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5 octobre 2021.- Au cours des derniers mois, l’Église catholique du Canada a été ébranlée par les nouvelles concernant la découverte de sépultures non documentées dans les pensionnats autochtones de l’Ouest canadien.  C’est dans ces circonstances tragiques que nous avons été bouleversés de recevoir des plaintes d’abus par le père Léon Lajoie, S.J., alors qu’il était curé à Kahnawá:ke.  

Les Jésuites ont effectué une recherche approfondie dans les archives se rapportant au Père Lajoie.  Nous n’avons trouvé aucune correspondance contenant des plaintes de non-respect des limites professionnelles ou d’abus durant sa longue carrière de prêtre jésuite.  Nous traitons toutes les allégations d’abus sexuels ou autres avec le plus grand sérieux et la plus grande attention.  Nous nous engageons à travailler avec la communauté pour déterminer les faits. 

Nous sommes également conscients des circonstances de l’enterrement du Père Lajoie dans la communauté et restons ouverts à toutes les solutions possibles qui aboutiraient à la guérison et à la réconciliation.   Il semble qu’une enquête sérieuse des plaintes soit impossible sans que cette question soit résolue. 

Tous ceux à qui nous avons parlé s’accordent à dire que le père Lajoie n’aurait jamais voulu que l’emplacement de sa dépouille mortelle donne lieu à un conflit qui dresserait amis et famille les uns contre les autres dans la communauté qu’il aimait. 

La Mission Saint-François-Xavier et le Sanctuaire Sainte-Kateri Tekakwitha sont deux des sites catholiques les plus anciens et les plus sacrés.   Nous avons longuement parlé avec le curé et le comité de l’église des moyens possibles de mener ce conflit à une conclusion pacifique.   Tous sont aussi choqués que nous par ces révélations et demandent une enquête qui permettra de déterminer si les allégations sont fondées.  

Comme le peuple de Kahnawá:ke, les Jésuites du Canada chercheront toujours le dialogue et la guérison.  Nous sommes reconnaissants envers toute personne qui nous tend la main.   

Les Jésuites ont demandé aux manifestants de les aider et de les guider pour en savoir plus sur ce qui s’est passé et sur ce que nous pouvons faire pour découvrir la vérité.  Nous avons eu une rencontre respectueuse et franche en personne au Kateri Hall en août.  Nous sommes reconnaissants de cette occasion de nous rencontrer en tête-à-tête.  Nous partageons l’engagement de travailler à la réalisation de la justice sociale.    

Le Grand Chef Kahsennehawe Sky-Deer et le Conseil Mohawk de Kahnawà:ke se sont montrés respectueux et ont écouté notre position.  Notre dialogue se poursuit. Nous comprenons qu’ils ne veulent pas prendre une décision précipitée qui causerait un plus grand tort à la communauté. De nombreux conseillers et anciens chefs nous ont également fait part de leurs opinions personnelles. Tout cela nous a été très utile. 

Nous nous efforçons de suivre les procédures mises en place par les Jésuites du Canada pour enquêter sur les allégations d’abus historiques. Cela implique la rencontre de la population de Kahnawà:ke et des représentants de toutes les parties.Nous avons promis de garder nos consultations dans la plus stricte confidentialité afin que rien ne puisse être pris hors contexte ou déformé.   

Depuis la fondation des Jésuites, nous avons toujours considéré que notre responsabilité de vie fraternelle, qui implique un soutien et un soin mutuels, inclut la prise en charge des corps de nos frères décédés. La Compagnie de Jésus a toujours entretenu des cimetières pour ses membres, et nous faisons de grands efforts pour ramener les corps des jésuites décédés dans nos propres lieux de sépulture. Ce n’est que par exception qu’un jésuite ne serait pas enterré dans notre propre cimetière. 

L’objection à la profanation des tombes et le respect des restes humains sont des croyances spirituelles profondes dans nos deux cultures. Pendant trop longtemps, l’Église a fermé les yeux sur les restes et les objets sacrés des peuples autochtones qui étaient exhumés et pillés. La négligence des sites de sépulture des Premières nations à proximité des pensionnats autochtones est un héritage dont nous avons tous honte. 

Nous croyons que tout le monde désire une solution pacifique à cette situation qui favorisera la guérison et permettra à l’enquête de se poursuivre. Nous sommes reconnaissants de la compréhension et de la patience des médias alors que nous essayons de travailler dans ce sens. 

 

Contact média :
José Sánchez
Directeur des Communications
514-387-2541 x. 217
CANcommunications@jesuites.org

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