Jasette avec un jésuite : père Erik Sorensen, SJ

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Pour le père Erik Sorensen, SJ, la foi est un chemin et une pratique, façonnée par la prière, l’amitié et le service concret. Qu’il répare une conduite d’eau, s’entraîne aux arts martiaux ou marche sur le Camino de Santiago, il découvre Dieu dans le mouvement et dans les moments ordinaires de la vie.

Dans cet entretien, il partage les leçons tirées de son parcours : la vocation n’est pas un trésor caché à découvrir, mais une rencontre entre l’amour et le désir ; l’amitié dans le Seigneur est une route partagée ; et vivre « dans l’Esprit, avec le cœur, concrètement » demeure la meilleure manière de marcher avec les autres vers Dieu.

Quel livre a le plus influencé ton cheminement spirituel, et pourquoi ?

The Gift of Spiritual Intimacy de Monty Williams, SJ, un livre qui guide les lecteurs à travers les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola dans la vie quotidienne. Les intuitions spirituelles et les questions pratiques de Monty m’aident toujours à approfondir ma réflexion et ma prière.

Quel passe-temps ou talent surprenant as-tu que les gens ne soupçonnent pas ?

Je m’entraîne dans divers arts martiaux depuis l’âge de huit ans. J’ai obtenu ma ceinture noire en karaté avant d’entrer dans la Compagnie de Jésus, et au cours de la dernière année, j’ai aussi obtenu ma ceinture noire en jiu-jitsu japonais.

Le père Erik Sorensen, SJ, est entré au noviciat en 2012 et a été ordonné en 2023. Il poursuit actuellement un doctorat en théologie liturgique à l’Université Saint-Paul à Ottawa. Ses études et son ministère sont axés sur le chemin de réconciliation avec les peuples autochtones de l’Île de la Tortue.

Quel est l’endroit le plus inspirant où tu as prié, et pourquoi ?

J’ai découvert que j’aime prier en marchant pendant le pèlerinage du Camino de Santiago en Espagne. En marchant, j’ai vraiment senti à certains moments que Jésus marchait à mes côtés. C’est une expérience à laquelle je peux revenir chaque fois que je prie en marchant.

Quelle partie de la vie jésuite t’a apporté la plus grande joie inattendue ?

Avec ma formation en génie et mes compétences pratiques en entretien des bâtiments, on me demande souvent d’aider à réparer et entretenir les maisons où j’habite. Ces tâches physiques me permettent de faire une pause dans mes études ou mes ministères. J’aime travailler de mes mains, que ce soit pour réparer une fuite ou installer un nouveau réseau Wi-Fi.

Si tu pouvais donner un conseil à quelqu’un qui discerne sa vocation, que dirais-tu ?

Une vocation n’est pas un objet que Dieu aurait caché et qu’il faudrait retrouver. Nos vocations se trouvent au plus profond de nous-mêmes, là où l’amour de Dieu et nos désirs les plus profonds se rencontrent.

Quelle était ta plus grande peur avant d’entrer chez les Jésuites, et comment l’as-tu surmontée ?

Ma plus grande difficulté était la question du « Et si ? ». Et si cela ne fonctionnait pas ? Ce qui m’a aidé, c’est de reconnaître que cette question accompagne toute grande décision de vie — mariage, vie religieuse, changement de carrière. En réalisant cela, j’ai compris qu’y répondre d’avance ne ferait que m’immobiliser. Il fallait que j’apprenne à faire confiance, d’une manière ou d’une autre.

Quelle valeur jésuite résonne le plus pour toi dans le monde d’aujourd’hui ?

L’un des premiers compagnons de saint Ignace, Jérôme Nadal, disait que les jésuites doivent agir « dans l’Esprit, avec le cœur, concrètement ». Je crois que cela décrit parfaitement notre appel aujourd’hui : discerner le mouvement de l’Esprit, faire preuve de compassion et agir concrètement. Dans un monde marqué par la polarisation et la marginalisation, il est essentiel d’être présent et d’agir pastoralement pour susciter le changement.

Quelle est ta prière ou pratique spirituelle de prédilection quand tu te sens bloqué ?

Je me tourne souvent vers la Prière de Jésus, populaire dans les traditions chrétiennes orientales. J’aime sa simplicité et son rythme. Elle consiste à répéter cette phrase: «Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi, pécheur.» La répéter en synchronisant ma respiration m’aide à me recentrer et à retrouver la paix intérieure avec Dieu.

Comment la vie communautaire jésuite a-t-elle façonné ta compréhension de l’amitié ?

Vivre en communauté jésuite depuis treize ans m’a appris ce que signifie être amis dans le Seigneur, une expression que saint Ignace et les premiers compagnons utilisaient pour décrire leur relation.

Ce type d’amitié ne repose pas sur des intérêts communs, mais sur un amour partagé du Christ. L’amitié ainsi vécue n’est pas égoïste : elle vise le bien de l’autre et oriente la relation vers la mission. C’est à la fois le lieu où nous partageons l’amour de Dieu et où nous cheminons ensemble comme pèlerins vers le Royaume des cieux.

En savoir plus sur le père Sorensen

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