Écoutez cette histoire:
À 31 ans, Marc-André Veselovsky a un pied dans le monde du rituel sacré et l’autre dans celui du son sacré. Diacre, il sera ordonné prêtre en juin 2025. Marc-André est quelqu’un pour qui la musique n’est pas seulement un art, mais aussi une prière.

Son parcours spirituel ne s’est pas construit à travers de grandes révélations ou d’énormes volumes théologiques. Il s’agit plutôt d’apprendre à écouter en profondeur et de trouver la joie dans les rythmes inattendus de la vie communautaire—même si cela signifie apprendre à rire avec les autres au cœur d’une pandémie.
Dans cette jasette, Marc-André partage ce qui l’ancre, ce qui éveille son âme, et pourquoi, parfois, la prière la plus significative se vit sur un rocher au bord de la mer—avec un chien couché à ses pieds.
Quel est le livre qui a le plus influencé ton cheminement spirituel, et pourquoi ?
Je ne suis pas un grand lecteur, mais Le Grand Divorce entre le ciel et la terre de C.S. Lewis est un merveilleux petit livre sur le paradis, l’enfer et le purgatoire. Lewis décrit magnifiquement les difficultés du renoncement à soi et l’importance de ne pas se prendre trop au sérieux. Se détacher de son ego aide à se mettre à l’écoute de Dieu et des autres.
Quel est ton film préféré, et pourquoi ?
Children of Men [Les Fils de l’homme], réalisé par Alfonso Cuaron et adapté du roman de Phyllis Dorothy James, est l’un de mes films préférés. C’est une dystopie sur une époque où l’humanité ne peut plus se reproduire. Il m’aide à réfléchir au don de la vie, même si le film est tout sauf « apaisant ».
As-tu un passe-temps ou un talent caché susceptible de surprendre les autres ?
J’aime écrire de la musique chorale. Je n’en ai pas encore beaucoup composé, mais les personnes qui me connaissent savent que j’aime chanter et la composition musicale est née de ce goût pour la musique. Par ailleurs, même si je ne suis pas monté sur la scène dernièrement, j’aime aussi jouer au théâtre.
Quel est l’endroit le plus inspirant où tu aies prié, et en quoi se démarque-t-il ?
Quelle bonne question ! J’ai eu la chance de passer cinq mois au Belize, sur la côte caraïbe. Il y avait un rocher non loin du rivage sur lequel j’allais m’asseoir pour prier. Parfois, le chien de la communauté venait m’y retrouver et prier avec moi. C’était vraiment très spécial !
Dans la vie jésuite, qu’est-ce qui t’a apporté la joie la plus inattendue ?
Après cinq ans dans la Compagnie, la pandémie de COVID m’a fait prendre conscience de la joie que m’apporte la communauté jésuite. Auparavant, j’avais un peu tendance à y voir un fardeau : après tout, nous ne choisissons pas nos compagnons de vie. Mais pendant la pandémie, j’ai compris que chacun des Jésuites avec qui je vivais était un don de Dieu pour m’aider à trouver la joie dans les moments difficiles. Je pense aujourd’hui que la communauté est l’un des joyaux cachés de la vie jésuite.
La vie en communauté m’aide à comprendre que je peux aimer des personnes qui sont loin d’être idéales (comme moi) ; elle me montre que lorsque nous agissons ensemble, nous réussissons. Elle me rappelle aussi que c’est Dieu (et non pas moi) qui est au centre de ma vie, et elle m’inculque (peu à peu) la patience. Et, en prime, la vie en communauté m’a appris à rire avec les autres.
Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui discerne sa vocation, que lui dirais-tu ?
Sois honnête avec Dieu. Fais-lui part de tes joies et de tes craintes quand tu discernes ta vocation. Ne laisse pas la peur t’empêcher d’essayer quelque chose de nouveau. Partage plutôt tes craintes avec Dieu.
Qu’est-ce que tu appréhendais le plus avant d’entrer chez les Jésuites et comment as-tu surmonté cette peur ?

Quelle est la valeur jésuite qui résonne le plus chez toi, toi qui vis dans le monde d’aujourd’hui ?
La disponibilité pour la mission. Les Jésuites vivent d’une manière particulièrement visible et profonde l’appel adressé à chaque chrétien d’obéir à la volonté de Dieu. Nous sommes censés être prêts à aller n’importe où, faire pratiquement n’importe quoi, n’importe quand, pour la plus grande gloire de Dieu. Je ne suis pas encore totalement disponible, c’est vrai, mais je suis appelé à grandir en disponibilité pour la mission que la Compagnie me confiera.
Quand ça devient difficile, quelle est ta prière ou ta pratique spirituelle préférée ?
Le chant des psaumes et les textes de l’Office des Lectures m’inspirent beaucoup. J’aime la musique sacrée. Parfois, lorsque je me sens bloqué ou plus triste, j’écoute les Lamentations de Jérémie de Tallis. Cette prière chantée m’aide à vivre ma tristesse en présence de Dieu.
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