Carême vert et carême végane disions-nous cette semaine. Ces enjeux sont loin d’être de pures abstractions, ni même de la coquetterie liturgique: dans la région de l’Amazonie et plus encore au Brésil, c’est une question de vie ou de mort, en regard des assauts répétés contre la forêt tropicale – le poumon de la planète – et les peuples (autochtones) qui l’habitent, de la part des entreprises minières, gazières, forestières, tout comme du lobby des éleveurs de bétail.

Lors de sa visite officielle au Chili et au Pérou l’an dernier, le pape François s’était porté à la défense des peuples autochtones de l’Amazonie, menacés de toutes part par « la forte pression des grands intérêts économiques qui convoitent le pétrole, le gaz, le bois, l’or, les monocultures agro-industrielles ». D’où l’idée de consacrer le prochain synode à cette région vitale pour l’avenir du catholicisme mais aussi et surtout de la planète. Plusieurs prélats de cette région – notamment son éminence Pedro Barreto Jimeno SJ, archevêque (jésuite) de Huancayo, en Amazonie péruvienne – ont pris fait et cause pour les droits des peuples autochtones et la défense de l’environnement.

Depuis, les Brésiliens ont porté au pouvoir le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro. Nostalgique de l’époque de la junte militaire, Bolsonaro a notamment été élu par le lobby des grands propriétaires terriens et des éleveurs de bétail, lesquels convoitent les terres de l’Amazonie. Peu après son élection, il a promis de céder aux éleveurs et aux compagnies forestières de vastes pans de la forêt amazonienne, y compris sur les territoires des peuples autochtones.

Une collision frontale se dessine entre l’Église catholique et l’État brésilien. Le président Bolsonaro fourbit déjà ses armes en amont du Synode sur l’Amazonie, accusant l’Église catholique de mettre de l’avant un « agenda gauchiste ».

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