Qui dit Carême dit début des jours maigres du calendrier liturgique, après les excès de table, les ripailles bien grasses et les soirées bien arrosées du carnaval et du Mardi gras. Pourquoi ne pas profiter du carême pour s’abstenir complètement de manger de la viande, pas même du poisson, ni des fruits de mer? C’est ce défi qu’ont lancé des écologistes au pape François. Ce qui n’est pas une mince affaire pour l’ex-archevêque de Buenos Aires, issu d’un pays où l’élevage bovin et la consommation de viande sont au cœur de l’identité nationale.

Cette campagne internationale, soutenue par plusieurs personnalités publiques et médiatiques, invite le pape mais aussi l’Église et l’ensemble du peuple de Dieu à « végétaliser » leur alimentation pendant le carême. Se référant explicitement à l’encyclique Laudato si et à l’engagement du pape François en faveur de la lutte aux changements climatiques, ce collectif d’écologistes invite le Saint-Père à prêcher par l’exemple et à faire de ce carême un moment de réflexion, d’espérance et d’engagement pour l’avenir de  la planète. « Si tous les catholiques de la planète faisaient de même, cela équivaudrait à une économie égale à l’ensemble des émissions annuelles d’un pays comme les Philippines », affirment les promoteurs de cette campagne.

Aux yeux de l’un des promoteurs de cette campagne, le Français Flavien Bascoul, l’alimentation végétalienne (végane) « n’est pas incompatible avec la vision chrétienne des relations entre hommes et animaux». La «domination» de l’humanité sur l’animal évoquée dans la Genèse (Gn 1, 26-28) ne veut pas dire «exploitation», ajoute-t-il. «D’ailleurs, qu’aurait dit Jésus de l’élevage industriel?», demande-t-il.

Le végétalisme en débats

Depuis quelques semaines, une polémique s’active des deux côtés de l’Atlantique à propos des vertus du régime végétalien. Dans un texte vitriolique, l’essayiste Paul Ariès accusait les végétaliens de supercherie, allant même jusqu’à dire que le végétalisme serait… néfaste pour l’environnement.  Ce débat n’a pas épargné le Canada et le Québec, comme en font foi les nombreux textes d’opinion publiés à ce sujet ces derniers jours. Tout comme les débats passionnés qui ont eu cours ces derniers mois, après que le gouvernement fédéral ait modifié le Guide alimentaire canadien et invité les Canadiens a faire une place de choix aux légumineuses dans leur assiette.

D’un bout à l’autre des Amériques, de Montréal jusqu’à Buenos Aires, la consommation de viande recule lentement mais sûrement. Qu’en est-il des catholiques? En quoi le véganisme est-il compatible avec l’éthique catholique? C’est à cette question que tente de répondre le philosophe Louis-André Richard dans cette vidéo mise en ligne par ECDQ.tv, la webtélé du diocèse de Québec:

 

 

 

 

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