Faire connaître les jésuites : entretien avec le père Edmund Lo, SJ

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Le présent article s’inscrit dans une série qui vise à présenter les secteurs de la Province — des vocations à la formation — en donnant la parole aux Assistants qui assurent la liaison entre leur secteur et le Provincial.

À retenir

La visibilité est essentielle à la promotion des vocations. Afin de susciter l’intérêt pour la vocation, il faut faire en sorte que les jésuites soient visibles, abordables et accessibles, surtout là où on les connaît moins.

L'accompagnement des vocations, c’est l’affaire de tous et pas seulement de l'Assistant. Dieu continue d'appeler des jeunes. Le père Lo encourage les jésuites et leurs collaborateurs laïcs à s’engager activement dans la promotion des vocations.

La collaboration déborde les secteurs et traverse les frontières. Le Bureau des vocations multiplie les contacts à la grandeur de la Province et de la Conférence.

Assistant au Bureau de la liturgie, de l’évangélisation et des vocations, le père Edmund Lo, SJ, partage ici ses réflexions sur les joies et les défis de la promotion des vocations aujourd’hui. Son travail sème le discernement dans toute la province, que ce soit en encourageant les jésuites à vivre simplement dans la joie et la transparence, ou en nouant des partenariats avec les centres de retraite, les paroisses et la Conférence jésuite. Le père Lo aborde ici l’importance de la visibilité, la culture de collaboration qui inspire les jésuites au Canada et ailleurs, et la manière dont les collaborateurs laïcs peuvent favoriser les vocations par des actions modestes, mais riches de sens.

« Une pensée personnelle pour les jésuites et pour nos merveilleux collaborateurs : n’hésitons pas à nous faire connaître. Ne dites pas : Eh, regardez-nous ! Nous sommes formidables. Dites plutôt : Je suis jésuite ou Je travaille avec les jésuites, ils font du bon boulot. »

Comment se porte votre secteur et comment la province du Canada peut-elle vous soutenir ?

Lorsque je discute avec des jésuites, ou même des non-jésuites, je trouve que le ton est souvent pessimiste, presque toujours négatif. Chaque fois que je vais dans une communauté jésuite, on me demande: « Alors, combien de jeunes allons-nous accueillir cette année ? » Mes homologues aux États-Unis se font poser la même question. Et je pense que la vraie question, c’est : « Y a-t-il un avenir pour la Compagnie de Jésus ? »

À mon avis, les vocations existent toujours. Dieu continue d’appeler des jeunes gens — sont-ils appelés chez nous, à nous de voir — mais je ne conçois pas que le Seigneur puisse cesser d’appeler des hommes à le suivre de cette manière. Et j’estime qu’il me revient, qu’il nous revient, de les aider à le comprendre.

Car ce travail, ce n’est pas seulement le mien. Si vous êtes un jésuite heureux, si vous vivez bien votre vocation jésuite et si les gens voient que votre service est pertinent, que ce genre de vie en vaut la peine, ils vont s’intéresser. J’encourage donc les jésuites à être plus proactifs ; vous avez aussi un rôle à jouer. Nous ne pouvons plus présumer que les gens nous connaissent. Ils connaissent peut-être notre histoire, mais ils ne nous connaissent probablement pas personnellement. Pour reprendre les termes du pape François, il faut lutter contre cette forme d’autoréférencement, comme si le monde entier tournait autour de nous. Dans l’Ouest canadien, les jésuites sont très peu connus.

Nous avons besoin de visibilité. J’ai besoin d’être visible. Et j’aime croire que les jésuites qui sont là pour aider les personnes à discerner leur vocation doivent aussi être visibles. Si les gens ne nous voient pas, ils ne nous connaissent pas.

« J’encourage donc les jésuites à être plus proactifs ; vous avez aussi un rôle à jouer. »

Quant aux laïcs, ils sont très actifs. Je les encourage vivement à rester vigilants et à nous aider à promouvoir les vocations. Si vous rencontrez quelqu’un d’un certain âge et d’une générosité certaine, quelqu’un qui veut donner sa vie pour quelque chose de plus grand, qui prend au sérieux l’amour de Dieu et du prochain, n’hésitez pas à lui poser la question. « Que fais-tu de ta vie? As-tu pensé à ça? »

Avez-vous un exemple de conversation qui a conduit à une vocation ?

P. Jubin Nath Maria Lawrence, SJ

Jubin Nath Maria Lawrence, SJ, est l’un de nos promoteurs des vocations, à temps partiel, car il est de ces jésuites qui s’investissent dans beaucoup de choses.

Ordonné prêtre il y a moins d’un an, il prépare une licence au Regis College. Il a donc de quoi s’occuper. Mais chaque fin de semaine, il va dans différentes paroisses de Toronto faire de la suppléance.

Amène, ouvert, il parle à tout le monde, mais il n’est pas là pour promouvoir ouvertement les vocations :il fait du ministère en paroisse le samedi ou le dimanche. Cependant, ses conversations avec les jeunes lui permettent d’établir des contacts constructifs et des questions leur viennent à l’esprit : « C’est quoi, ça ? » Peut-être en apprendront-ils un peu plus sur les jésuites.

J’encourage vivement Jubin à continuer de faire ce qu’il fait (sans se surmener).

Est-ce que vous collaborez avec d’autres œuvres et d’autres secteurs ?

Oui, nous amorçons actuellement une nouvelle forme de collaboration et nous sommes à restructurer le bureau. Lorsque je communique avec un centre de retraites, je commence par rappeler mes coordonnées pour que les jeunes intéressés puissent me rejoindre. Mais j’anime et j’accompagne aussi des retraites pour jeunes professionnels, où nous rencontrons des personnes réellement engagées dans leur foi et qui sont en recherche.

Je visite également davantage nos paroisses jésuites, simplement pour y être présent et montrer que nous sommes toujours actifs. Mais je sais que les curés sont souvent surchargés de travail, et la collaboration entre le Bureau des vocations et les paroisses va demander encore un peu de temps pour se développer.

Je collabore aussi avec les Assistants adjoints. Par exemple, en matière d’évangélisation, je travaille sur la tournée des reliques avec le père John O’Brien, SJ. Avec le Sanctuaire des Martyrs, nous lançons un pèlerinage annuel pour les jeunes adultes. Je leur dis souvent : « Y a-t-il des endroits ailleurs au Canada, ou ailleurs dans le monde, où l’on peut visiter l’endroit même où les martyrs ont donné leur vie ? » Il n’y en a pas beaucoup. Et plus largement, nous souhaitons instaurer une culture du pèlerinage au Canada. C’est un objectif d’évangélisation à long terme, et nous allons y donner suite.

Je vois bien qu’il existe d’autres initiatives que nous pourrions entreprendre. Mais je veux aussi être réaliste : pourquoi lancer trente projets pour n’en réaliser aucun ?

photo: Archdiocese of Winnipeg

Travaillez-vous également avec la Conférence jésuite ?

Nous disposons déjà d’une plateforme commune de promotion des vocations, beajesuit.org , et nous travaillons ensemble sur les critères d’admission, par exemple.

Je rencontre les responsables des vocations des quatre provinces américaines une fois par mois. Nous tenons une conférence Zoom mensuelle et deux réunions en personne : une entre nous cinq, et une avec les promoteurs des vocations. Ces réunions en personne avec les promoteurs des vocations sont comme des séances de perfectionnement. Nous choisissons un ou deux grands sujets, et nous échangeons des idées et de bonnes pratiques. Nous collaborons également à de grands événements.

Ensuite, étant donné que les centres de formation de la Conférence deviennent plus interprovinciaux, si nous voulons organiser un « Venez et voyez » dans une communauté jésuite, il faut nécessairement que des jésuites de différentes provinces mettent la main à la pâte. Par ailleurs, pour la formation au noviciat, nous devons aussi collaborer davantage, car nous sommes à mettre sur pied deux noviciats pour l’ensemble de la Conférence.

Bref, il y a une vraie collaboration entre les différents bureaux des vocations. Et j’en suis très reconnaissant, car je peux vous dire que, sur le plan personnel, ces confrères jésuites comprennent vraiment les aspects plus ingrats de notre travail, ils savent ce que c’est.

Lisez l’interview du père Kevin Kelly, SJ, Assistant provincial pour la spiritualité ignatienne

 

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