Les jésuites du Canada viennent de rendre public un document de réflexion et de conversion ecclésiale sur le difficile enjeu des abus sexuels dans l’Église catholique. Préparé en amont du Sommet sur la protection des mineurs qui s’est réuni au Vatican du 21 au 24 février dernier, ce document convie les communautés et œuvres jésuites du Canada à une « profonde conversion ecclésiale », comme le souligne d’entrée de jeu le Provincial Erik Oland SJ.

Portant l’empreinte de la spiritualité ignatienne, ce document de réflexion invite les jésuites, leurs collaboratrices et leurs collaborateurs à une conversation spirituelle sur cette question douloureuse mais essentielle. Il dégage un certain nombre de constats et identifie les péchés structurels ayant rendu possible le développement d’une « culture de l’abus » au sein de l’Église. Et il débouche sur un appel à l’action et à la conversion.

Comme le soulignait le pape François le 20 août dernier dans une lettre adressée à tout le peuple de Dieu, ces blessures collectives appellent une réponse collective, « une conversion de l’agir ecclé­sial » qui ne pourra se faire « sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu […] Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme », une des causes principales, pour lui, de la « culture de l’abus » qui s’est développée au sein de l’Église.

Puisant abondamment dans les Exercices spirituels, ce document tâche de dégager des pistes de guérison afin de rendre possible cette conversion ecclésiale. Centrant sa démarche sur l’accueil et l’écoute des victimes, il en appelle à la responsabilité et à la solidarité de tous les baptisés à l’égard de celles et ceux dont la dignité humaine a été brisée par les membres de l’Église. Le document propose aussi des voies de sortie aux péchés structurels ayant rendu possible ces abus. Il plaide également en faveur de l’égalité de tous les baptisés, d’une meilleure intégration des laïques au sein des instances décisionnelles de l’Église et du développement d’une foi adulte chez tous les membres du peuple de Dieu. Afin de limiter l’emprise des abus de pouvoir qui se profilent trop souvent « derrière » les abus sexuels.

« Pour que le message évangélique puisse à nouveau être entendu, il faut que le messager redevienne crédible, c’est-à-dire digne de foi et de confiance. […] En tant que communauté ignatienne au Canada, nous voulons continuer chaque jour à choisir et à mettre en œuvre une réponse évangélique à la crise des abus. Au-delà des exemples limités qui viennent d’être présentés, quels autres moyens pourrions-nous trouver pour promouvoir une véritable conversion ecclésiale chez nous et autour de nous ? », demandent les auteurs ce document.

On peut lire le document complet ici: Abus sexuels dans l’Église: pistes de guérison et de transformation. 

 

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