«De même que tu fais attention à ne pas perdre la connexion Internet, fais attention à ce que ta connexion avec le Seigneur reste active». C’est en usant parfois de métaphores «connectées» que le pape François s’est adressé la semaine dernière aux jeunes, dans toute leur pluralité, avec l’exhortation apostolique Christus vivit. Ce document fait suite à l’Assemblée générale du Synode des évêques qui s’est tenue en octobre dernier à propos de «la jeunesse, la foi et le discernement vocationnel».

En tant que presque-jeune (j’ai malheureusement dépassé mes 29 automnes!), j’ai lu avec attention l’exhortation apostolique. Comment l’Église, cette institution deux fois millénaire, peut-elle encore toucher la jeunesse d’aujourd’hui? De la multitude des thèmes abordés, trois m’ont particulièrement touchée.

Un monde en crise

D’abord, le fait que le pape reconnaisse la division entre l’Église et les jeunes, qui parfois «ne demandent rien à l’Eglise car ils considèrent qu’elle n’est pas significative pour leur existence». Leurs raisons sont compréhensibles:

[…] les scandales sexuels et économiques, l’inadaptation des ministres ordonnés qui ne savent pas saisir de façon appropriée la sensibilité des jeunes, le manque de préparation des homélies et de la présentation de la Parole de Dieu, le rôle passif assigné aux jeunes à l’intérieur de la communauté chrétienne, les difficultés de l’Église à rendre raison de ses positions doctrinales et éthiques face à la société contemporaine.

François revient sur ces différents thèmes, engageant du même souffle l’Église à rester vivante pour «se laisse interpeller et stimuler par la sensibilité des jeunes», notamment sur ces sujets.

Ces mêmes jeunes sont tous différents et ont des priorités différentes. Certains sont plus privilégiés que d’autres, il suffit d’ouvrir un journal pour le constater. François souligne ainsi plusieurs problèmes importants vécus par plusieurs: guerre, violence, exclusion, discrimination à cause du sexe ou de l’orientation sexuelle. Il espère qu’il y aura «toujours auprès d’un jeune qui souffre une communauté chrétienne capable de faire résonner ces paroles [Heureux les affligés, car ils seront consolés] par des gestes, des accolades et des aides concrètes». Et pour que cela arrive, il engage tout le monde à se pencher sur la souffrance d’autrui. Et ce, dans l’Église et dans le monde, c’est un élément qu’on ne répétera jamais assez.

Un point en particulier fait dernièrement les manchettes:  les abus sexuels commis par des membres du clergé. À cet égard, le Synode a réaffirmé son «engagement en faveur de l’adoption de mesures rigoureuses de prévention pour empêcher que cela ne se reproduise». Mais il faut se rappeler que cela ne concerne qu’une minorité des prêtres et des religieux. Le pape demande aux jeunes de se laisser stimuler par la majorité des membres ordonnés, «qui exerce un ministère fidèle et généreux».

Le mal n’aura pas le dernier mot.

by Pat Marrin / Francis, the comic strip

Des jeunes engagés 

Logiquement donc, pour se rapprocher des jeunes, l’Église gagne à les écouter et à rester ouverte. «Ce sont précisément les jeunes qui peuvent l’aider à rester jeune, à ne pas tomber dans la corruption, à ne pas s’installer, à ne pas s’enorgueillir, à ne pas se transformer en secte, à être plus pauvre et davantage témoin, à être proche des derniers et des marginalisés, à lutter pour la justice, à se laisser interpeller avec humilité». Rester proche de leur voix et de leur enthousiasme «crée les conditions pour faire de l’Église un espace de dialogue et un fascinant témoignage de fraternité».

C’est pourquoi le pape invite les jeunes de tout horizon à participer à la vie de l’Église, et pas seulement par une vocation religieuse.

Quand l’on découvre que Dieu appelle à quelque chose, que l’on est fait pour cela – qu’il s’agisse de devenir infirmier(e), ou menuisier, ou de travailler dans la communication, l’enseignement, l’art ou de tout autre travail – alors on est capable de faire fleurir ses meilleures capacités de sacrifice, de générosité et de don de soi.

Dans notre monde hyperconnecté, François nous invite à quitter notre écran pour s’engager, chacun à notre façon, dans le monde. Nul besoin de rechercher la perfection: «Il vaut mieux que vous laissiez germer les rêves et que vous preniez des décisions. Prenez des risques, même si vous vous trompez». On trouve dans son exhortation une grande confiance dans la jeunesse, qui peut d’ailleurs puiser dans la sagesse de ses aînés.

L’Église a besoin de votre élan, de vos intuitions, de votre foi. Nous en avons besoin! Et quand vous arriverez là où nous ne sommes pas encore arrivés, ayez la patience de nous attendre.

Des jeunes aimés

Enfin, un dernier point d’importance, François rappelle que Dieu nous veut heureux, nous aime, et souhaite que l’on profite du moment présent. Comment? Entre autres via l’amitié des autres et celle du Christ. Jésus était en effet un «jeune homme ordinaire de son peuple, qui entretenait des relations normales» (!) qui peut ainsi comprendre ce que vivent les jeunes. Le Christ tient d’ailleurs une place centrale dans l’exhortation du pape (d’où son titre) qui commence d’ailleurs par: «Il vit et il te veut vivant!»

Le pape François a touché plusieurs autres thèmes dans son exhortation apostolique Christus Vivit, qui est entièrement disponible en ligne. Mais en résumé, les trois points principaux à retenir sont: Dieu est Amour, le Christ sauve et Il vit! Aux jeunes de vivre et faire vivre ces belles paroles, chacun à leur manière unique!

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