Former la prochaine génération de jésuites : entretien avec le père John Sullivan, SJ

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Entrevue: Fannie Dionne

Texte: Joanna Kozakiewicz

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Cet article fait partie d’une série qui offre un aperçu des différents secteurs de la province, allant des vocations à la formation, à travers les témoignages des assistants qui font le lien entre leur secteur et le provincial.

Points clés :

La formation est un processus continu : la formation jésuite façonne les hommes sur le plan spirituel, intellectuel et pastoral pendant de nombreuses années.

L’adaptabilité est importante : ancrée dans les principes de saint Ignace, la formation s’adapte continuellement aux cultures diverses et aux réalités changeantes d’aujourd’hui.

Les PAU guident tout : les préférences apostoliques universelles servent d’horizon à la formation jésuite, façonnant la manière dont les jésuites prient, étudient et servent.

Le père John Sullivan, SJ, est l’assistant provincial pour la formation des jésuites au Canada. Il est également le curé de la paroisse Divine Mercy, la nouvelle paroisse jésuite de Terre-Neuve.

La formation jésuite est un long et profond parcours qui peut s’étendre sur plus de quinze ans. Elle façonne les candidats sur les plans spirituel, intellectuel et pastoral, les préparant à servir là où la Compagnie de Jésus les envoie. Dans cette conversation, le père Sullivan partage ses réflexions sur l’évolution de la formation jésuite, les défis auxquels elle est confrontée et la manière dont elle continue de répondre aux réalités culturelles et spirituelles d’aujourd’hui.

À quoi ressemble la formation jésuite aujourd’hui ?

Le processus de formation a été défini dans les Constitutions de saint Ignace. Traditionnellement, il commençait par deux ans de noviciat, suivi du juniorat (études de lettres), de la philosophie, de la régence, de la théologie et enfin du troisième an. De nos jours, certains jésuites entrent au noviciat à un âge plus avancé, avec des études déjà terminées ou partiellement faites. Nous adaptons donc le programme en conséquence.

[Plus de détails sur la formation]

Un travail considérable est accompli pour développer la formation jésuite. Par exemple, après le noviciat, ce que nous appelions autrefois « études de philosophie » est désormais appelé « premières études », qui se déroulent à Paris ou aux États-Unis. Cette nouvelle étape comprend toujours la philosophie, mais intègre désormais des cours de théologie et une formation à l’accompagnement spirituel ou à la réflexion théologique. Les jésuites peuvent également être affectés à un ministère local, où ils servent la communauté tout en suivant un cours qui les aide à réfléchir à leur expérience pastorale.

De plus, chaque année à l’automne, une réunion est organisée pour toutes les personnes impliquées dans la formation afin de passer en revue le travail accompli au cours de l’année précédente. La quantité de travail que les jésuites et d’autres personnes consacrent à la formation — compte tenu de la réalité actuelle dans le monde occidental, et en particulier au Canada — est vraiment impressionnante.

Je crois que les hommes qui entrent aujourd’hui dans la Compagnie sont formés à la fois selon la vision de saint Ignace et d’une manière qui correspond mieux au contexte culturel dans lequel nous vivons.

Pourquoi ces changements dans la formation jésuite ?

C’est le Père Général Adolfo Nicolás qui a été le premier à souligner la nécessité de mettre à jour les lignes directrices publiées par le Père Général Peter-Hans Kolvenbach.

La nécessité d’une plus grande flexibilité dans la formation découle de la diversité des cultures dans lesquelles les jésuites vivent et travaillent. Le programme d’études est universel, ce qui signifie que, peut importe si on est au Canada, aux Philippines ou au Japon, nous partageons tous la même structure.

De plus, le monde a beaucoup changé depuis la dernière mise à jour. Il était vraiment nécessaire de s’adapter au contexte contemporain. Aujourd’hui, l’accent est davantage mis sur l’expérience des personnes et de l’Église, ainsi que sur les questions, les préoccupations et les besoins qui façonnent nos sociétés. Ces réalités influencent désormais ce que nous étudions et la manière dont nous l’étudions, tout en restant fidèles à la vision originale d’Ignace.

Quel a été le plus grand défi pour vous jusqu’à présent ?

Le plus grand défi pour moi a été de réaliser le petit nombre de jésuites actuellement en formation, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas encore été ordonnés ou qui attendent leur troisième an.

Lorsque j’ai commencé comme assistant provincial, j’ai parcouru le catalogue et j’ai vu qu’il n’y avait que huit jésuites en formation. Cela m’a surpris, car lorsque je suis entré, nous étions vingt.

Je ne trouve pas cela démoralisant, mais c’est quelque chose dont nous devons rester conscients. Je sais que le père Edmund Lo, SJ, est très conscient de cette réalité dans son travail inlassable de promotion des vocations.

[Lire l’entrevue sur les vocations avec le père Lo]

Quelle est la contribution des jésuites à l’Église ?

La tradition de spiritualité et de prière, les Exercices spirituels et notre manière d’accompagner les personnes dans leur croissance et leur relation avec le Seigneur sont autant de dons inestimables que les jésuites apportent à l’Église.

Nous sommes formés pour être avec les gens. Ce n’est pas que les autres ne le soient pas, mais il y a un plus grand sens de la collaboration, comme dirait le pape François, de « marcher avec les gens ». Dans le monde d’aujourd’hui, c’est une contribution inestimable.

Nous devons toujours nous rappeler que c’est avant tout l’œuvre de Dieu, mais nous sommes appelés à coopérer avec Dieu en aidant les autres à découvrir leur vocation grâce à ce merveilleux programme de formation.

Comment les préférences apostoliques universelles sont-elles présentes dans la formation ?

Les Préférences apostoliques universelles (PAU) servent d’horizon à tout ce que nous faisons : elles sont présentes dans une grande partie de ce que nous avons traditionnellement accompli.

À un certain stade de la formation, je veillerai à ce que les jésuites acquièrent une expérience des Exercices spirituels, que ce soit en aidant à organiser une retraite ou en offrant de l’accompagnement spirituel. Cela garantit à la fois une exposition et une compétence dans ces aspects essentiels du ministère jésuite.

À travers les ministères que chaque jésuite choisit ou se voit attribuer, les supérieurs s’assurent également qu’ils acquièrent une expérience pratique auprès des personnes exclues ou vivant dans la pauvreté, et qu’ils ne vivent pas eux-mêmes dans le luxe, mais sont immergés dans des environnements difficiles.

Notre présence parmi les jeunes a toujours été au cœur de la mission de la Compagnie, en particulier dans le domaine de l’éducation. Pendant leur régence, les jeunes jésuites passent traditionnellement (mais pas exclusivement) deux ou trois ans à travailler dans une institution jésuite, souvent dans une école secondaire. Cette expérience leur apporte une multitude de compétences utiles pour leur futur ministère : organisation, leadership, enseignement, et bien d’autres encore.

Quant à la protection de notre maison commune, cela n’était pas une préoccupation majeure pour ma génération, mais les jeunes jésuites sont beaucoup plus informés et engagés. La Compagnie de Jésus propose désormais des programmes et des formations pour aider les jésuites à développer leur conscience écologique et à intégrer la protection de la création dans leur ministère et leur vie de prière. Par exemple, un programme estival a été organisé à Chicago, et les supérieurs ont encouragé les étudiants de première année à participer. Nous espérons qu’à l’avenir, davantage de jésuites seront bien équipés pour aborder les questions environnementales et inspirer les autres à faire de même.

 

Lisez l’entrevue avec le père Jean Francky Guerrier, SJ, ancien assistant provincial adjoint pour la pastorale

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