Jeudi dernier, nos collaborateurs Norbert Piché et Mouloud Idir, ont fait parvenir une lettre au premier ministre du Canada Justin Trudeau à propos du Pacte mondial sur les migrations. Le directeur national du Service jésuite des réfugiés et le responsable du secteur Vivre ensemble du Centre justice et foi invitent le gouvernement canadien à être l’un des signataires de ce pacte non-contraignant, élaboré par l’Organisation des Nations Unies au cours des derniers mois, et qui sera adopté lors du Sommet de Marrakech sur les migrations, les 10 et 11 décembre prochains. Ex-juge de la Cour suprême du Canada, ex-haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme et représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les migrations, la juriste canadienne Louise Arbour est l’une des promotrices de ce pacte.

« Dans le contexte de la crise actuelle en matière migratoire – que nous rappellent notamment les personnes constituant la caravane partie d’Amérique centrale ces dernières semaines – nos organisations, le Centre justice et foi et le Service jésuite des réfugiés – veulent insister sur l’urgence de solutions généreuses et globales. Comme le Canada a su le faire dans le passé, nous espérons que notre pays plaidera pour des mesures significatives en matière d’accueil et qu’il jouera un leadership sur cet enjeu. Les causes qui président aux mouvements migratoires sont structurelles et appellent des mesures de cet ordre», lit-on dans cette lettre cosignée par Norbert Piché et Mouloud Idir. Saluant la résilience et le « courage prophétique » des personnes migrantes, ils exhortent les autorités canadiennes à « trouver des réponses plus dignes et justes à leur besoin de protection ».

« Nous espérons que le Canada œuvrera à faire en sorte que l’on prenne au sérieux les dysfonctionnements qui découlent d’une gestion désordonnée trop souvent fondée sur une approche sécuritaire de la question des migrations. Nous espérons que les recommandations issues de ce Pacte ne seront pas de nature à sélectionner les migrants sur des bases essentiellement utilitaristes », ajoutent-ils.

Ce pacte multilatéral non contraignant met de l’avant 20 objectifs visant à « établir un cadre de coopération » international en matière de migration qui « respecte la souveraineté des États et les obligations que leur fait le droit international ». Bien que non-contraignant, ce pacte suscite déjà des réactions négatives de la part des partis populistes européens, lesquels « multiplient les sorties contre le pacte », évoquant même « un risque de “submersion migratoire” », lit-on ce matin dans La Presse.

C’est notamment à ces discours de repli que devra s’attaquer la communauté internationale, note Louise Arbour: « La conversation à New York entre États membres a été plus sereine, plus respectueuse, plus ancrée dans la réalité. Maintenant, le défi va être de réconcilier des discours nationaux qui sont ancrés dans la paranoïa. C’est un pari sur l’avenir, car la mobilité humaine est non seulement un phénomène inévitable mais surtout, bien gérée, elle peut donner des dividendes extrêmement positifs ».

Le Canada s’est engagé à être l’un des signataires du Pacte mondial sur les migrations. En juin dernier, le pape François avait invité la communauté internationale a mettre en place une « gestion “globale et partagée” des migrations ». Le Saint-Siège a donné son appui à ce pacte, également appuyé par le président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne, Mgr Jean-Claude Hollerich, S.J.: « À la suite du pape François, l’Église catholique réaffirme “notre responsabilité partagée d’accueillir, protéger, promouvoir et intégrer” les migrants et réfugiés dans nos sociétés. Ils ont des “visages, des noms et des histoires individuelles et méritent d’être traités selon leur dignité humaine intrinsèque et leurs droits fondamentaux ».

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