De Winnipeg à Wiikwemkoong, à l’écoute de sa voix intérieure

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Par Fannie Dionne

Trouver sa vocation peut parfois ressembler à une idée plantée dans notre esprit et notre cœur par une personne qui nous comprend mieux que nous-même.  

La vocation sacerdotale du père Paul Robson, SJ, par exemple, est celle d’une graine qui, germant en sol fertile, a grandi et donne désormais des fruits abondants. Rien ne le destinait pourtant à devenir prêtre catholique, une religion qu’il a embrassée à l’âge adulte. Cependant, en étant à l’écoute des autres, de Dieu et de lui-même, il a trouvé sa voie jusque dans la communauté anichinabée de Wiikwemkoong, sur l’île Manitoulin, en Ontario. 

Selon Margaret (Tish) Manitowabi, membre de cette communauté, le curé ne chôme pas. «C’est un jeune prêtre très occupé; il va là où se trouvent les personnes les plus démunies. Énormément de personnes viennent vers lui pour obtenir des conseils, et ils le considèrent comme l’un des leurs.» 

Une petite voix qui murmure un appel plus grand 

Pour trouver sa vocation, Paul Robson a d’abord dû passer par une grande transition. Au milieu de sa vingtaine, il a accepté l’invitation d’un ami à se rendre à l’église catholique de Saint-Ignace, à Winnipeg. Cette simple visite s’est transformée en chemin d’apprentissage et d’approfondissement du catholicisme. Et cela l’a amené au baptême. Il devait avoir laissé une forte impression dans la paroisse, puisque c’est là que l’idée de devenir prêtre lui a été évoquée pour la première fois, raconte le père Robson : «Il y avait une femme qui faisait partie de la paroisse qui m’a alors dit : “Paul, maintenant que vous êtes devenu catholique, vous devriez penser à devenir prêtre. Elle m’a dit ça de but en blanc. Je ne me suis pas immédiatement dit : “Oui, oui, bien sûr, cette femme a raison, c’est ma vocation.” Cependant, c’est comme si elle avait semé une graine.» 

Le jeune catholique n’est donc pas tout de suite allé voir les critères pour être admissible à la prêtrise, mais les propos de cette femme lui sont restés en tête, renforçant sa foi et sa spiritualité. Il a ainsi commencé à s’impliquer activement dans sa paroisse, où il côtoyait des prêtres jésuites. Il a aussi commencé les Exercices spirituels de saint Ignace dans la vie courante, approfondissant sa pratique religieuse quotidienne. Et doucement, dans le silence de la prière, l’appel à la prêtrise est revenu à son esprit, avec toutefois une nuance : celle d’être un prêtre jésuite. 

Et doucement, dans le silence de la prière, l’appel à la prêtrise est revenu à son esprit, avec toutefois une nuance : celle d’être un prêtre jésuite. 

Après avoir goûté à la vie et au travail ignatiens par son travail à l’école secondaire Loyola à Montréal et lors de son prénoviciat dans la province jésuite de Darjeeling, Paul est entré dans la Compagnie de Jésus à 28 ans. Il a été ordonné prêtre dix ans plus tard.  

Une vocation jésuite auprès des Premières Nations 

Notre vocation est un chemin qui s’approfondit toute une vie. Pour le père Robson, sa vocation était d’être prêtre. Toutefois, les jésuites peuvent être envoyés dans diverses missions : auprès des jeunes, en milieu carcéral, dans des centres de retraites ou encore dans le milieu scolaire. Il devait donc discerner où exercer son ministère. 

Le jésuite n’a toutefois pas eu à chercher longtemps. Le père Robson nous confie que, pour lui, «travailler avec les Premières Nations est une vocation », qui remonte à ses premiers pas dans la Compagnie de Jésus. Il est maintenant, et depuis plusieurs années, curé de la paroisse Holy Cross Mission, à Wiikwemkoong, où il avait déjà œuvré en tant que novice.  

Fondée au XIXe siècle, cette mission jésuite a une longue histoire qui comporte des parts d’ombre et de lumière. Au fil du temps, les jésuites se sont tenus aux côtés des Autochtones dans la défense de leurs droits territoriaux, mais ils ont aussi fondé une école résidentielle à Spanish. Ces nuances n’échappent pas au père Robson. «L’un des défis auxquels nous sommes confrontés ici est de nous réconcilier avec une partie de l’histoire plus négative. Je pense qu’être jésuite aujourd’hui implique, d’une manière ou d’une autre, d’être un peu à la frontière, et de s’engager sur les questions difficiles et les situations de notre époque.» C’est ce à quoi s’engage le père Robson au quotidien. 

« Je pense qu’être jésuite aujourd’hui implique, d’une manière ou d’une autre, d’être un peu à la frontière, et de s’engager sur les questions difficiles et les situations de notre époque.» – Paul Robson, SJ

Une vie de relations et de réconciliation 

Le père Robson est présent et engagé dans des relations interpersonnelles à l’église et dans la vie de la communauté. «La plus grande consolation est d’être en action, être avec les gens de quelque manière que ce soit. Parfois, cela nécessite un rôle de leadership – si je préside une messe, par exemple. Cela signifie également que je me retrouve simplement en compagnie des gens lors d’événements communautaires ou que je les visite, peu importe où et comment.»  

Son intégration se fait à différents niveaux. Le jésuite continue d’apprendre l’anishinaabemowin afin de l’utiliser davantage au quotidien. Il intègre aussi la langue et la culture anichinabées dans la liturgie de la messe, par exemple en utilisant le rituel de purification par la fumée qui, en s’élevant, porte les prières vers Dieu. Mme Manitowabi explique : «Je trouve ça bien que, lorsque nous allons à l’église, nous apercevons notre culture reflétée ainsi que nos images. Par exemple, les stations du chemin de croix ont été créées par un jeune membre de la communauté.» Pour le curé, ces éléments font partie de la réconciliation envers laquelle les Jésuites du Canada se sont engagés.  

Beaucoup de temps s’est écoulé depuis la conversion du père Robson et de sa rencontre avec cette femme qui a semé le germe de sa vocation. Le religieux a consacré sa vie au sein de la Compagnie de Jésus en prononçant ses vœux définitifs le 24 mai dernier, au Anishinabe Spiritual Centre, à Espanola. Ancré plus que jamais dans son ministère et orienté vers les autres, il renouvelle chaque jour ce qu’être prêtre, être jésuite et œuvrer en faveur de la justice et de la réconciliation signifie pour lui. 

Faire grandir et fleurir notre vocation demande de l’attention, du silence et de l’écoute, comme nous le montre le parcours du père Robson. Sommes-nous attentifs aux graines plantées dans nos esprits dans la vie de tous les jours 

Découvrez le père Robson en vidéo

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