Histoires

Par Rachel Moccia 

Abin Mathew, SJ, a discerné sa vocation avec l’aide de sa famille et de la Vierge Marie. Il fait actuellement sa première année de philosophie à l’Université Fordham et, en après-midi, il travaille dans un programme parascolaire pour des élèves du Bronx. C’est un itinéraire marqué par une foi profonde, incarnée dans des expériences concrètes de service du prochain. 

Tu as grandi en Arabie saoudite, en Inde et au Canada. Parle-moi de ton enfance et de la façon dont elle a façonné ta foi. 

Mes parents sont originaires de l’Inde, mais ils travaillaient en Arabie saoudite quand je suis né. Nous vivions dans une merveilleuse communauté d’immigrants, tous originaires du sud de l’Inde. Mais vous n’avez pas beaucoup de liberté en Arabie saoudite, surtout si vous êtes catholiques. Nous ne pouvions même pas aller à la messe le dimanche. 

Chaque année, nous allions passer un mois en Inde. Je me souviens que mes parents nous emmenaient à la messe tous les matins pendant ces 30 jours pour compenser le fait que nous ne pouvions pas y aller le reste de l’année. À cet âge-là, il était clair pour moi que la religion était quelque chose que mes parents trouvaient très important et que je devais m’y intéresser.  

Chaque année, nous allions passer un mois en Inde. Je me souviens que mes parents nous emmenaient à la messe tous les matins pendant ces 30 jours pour compenser le fait que nous ne pouvions pas y aller le reste de l’année. 

J’avais 12 ans quand nous avons déménagé en Inde. J’y ai fréquenté un pensionnat et c’est là que j’ai vraiment commencé à essayer de me situer face à deux mondes qui semblaient s’offrir à moi. Nouveau venu à l’école, je me disais : il faut que je dise ce qu’on attend de moi, que je porte les vêtements à la mode et que je pratique les bons sports pour que mes amis me trouvent intéressant. En même temps, je lisais la bible que ma grand-mère m’avait donnée. J’y découvrais un autre monde où l’on pardonne, où l’on aime, où l’on se sacrifie, où l’on veut servir, où l’on aspire à être le dernier. Adolescent, je ne savais pas vraiment quoi faire de tout ça ni quel monde je devais choisir. 

Comment en es-tu arrivé à voir clair dans ton discernement ? 

Pendant toute mon adolescence, j’ai continué à chercher ma voie entre ces deux mondes : le monde de la réussite et celui du service.  

Pendant toute mon adolescence, j’ai continué à chercher ma voie entre ces deux mondes : le monde de la réussite et celui du service.  

En 2014, j’ai participé à une retraite avec ma grand-mère. C’est là que pour la première fois, l’idée m’est venue que si ce monde était bien réel, si Dieu était réel, alors je voulais aimer tout le monde, je voulais servir tout le monde ; et que peut-être je devrais devenir prêtre !  

Ta grand-mère semble présente à des moments clés de ton cheminement de foi. Y a-t-il d’autres femmes qui ont influencé ta vocation ? 

Marie a joué un rôle capital dans mon cheminement ! Quand j’avais 14 ans, j’ai fait une retraite et le directeur nous a encouragé à réciter le chapelet toute la nuit. Une nuit, alors que je récitais le chapelet devant une immense statue de Marie, l’odeur des fleurs m’a frappé. Je n’y ai pas prêté attention sur le coup, j’ai pensé que quelqu’un portait un parfum fort. Après la retraite, ce phénomène s’est reproduit plusieurs fois, mais je n’y accordais toujours pas d’importance. Finalement, une nuit où je récitais mon chapelet, allongé sur mon lit, l’odeur m’a de nouveau frappé. J’ai prié la Vierge et je lui ai dit : « Si c’est vraiment toi, envoie-moi comme signe un autre parfum. » À peine avais-je dit cela que j’ai perçu l’odeur du jasmin. C’est fou, ai-je pensé. Jusque-là, je n’avais senti qu’un parfum floral générique, et voilà que je percevais tout à coup une odeur que je connaissais et que j’aimais. Pour moi, c’était une confirmation importante, et j’ai continué de prier pour que Marie oriente mon cheminement. 

Une nuit, alors que je récitais le chapelet devant une immense statue de Marie, l’odeur des fleurs m’a frappé. 

Tu viens de faire tes premiers vœux, en août 2022. Qu’est-ce qui a été une source de joie pour toi depuis que tu es dans la Compagnie ? 

Je me sens fortement appelé à travailler directement avec les gens et j’ai trouvé beaucoup de consolation dans les ministères où j’ai servi. 

Pendant mon noviciat, j’ai passé six semaines dans un foyer pour personnes handicapées. J’ai aidé de toutes sortes de façons : nettoyer, laver la vaisselle, jouer avec les enfants. J’ai adoré cela. Il y avait tant de joie dès que nous arrivions. L’organisme s’appelle Les enfants de l’amour. Au début, je pensais que le nom suggérait que ces enfants étaient aimés et pris en charge par les personnes qui travaillent ici. Mais expérience faite, j’ai compris qu’il évoquait plutôt la joie débordante des enfants, et non pas la nôtre.  

Tu as aussi travaillé pendant cinq mois avec des jeunes à l’école de la Nativité. Que retiens-tu de cette expérience ? 

L’école dessert l’un des quartiers les plus pauvres au Canada. J’ai travaillé avec des enfants et des familles autochtones, des immigrants récemment arrivés et des réfugiés. Cette expérience m’a aidé à mieux comprendre la vie des autochtones au Canada et les cycles de traumatismes qu’ont vécus les familles.  

J’ai également découvert un élément central de notre charisme [dons sprirituels], soit l’importance de marcher avec les gens et d’apprendre d’eux ce dont ils ont besoin, au lieu d’imposer nos propres solutions. Cela ne peut fonctionner que si l’on accepte de côtoyer les autres sur un pied d’égalité ; et nous sommes appelés à le faire.  

J’ai également découvert un élément central de notre charisme [dons sprirituels], soit l’importance de marcher avec les gens et d’apprendre d’eux ce dont ils ont besoin, au lieu d’imposer nos propres solutions. 

Abonnez-vous pour recevoir nos plus récents contenus.

Retour haut de page

Abonnez-vous à notre newsletter

Recevez des nouvelles jésuites chaque semaine ainsi que d’autres ressources via votre courriel!
Tweetez
Partagez
Enregistrer