Gilles Morissette est décédé dans la soirée du 12 mai, à l’infirmerie de Richelieu. Il avait des problèmes de santé depuis de nombreuses années. En janvier 2017, il était venu vivre à Richelieu parce que son état physique s’était détérioré et qu’il exigeait de recevoir quotidiennement des soins. 

Gilles est né à Cap Santé, dans le comté de Portneuf (Québec), le 18 février 1939. Après avoir fait ses études secondaires et collégiales au Collège des Jésuites de Québec, suivies d’une année d’études en sciences sociales à l’Université Laval, il entra au noviciat, à Saint-Jérôme, le 14 août 1962. Il avait été précédé dans la Compagnie par deux de ses frères, Bernard et Martin. Bernard exerça son ministère apostolique au Brésil, mais il finit ses jours à Richelieu en 2009. Martin quitta la Compagnie, après l’étape des premières études, en 1963.  

Le noviciat terminé, Gilles étudia, deux ans, la philosophie au Collège de l’immaculée Conception, à Montréal et fit ensuite deux ans de régence au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury. Il commença l’étape de la théologie, en 1967 aux Facultés de la Compagnie, à Montréal, puis il la poursuivit à l’Université de Montréal ; il compléta sa formation théologique en étudiant privément sous la direction du Père François Bourassa. Il fut ordonné prêtre à Montréal, avec sept autres confrères, le 16 mai 1970. 

Gilles avait exprimé, avant même d’être prêtre, le désir qui l’habitait d’aller en mission. Dans la lettre qu’il avait écrite à son provincial, en 1966, il avait dit clairement ce qui l’habitait : « L’apostolat auprès des néo-païens, qu’ont recommandé les 28e et 29e Congrégations générales et que Jean XXIII avait tant à cœur, m’intéresse beaucoup. Je sais qu’au Québec même, ce sera un ministère fort accessible d’ici quelques années : le nombre de catholiques pratiquants diminue et je pourrais aspirer à me dévouer ici même, mais ça apparaîtrait pour moi une concession à l’embourgeoisement. Le passage dans un milieu étranger force au dépouillement de tout l’accessoire dont une civilisation donnée est porteuse… En pensant Mission, j’ai toujours eu devant mes yeux l’Afrique noire : j’ai toujours été fasciné par ce monde proche de la vie, riche d’une tradition millénaire… ce monde qui vibre à tout ce qui vit. » Gilles n’a pas pu réaliser ce désir, qu’il a tenu, pourtant, à exprimer une autre fois, à un provincial, au cours des années ’70. Mais le projet d’être missionnaire autrement, il l’a concrétisé ici avec des travailleurs ordinaires dans les divers endroits où il s’est engagé durant près de 15 ans, de 1971 à 1988, en occupant des emplois très modestes. C’est dans ce milieu de travail qu’il s’est senti plus proche de Dieu et qu’il a expérimenté ce qu’il avait souhaité être en recevant l’ordination sacerdotale : l’instrument de Dieu. En étant près des gens simples, il souhaitait qu’ « ils puissent saisir que ce Dieu est incarné et qu’il parle dans la vie de chacun ».  

Avant d’exercer la fonction de maître des novices, à partir de 1989, il avait été supérieur de petites communautés. Il avait accepté aussi d’être le supérieur de la communauté de la Maison Bellarmin, en 1983, « pour favoriser l’implantation et le développement harmonieux du Centre justice et foi », comme il l’avait exprimé lui-même au provincial qui l’avait sollicité pour remplir cette mission. Il fut, en quelque sorte un père maître itinérant : au cours des neuf ans où il fut responsable de la formation des novices, il vécut avec eux en trois lieux différents, à Montréal : au 1308, rue Sherbrooke Est, à la paroisse de l’immaculée-Conception et à la Villa Saint-Martin. À partir de 1998, il demeura quelques années à Montréal avant de se retrouver à Québec, en particulier à la Maison de la rue Dauphine, de 2003 jusqu’à 2017. Il vivra avec des problèmes de santé (diabète, et cancer de la prostate), qui mineront progressivement ses forces physiques. Il consacra une bonne partie de son temps à accompagner spirituellement des personnes « qui ont été mises sur sa route » et à donner les Exercices ignatiens.  

Gilles s’exprimait davantage par l’écrit que par la parole. Tout au long de sa vie dans la Compagnie, il s’est livré avec une grande ouverture à ses supérieurs en leur écrivant ce qu’il vivait et pensait. À l’occasion de son jubilé de vie religieuse, en 2012, le Père Général, dans sa lettre de félicitations, lui adressait ces mots : « Vous vous êtes très intéressé à la spiritualité ignatienne, vous avez cultivé cet intérêt tout au long de vos années dans la Compagnie ; et, dans la manière de vivre et de travailler des premiers compagnons de saint Ignace, vous y avez puisé un modèle et une inspiration pour votre vie apostolique ». 

Lui survivent ses frères Martin et Hermann, ses sœurs Louise, Odile (Léandre Cloutier), Céline, Denise (religieuse du Bon-Pasteur de Québec) et des neveux et nièces.  

 Le corps sera exposé à la chapelle de la Résidence Notre-Dame, à Richelieu, le samedi, 18 mai, avant les funérailles qui seront célébrées à 14h.  L’eucharistie sera présidée par Marc Rizzetto, qui prononcera aussi l’homélie. 

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