Le pape François effectue présentement une visite officielle aux Émirats arabes unis. C’est la toute première fois qu’un pontife romain effectue une telle visite dans la péninsule arabique, le berceau de l’islam.

Plaçant ce voyage sous le signe de la paix et du dialogue interreligieux, le pape jésuite insiste sur la fraternité qui doit unir chrétiens et musulmans. « Je suis ici en frère », a-t-il déclaré peu après son arrivée aux Émirats arabes unis, évoquant ainsi la rencontre fraternelle entre François d’Assise et le sultan Malek al-Kamel en 1219, à l’époque des Croisades.

Le pape a posé des gestes forts au cours de ce voyage. Aujourd’hui, il a apposé sa signature à la déclaration sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence pacifique, cosigné par le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb, de l’université Al-Azhar, pilier de l’islam sunnite et que le pape avait rencontré en avril 2017, en Égypte.

Cette déclaration condamne sans ménagement le terrorisme et la violence religieuse : « Nous demandons à tous de cesser d’exploiter les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d’utiliser le nom de Dieu pour justifier l’homicide, l’exil, le terrorisme et l’oppression ».

Le document plaide aussi en faveur de la liberté de culte et de religion : « La liberté est un droit de chaque personne : chacun jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine ». C’est de la « Sagesse Divine » que « dérivent le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différent. Pour cette raison, le document condamne le fait de forcer les personnes à adhérer à une religion ou à une culture donnée ». Dans cette optique, « toute tentative d’attaquer des lieux de culte ou de les menacer par des attentats, explosions ou démolitions, constitue une déviation des enseignements des religions ainsi qu’une violation manifeste du droit international », évoquant sans doute ici les vagues d’attentats perpétrées contre les minorités chrétiennes (coptes) d’Égypte, entre autres.

Ce voyage n’est pas sans résonance avec l’actualité religieuse et politique du Canada. La semaine dernière, les Québécois et les Canadiens ont en effet commémoré l’attentat perpétré contre la Grande mosquée de Québec, le 29 janvier.  Et invité la classe politique à prendre acte du climat d’islamophobie qui prévaut au pays.

Il y a quelques jours, le gouvernement canadien a également offert l’asile politique à la chrétienne pakistanaise Asia Bibi, peu après son acquittement par le plus haut tribunal du Pakistan. Et au terme de plusieurs années d’incarcération et de menaces de mort de la part de fanatiques religieux pakistanais.

Cet appel à la paix, au pluralisme religieux et à la coexistence pacifique est donc tout à fait actuel.

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