous appelés à construire le Royaume, que ce soit avec nos enfants, avec nos voisins ou dans le petit coin de bureau que Dieu nous a confié.
Mais comment trouver notre vocation ? Quels obstacles peuvent se dresser devant qui cherche sincèrement la volonté de Dieu dans sa vie ? Et quels sont les atouts dont nous disposons pour surmonter ces obstacles ? Je m’appuie ici sur les Évangiles et les Exercices spirituels de saint Ignace pour axer ma réponse sur trois attitudes déterminantes : l’attention au but identifié, la liberté envers tout attachement et l’amour du Christ.
Première suggestion pour vous aider à trouver votre vocation : centrez-vous sur l’objectif que vous poursuivez. Dans les Exercices spirituels, Ignace souligne que, pour décider quoi faire de sa vie, on doit « avoir pour objectif de vouloir servir Dieu, ce qui est la fin » (E.S. 169). Si vous prenez la mer, vous avez sûrement une idée précise de votre destination. Pour vous rendre en Italie, par exemple, vous ne vous embarquerez pas en Colombie-Britannique : l’objectif détermine notre itinéraire ! De même, pour le voyage de votre vie, l’essentiel est de placer Dieu au premier plan. Votre objectif n’est pas de devenir infirmier, mais de servir Dieu ; ensuite, mais ensuite seulement, vous vous demanderez si le métier d’infirmier vous aidera à le servir au mieux. Partez du principe que la meilleure façon de vivre votre vie, c’est de suivre la bonne feuille de route. Si vous choisissez de donner la priorité à Dieu, Dieu vous guidera là où vous pourrez trouver le but primordial et, avec lui, la paix. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît » (Matthieu 6, 33).
« Votre objectif n’est pas de devenir infirmier, mais de servir Dieu ; ensuite, mais ensuite seulement, vous vous demanderez si le métier d’infirmier vous aidera à le servir au mieux. »

« Dans mon discernement, je suis donc invité à découvrir tout ce qui peut m’éloigner de l’amour de Dieu. »
Dernière suggestion : tomber amoureux de Jésus. C’est le moteur de toute vocation bien vécue. Que vous soyez mère de trois enfants, prêtre séculier ou célibataire vivant simplement, l’amour de Jésus est l’énergie, la vitalité qui donne sa valeur à votre vocation. J’en suis venu à comprendre l’importance de se rappeler la brièveté de la vie. Oui, nous sommes appelés à une mission dans le monde, mais notre demeure ultime est auprès de Dieu. Nous sommes invités à nous attacher à l’amour de Jésus, l’amour qui nous attire vers le ciel tout en animant passionnément notre vie ici-bas. Portés par cet amour, nous pouvons traverser les vagues, les tempêtes et les ouragans que la vie nous assène. Jésus est dans la barque avec nous, il nous aidera à atteindre le rivage (Jean 6, 21).
Ce sont là quelques suggestions pour vous aider à trouver votre vocation. Mais avant tout, prenez un moment pour vous émerveiller de la bonté de Dieu qui vous appelle ! Le Dieu qui a créé l’univers choisit de vous inviter, vous, à participer à son projet et à son plan pour le monde. Comprenez qui vous êtes, mais voyez aussi la grandeur et la magnanimité de Dieu.