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Spiritual Exercises
Les Exercices Spirituels

La mission du Centre Manrèse est orientée par les Exercices Spirituels d'Ignace de Loyola, adaptés pour les personnes laïques qui veulent par exemple prendre une grande décision, choisir ou réformer leur style de vie, approfondir leur relation au Créateur. Cinq cents ans plus tard, l’interprétation des Exercices a évolué, mais ils ont toujours une profondeur spirituelle et psychologique qui les rend pertinents à des personnes de diverses confessions ou sans appartenance religieuse. Les Exercices sont un trésor pour aider les gens de notre époque, abattus par le stress et en quête de boussole, à progresser vers la croissance intérieure. Plus que jamais, les Exercices spirituels s’adressent au peuple de Dieu tout entier, au-delà de des frontières culturelles et religieuses.

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Le centre en chiffres

• Formation en accompagnement spirituel
   (les trois cycles) : environ 60 personnes par année 
• Exercices spirituels dans la vie courante ou Retraite de
   30 jours : environ 40 personnes par année
• Ateliers (méditation zen, journal créatif, etc.) : environ
   70 personnes par année
• Accompagnement spirituel personnalisé : environ
   30 personnes par année

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« Les Exercices spirituels sont une manière de penser, une manière de vivre, une manière de décider, une manière d’entrer en relation et une démarche structurante de l’expérience spirituelle », selon Christian Grondin, directeur sortant du Centre de spiritualité Manrèse (CSM), qui sera remplacé par le P. Marc Rizzetto, SJ. « C’est d’autant plus important qu’avec la pandémie justement, on pose plus radicalement des questions sur les valeurs profondes de l’humanité. »

photo : Marc Rizzetto, SJ

Le Centre Manrèse a été fondé en 1976 par le P. Gilles Cusson, SJ, et une équipe de jésuites à laquelle se sont rapidement greffés autres religieux et laïcs. Le Centre est reconnu internationalement comme un laboratoire qui réinvente continuellement la pratique des Exercices en groupe, dans la vie courante (EVC). « On se conçoit comme une école d’expérience spirituelle et de formation à l’accompagnement spirituel, le mot ‘école’ mettant en lumière le projet d’éducation en humanité que constituent les Exercices ignatiens », explique M. Grondin.

Ce qui s’y vit a un impact fort dans la vie des gens. C’est ce qui ressort des témoignages de Charlotte Plante (bénévole à l’accompagnement et à la formation au CSM), Célestin Ongono (prêtre camerounais de la Société des Missionnaires des Saints-Apôtres), Martine Sarasin (pasteure dans l’Eglise réformée de Suisse) et Constance Aubry (étudiante en danse). Premier signe du rayonnement du Centre : tous les quatre se sont rendus à Manrèse à la suggestion d’un ami, d’un proche ou d’un collègue qui avait déjà fait les Exercices ou une retraite !

Animer la maison commune: une nouvelle vision du Centre

Comme l’histoire de la Compagnie de Jésus, l’histoire du Centre de spiritualité Manrèse en est une de constante adaptation à la réalité changeante des besoins spirituels des hommes et des femmes d’ici. Afin de réactualiser sa mission, le CSM amorce un changement majeur pour tenir compte de traits de la pensée contemporaine, comme un sentiment d’urgence à l’égard de l’environnement et des dangers qui menacent notre « maison commune »; la quête de l’identité collective et individuelle dans un univers « mondialisé » ou encore la soif d’unité et de paix au sein d’un monde profondément divisé. Pour accomplir cette vision, le Centre Manrèse est en campagne de financement. Le Centre emménagera également dans de nouveaux espaces dès juillet, à savoir la « maison commune » de la mission jésuite à Québec, sur la rue Dauphine.

L’actuelle campagne de financement permettra au Centre de spiritualité Manrèse de poursuivre sa mission et de rayonner auprès d’un plus large public. Vous pouvez y contribuer en la partageant ou en y participant. 

photo : Marc Rizzetto, SJ

Une maison commune pour tous

À qui s’adresse le Centre Manrèse ? À tous, comme la majorité des personnes qui font les Exercices ou une formation pour devenir animateurs sont laïques. Et toutes ne s’identifient pas d’emblée comme chrétiennes, ni même croyantes, souligne M. Grondin :

« Bien des personnes sont en quête spirituelle, mais ont des réserves quant aux institutions religieuses. Ici, on ne cache pas notre identité chrétienne, mais les gens se sentent à l’aise, parce qu’on n’embrigade personne. »

Ainsi, des retraites comme celle centrée sur le zen par exemple permettent au public de découvrir que la spiritualité chrétienne n’est pas étrangère à d’autres formes de pratiques spirituelles. En témoignent aussi des activités telles que la marche pèlerine ou la création artistique.

D’ailleurs, « des lieux comme ça sont nécessaires et on en a plus besoin que jamais », selon Mme Aubry, qui invite notamment les jeunes à s’y rendre. « Même un athée peut profiter des Exercices spirituels pour acquérir une liberté intérieure », renchérit le P. Ongono.

Martine Sarasin montre la profondeur de cet accueil de manière humoristique :

« Avant de m’inscrire à la formation en accompagnement spirituel, j’ai rencontré le directeur, à qui j’ai décliné tous mes défauts, à savoir d’abord que j’étais protestante, que j’étais divorcée, etc., et en lui demandant s’il était possible d’accepter quelqu’un comme moi. J’ai été accueilli à bras ouverts avec une immense ouverture. Et pas seulement par rapport à ça, mais par rapport à tout ce que je pouvais dire ou être ! Il y a vraiment un accueil, une écoute de l’autre qui est assez exceptionnelle. »

Cette ouverture repose entre autres sur le fait que les Exercices spirituels sont adaptables universellement. Comme l’explique le P. Ongono : « L’essentiel des Exercices a été rédigé alors que Ignace était encore laïc ! Les Exercices sont oui, teintés d’une coloration historique, mais ils sont transculturels et transinstitutionnels. Ils traversent les époques et sont un héritage de l’humanité, pas seulement des jésuites. » « Comme protestante, ajoute Mme Sarasin, je me suis sentie complètement chez moi avec les Exercices, parce que ce qui est au centre, ce sont les Écritures, et le Christ.  »

L’humain au cœur de la démarche

« Parler de Manrèse et de mon expérience spirituelle, c’est aussi tenter de dire quelque chose de cette advenue divine immédiate au cœur de tout humain » — Charlotte Plante

Ce qui a touché toutes les personnes interrogées, c’est qu’au CSM, l’humain est au centre des démarches. Comme l’explique M. Grondin, « L’accompagnement spirituel dans les Exercices permet à la personne de prendre des distances face à elle-même et de relire sa vie. Dans cette distance, il se passe quelque chose : les gens peuvent se voir autrement, comme un humain en cheminement. » Cette démarche centrée sur l’humain permet également de s’ouvrir au reste du monde. « On peut entendre un autre type de parole qui nous guérit, qui nous relève, qui nous rend plus humains et qui nous fait contribuer à la construction d’une société plus juste et solidaire », poursuit le directeur.

photo : Marc Rizzetto, SJ

Ainsi, la raison qui a poussé le P. Ongono à quitter sa terre natale du Cameroun pour se rendre au Centre Manrèse est le désir de se connaître davantage dans l’optique d’une guérison et d’une libération intérieure, pour ainsi mieux accomplir son travail de maître des novices et d’accompagnateur spirituel.

« Apprendre à sentir et goûter les choses, développer une sensibilité spirituelle et humaine permet de mieux aimer et servir Dieu », note-t-il.

Mme Aubry, pour sa part, a voulu raviver sa flamme spirituelle après un intense DEC en danse et un pèlerinage sur une partie du chemin de Compostelle. Elle a pensé au CSM, car elle voulait partager avec un groupe l’Amour qu’elle avait ressenti. « C’était important pour moi d’avoir une approche capable de sortir du cadre strict de l’Église et où le corps, le ressenti, allaient être pris en compte. Dans les Exercices de saint Ignace et avec les personnes à Manrèse, on part de ce qu’on est d’abord, donc de notre incarnation. Pour moi, il n’y a pas d’autre moyen de me mettre en lien avec l’Esprit et avec l’Amour. »

Pour Martine Sarasin aussi, l’humain a été au centre de son expérience. Elle explique que le Centre Manrèse propose une étape préparatoire aux Exercices, soit une relecture de sa propre histoire. « J’ai vécu toute cette étape d’enracinement humain sans rien y comprendre. Je revisitais mon histoire, mais au bout d’un moment, je disais à l’accompagnatrice : “mais quand est-ce qu’on va parler de Dieu ?” Et après coup, en faisant les Exercices, j’ai compris toute la valeur de ce trajet préalable pour entrer dans une expérience de Dieu avec tout ce qu’on est, toute son histoire. Au fil des Exercices, tout cela est repris, approfondi, évangélisé. Ç’a été un tournant dans ma vie. »

Goûter longtemps les fruits du Centre de spiritualité Manrèse

L’expérience des Exercices spirituels et des formations nourrit les participants pendant longtemps. La mère de Mme Aubry rencontre ainsi depuis vingt ans les membres du groupe EVC qu’elle a fréquenté au Centre Manrèse pour continuer à partager son vécu. L’étudiante elle-même a ressenti, dès le début de son parcours, un changement :

« J’ai été très touchée par le suivi, l’accompagnement. On a commencé tout de suite à entreprendre un dialogue avec Jésus, avec l’Esprit, ce qui a tout de suite changé mon quotidien. Je voulais que ça fasse partie de ma vie de vivre aux côtés de cet amour, de le nourrir chaque jour. »

Après cette première expérience, elle a été invitée à animer avec une accompagnatrice des ateliers qu’elles ont appelés La Parole en mouvement, où les participants, entre autres expériences, lisent puis dansent une histoire de la Bible. « Ça a été vraiment magnifique. »

photo : Marc Rizzetto, SJ

Depuis son retour au Cameroun, le P. Ongono ne cesse, chaque jour, d’être émerveillé par les fruits que sa formation produit sur les différentes personnes qu’il accompagne. « Bien que je sois maître des novices, je constate avec joie que l’accompagnateur n’est ni un maître ni un guide, mais tout simplement ce témoin privilégié de l’action de Dieu en chacune de ses créatures. Quelle belle et noble mission qui m’invite à beaucoup d’humilité et de reconnaissance ! »

Poétique, Mme Plante écrit que le nom de Manrèse « résonne au-dedans de moi comme l’écho pur, lointain et joyeux d’une cloche discrète qui se met à tinter quand je tends l’oreille. Une citation, de provenance inconnue, jaillit ici, au moment d’exprimer ce qui constitue l’essentiel de mon expérience manrèsienne : “Je bois à une source nouvelle qui me révèle ce que j’ignorais de ma soif.” Une Parole m’est adressée au bord du Jourdain qui excède mes étroitesses et qui appelle une réponse incarnée dans la chair filiale de mes jours. Comment vivre ? Comment voir la vie et le monde avec les yeux de Dieu ?  » Constater les fruits dans les accompagnements et dans les activités de formation est pour elle une joie profonde.

Finalement, le but du Centre de spiritualité Manrèse, ancré dans la spiritualité ignatienne, est d’aider le monde à vivre le plus humainement possible. Aux dires du P. Ongono :

« C’est une petite maison de rien du tout qui fait des miracles, qui change des vies. »

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